Les indispensables de Diapason | Emil Gilels
2017

Emil Gilels, né le 19 octobre 1916 à Odessa, mort le 14 octobre 1985, à Moscou, est un pianiste soviétique.
Il s'est distingué par un jeu au son très pur, un legato admirable, une variété de timbres orchestrale ; sa vision des œuvres est d'une cohérence et d'une intelligence rares. Chostakovitch disait de lui : « Il combine à la fois une grande liberté d'interprète et un respect absolu des intentions du compositeur. »
Son répertoire est essentiellement romantique avec les concertos et les sonates de Beethoven, Brahms ou Schumann. Il est aussi un des plus grands interprètes de la musique russe (Prokofiev, Rachmaninov). Dans les dernières années de sa vie, il entreprit d'enregistrer l'intégrale des sonates pour piano de Beethoven pour Deutsche Grammophon, la mort l'empêcha d'achever le cycle auquel manquent les sonates n° 1, 9, 22, 24 et 32. Il est décédé dans un hôpital moscovite le 14 octobre 1985. À la veille de partir en tournée, il avait souhaité effectuer un contrôle médical. Selon Sviatoslav Richter, durant la visite, un médecin incompétent ou "tête en l'air" aurait confondu deux flacons, ce qui aurait conduit à son décès..
...(...lisez la suite sur Wiki ....)Lors d'un concours réunissant en 1933 des pianistes venus de toute l'Union soviétique, un jeune garçon de seize ans à la tignasse rousse épate Goldenweiser, Igumnov, Feinberg, Neuhaus, Chostakovitch, Flier, Kabalevski et le Tout-Moscou par son interprétation survoltée de la Fantaisie sur des thèmes des Noces de Figaro, partition joueuse et touffue de Liszt, retouchée par Busoni. Technique transcendante derrière une facilité apparente, équilibre de la grande arche mais attention portée aux détails, étendue des nuances dynamiques, sonorité d'or : le style de Guilels est déjà si affirmé qu'il impose, encore adolescent, un nouveau standard d'interprétation, heureusement sauvegardé par les micros au milieu des années 1930.
Dans ces gravures inouïes de jeunesse, un bouquet de miniatures nous assure que la virtuosité de Guilels s'exprimait de façon aussi saisissante dans le registre de la légèreté féerique (Traumes Wirren de Schumann, Scherzo de Mendelssohn) que dans la progression volcanique d'une petite Gigue pour flûte de Lœillet métamorphosée par Godowsky.
A rebours des idées préconçues, il faut aussi être un sacré technicien pour assumer le tempo ultra-retenu du Prélude et fugue BWV 532 de Bach selon Busoni, apothéose d'un piano-orgue investissant tout l'espace depuis des basses invraisemblables. Et quelle palette, encore, dans cette prise de concert en 1968 !
Conquérant et intime
Busoni toujours, Mozart à nouveau, mais cette fois sans l'entremise de Liszt, et à deux pianos : une Ouverture de La Flûte enchantée idéale les jours de déprime, et l'occasion de saluer Guilels chambriste. Il y duette avec Yakov Zak, le camarade d'Odessa avec qui il bataillait pour les premières places des concours internationaux dans les années 1930. De la même époque, laissons-nous enivrer par la technique transcendante de la Rhapsodie hongroise n° 6, qui au-delà de la vélocité toujours précise de Guilels, s'impose par son élan conquérant.
Avec Liszt, Chopin, Brahms ou Tchaïkovski, Schumann faisait naturellement partie des compositeurs romantiques au cœur du répertoire de Guilels. Un Schumann intime : on ne trouvera sous ses doigts ni Kreisleriana , ni Davidsbündlertänze , ni même Fantaisie en ut , mais des recueils beaucoup moins fréquentés, telles les quatre pièces de l' Opus 32 , ou ces Nachtstücke op. 23 gravées en 1966. Une foule de questions sans réponses se presse dès les premiers accords de l'étrange marche qui sert de portique à cet opus inspiré par la plume fantastique d'Hoffmann, telles les Kreisleriana et les Fantasiestücke . Guilels saisit comme personne le mélange d'humour noir et de tendresse des pièces centrales. A ceux, enfin, qu'il faudrait convaincre de la simplicité de son art, laissons-les écouter le volet final, pendant du fabuleux cortège initial, d'une indicible quiétude.
A une époque où Scarlatti n'apparaissait guère au programme des récitals, Guilels défendait régulièrement ses sonates, où son toucher ciselé jouait autant des couleurs que des rythmes. Scarlatti original. .. ou comme ici légèrement retouché par le pianiste Carl Tausig au XIXe siècle. Guilels relisait ce répertoire baroque sans sophistication, avec un bon sens pianistique évident. Sous ses mains immenses et légères, Le Rappel des oiseaux de Rameau nous vaut une étude de couleurs et de résonances. .. qui fait écho, par-delà les écoles, les générations et les styles, à l'épure émerveillée de Kempff dans ce tableau...
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1. La flûte enchantée, K. 620: Overture. Adagio-Allegro (Arr. Ferrucio Busoni) (1950 Recording) Emil Gilels, Yakov Zak [06:18]
2. Nachtstücke, Op. 23: I. Mehr langsam, oft zurückhaltend (1966 Recording)[04:16]
3. Nachtstücke, Op. 23: II. Markiert und lebhaft (1966 Recording)[07:24]
4. Nachtstücke, Op. 23: III. Mit grosser Lebhaftigkeit-Noch lebhafter (1966 Recording)[03:51]
5. Nachtstücke, Op. 23: IV. Einfach (1966 Recording)[03:49]
6. 3 fantaisies, Op. 16: II. Scherzo. Presto (1940 Recording)[02:18]
7. Prélude et Fugue in D Major, BWV 532: I. Prelude (Arr. Ferrucio Busoni) (1968 Recording)[06:42]
8. Prélude et Fugue in D Major, BWV 532: II. Fugue (Arr. Ferrucio Busoni) (1968 Recording)[06:18]
9. Rhapsodie hongroise No. 6 in D-Flat Major, S. 244/6 (1949 Recording)[06:12]
10. Sonate pour clavier in D Minor, K. 9 (1949 Recording)[04:35]
11. Sonate pour clavier in E Major, K. 20 (1949 Recording) (1949 Recording)[02:25]
12. Pièces de clavecin avec une méthode (1724), Suite in E Minor, RCT 2: IX. La villageoise (1951 Recording)[02:08]
13. Pièces de clavecin avec une méthode (1724), Suite in E Minor, RCT 2: IV. Le rappel des oiseaux (1951 Recording)[02:36]
14. 6 Suites of Lessons for the Harpsichord, Suite No. 1 in G Minor: VI. Giga (1935 Recording)[02:06]
15. Spanisches Liederspiel, Op. 74: X. Der Kontrabandiste (1935 Recording)[01:44]
16. Fantasiestücke, Op. 12: VII. Traumeswirren. Äusserst lebhaft (1937 Recording)[02:18]
17. Fantaisie sur des thèmes des "Noces de Figaro" de Mozart (Arr. Ferrucio Busoni) (1935 Recording)[13:19]

Label : Les Indispensables de Diapason
Parution : 23 février 2017
Codec : Free Lossless Audio Codec (FLAC)
Channels : Stereo / 44100 HZ / 16 Bit
Bitrate : 544 kbps
Duration : 0:53:46
Inclus : Cover, nfo
Source & Preview:

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