Plus encore que notre adhésion consciente,
c’est notre adhésion inconsciente qui fait la force du système
capitaliste : notre connivence involontaire, cette forme de complicité
qui s’ignore parce qu’elle “va sans dire”. Nous agissons spontanément et
à notre insu pour être compatibles avec une logique que nous avons
intériorisée en vertu de la place que nous occupons dans ce monde et des
propriétés sociales que nous détenons.
A défaut de pouvoir supprimer d’un coup de baguette magique les causes
objectives (l’économie, l’Etat et les institutions) de notre servitude,
il faut en faire inlassablement une critique en actes et sans concession
– sans s’exempter soi-même. Et retourner à la base, sur le terrain,
pour reprendre le fil de l’analyse cassé par le triomphe du
libéral-socialisme, pour poursuivre la lutte sur des bases politiquement
et sociologiquement plus cohérentes.
Y a-t-il une autre alternative à notre avilissante servitude? Y en
a-t-il une plus honorable? Alors, Vive la Révolution! Tout le reste est
verbiage de petit-bourgeois promis aux oubliettes.
Ce livre inaugure la réflexion de l’auteur sur le rôle, central
et ambigu, des classes moyennes dans le système politique dominant des
pays riches : la démocratie représentative et l’ordre social
capitaliste.