David Fray | Chopin
2017

Le nouveau disque Chopin de David Fray correspond assez bien à ce qu'on peut aujourd'hui attendre de la parution d'un nouveau disque Chopin - alors qu'on ne devrait plus raisonnablement attendre quoi que ce soit d'un nouveau disque Chopin, et de qui que ce soit ! Le plaisir ici est simple : il est dans la joie de retrouver l'artiste à la maison toute l'année, ou dans les oreilles de son casque, sa voix singulière, qu'on aime tant, jusqu'à la prochaine occasion de l'entendre en concert ! David Fray est un chouchou de Qobuz depuis longtemps. Il avait signé un magnifique précédent album Schubert à quatre mains et deux cœurs battants avec Jacques Rouvier. La façon avec laquelle il répond aujourd'hui à la question "Pourquoi un nouveau disque Chopin ? " tient bien sûr dans cette manière qui lui est propre de ne jamais rien oser autrement qu'avec une autorité naturelle. Ici, elle se présente sous les attraits d'une sorte d'émerveillement de faire sonner les notes dans l'espace — la prise de son de Etienne Collard à Notre-Dame du Liban est à cet égard très agréable et naturelle. Si vous aimez David Fray, vous adorerez retrouver son élégance un peu indolente, son toucher ravissant, cette manière si particulière de laisser le son voler. Si vous ne l'aimez pas, on ne vous en veut pas !(page commerciale)

Ce tout neuf ensemble Chopin certes n'est pas de beau ciel nocturne et de salon : mettant au contraire très en évidence la turbulence d'humeur et d'âme, les à-coups, sursauts et spasmes d'une sensibilité (celle de Chopin) tout sauf vouée à modeler de beaux camées. [...] De bout en bout, et culminant dans sa Polonaise Fantaisie centrale, le cœur qui bat dans ce Chopin n'est pas un cœur rêveur, mais dramaturge, déchiré, avec des chutes. [...] C'est un Chopin non pas noir [...] mais trouble et surtout troublé ; étonnamment libre et moderne, comme si le pianiste osait, se faisant lui-même Chopin, dire le fond de sa pensée, que la perfection de la forme et la simple beauté du son, chez lui, trop souvent occultent. » (Classica, février 2017 / André Tubeuf)
Remarquablement, David Fray a conservé Chopin hors de son répertoire actif depuis 15 ans avant d'enregistrer ce disque. Il n'est peut-être pas surprenant, alors, que c'est une affaire très considérée et patiente. Fray's Chopin ne s'efforce pas d'impressionner ou de frapper les chaussettes de quelqu'un; Et la prépondérance des Nocturnes et des œuvres de nature nocturne suggère autant. Mais, comme avec sa collection précédente de Schubert (Editor's Choice, 5/15), c'est la poésie qui brille, la sensualité chaste, la douce mélancolie, sans parler du ton exquis et nacré, capturé dans un beau son par les ingénieurs d'Erato .
Au début du disque, la main droite de Fray chante la mélodie célèbre de l'Op 9 No 2 Nocturne avec une tendresse séduisante. Écoutez les soins avec lesquels il choisit les notes de basse dans l'Op 48 N ° 1 ou l'ondulation douce de la section intermédiaire de l'affaire cassée de cette œuvre; Il parvient à construire la passion à la minute finale dans les contraintes auto-imposées, créant une tension sophistiquée. Tout au long de cela, vous avez le sens de ses Nocturnes voulant se retirer dans l'impressionnisme de rêve, résistant à la tentation de la grandeur rhétorique. Là où d'autres peuvent pousser vers l'avant et vers l'extérieur, Fray a tendance à s'immiscer.
Son approche s'adapte aux Mazurkas, il choisit aussi, trois d'entre eux sont vivants sur le programme, ainsi que la valse simple. Il apporte une tendresse émouvante et touchante à tous: choisis son Op 63 N ° 3 pour un dégustateur. L'approche de Fray est extrêmement séduisante, mais il semble parfois qu'il soit sur le point de se promener, et pour moi, la Polonaise-fantaisie, en particulier, appelle une palette offrant plus que le blues à la lueur de la lune que Fray emploie. Parfois aussi, son rubato, dans les accompagnements à gauche, se sent un peu trop déterminé.
Cependant, pour toute sa réfléxion et son introspection, Fray ne parvient jamais à ressentir un sentiment d'indépendance ou d'indulgence. C'est Chopin qui joue d'un sérieux et d'une beauté considérables....
(...source en anglais...)



Label : Erato / Warner Classics
Parution: 3 février 2017
Codec:Free Lossless Audio Codec (FLAC)
Channels: Stereo / 44100 HZ / 16 Bit
Bitrate : 400 kbps
Duration : 01:08:30
Inclus : Covers, Booklet, nfo, log

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