
Sophia Cecelia Kalos1 dite Maria Callas est une cantatrice grecque née le 2 décembre 1923 à New York et morte le 16 septembre 1977 à Paris.
Surnommée « la Bible de l'opéra » par Leonard Bernstein, « la Callas » — telle qu'elle est couramment appelée — a bouleversé l'art lyrique du XXe siècle en valorisant l'approche du jeu d'acteur, jusqu'alors relégué au second plan. Entourée des meilleurs artistes de son époque (Boris Christoff, Giulietta Simionato, Giuseppe Di Stefano, Mario del Monaco, Tito Gobbi, etc.) et s'étant produite sur les principales scènes d'opéra du monde (Venise, Rome, Paris, New York, Milan, Mexico, Londres, Buenos Aires, etc.), Callas demeure encore au XXIe siècle l'une des cantatrices les plus célèbres, à la fois par le timbre très particulier de sa voix, son registre étendu de près de trois octaves, sa grande virtuosité alliée à un phrasé unique et, enfin, son talent de tragédienne lui permettant d'incarner ses personnages avec une grande intensité dramatique (Lucia, Médée, Norma, Tosca, Violetta).
Suscitant les passions — ce qui lui valut d'être autant adulée que décriée — Maria Callas reste, tant par la réussite exceptionnelle de sa vie professionnelle que par sa vie privée mouvementée, l'icône même de la « diva ».

Nom de l'artiste : Maria CALLAS
Titre de l'album : Maria Callas - Entretiens avec micheline Banzet-Lawton
Support : CD
Nombre de CD : 1

Format : FLAC
Présence des Covers : Oui
Genre : INTERVIEW
Nom de la release : Maria Callas - Entretiens avec micheline Banzet-Lawton
Durée totale : 1 h 01 min 36 s
Taille totale : 217 Mo
Résumé
Paris, 1965.
Avec une voix aux inflexions, accentuations et modulations envoûtantes, Maria Callas parle : sont gravés sur ce disque trois entretiens de Maria Callas avec la journaliste et musicienne Micheline Banzet-Lawton.
Tour à tour sérieuse, profonde, incisive et drôle, honnête, sincère et lucide toujours, narcissique jamais, une artiste lyrique et tragédienne d'exception nous dit des choses essentielles.
En une heure à peine, tout est dit.
L'art du chant, procédant ensemble d'un travail incessant, d'une discipline de fer et de l'instinct inné.
La "vieille école" (Elvira di Hidalgo) qui lui a appris à chanter le bel canto, fondation du chant italien, à maîtriser sa technique, respiration, phrasé, legato, diction, fioritures : "tout ce que comporte la musique appliquée sur la voix", ce qu'elle nomme l'épine dorsale.
Préserver sa voix : "sauter au-dessus du chant", utiliser les trous et les facilités de l'œuvre pour se garder.
La clairvoyance et l'exigence :"si tu débutes mal, il faut plusieurs années pour remonter l'escalier".
Peser, réfléchir, savoir choisir, attendre et "dire non", ce qu'elle a su faire tôt quand on lui demandait d'être Butterfly ou de chanter Fidelio en anglais à New-York alors qu'elle en était à ses premiers pas dans les grandes maisons lyriques après sa "petite carrière" en Grèce où elle monta sur scène à l'âge de quatorze ans...
Sa "voix difficile à comprendre", une voix certes qualifiée de splendide mais "pas assez italienne", Maria explique que la Scala ne voulait pas d'elle à ses débuts et "quand la Scala te proteste (sic), toutes les autres portes sont fermées"...
Puis, grâce à Tullio Serafin qui avait besoin d'elle pour une saison à la Fenice de Venise (où elle chanta Wagner en italien), l'entrée à la Scala en 1952 (Les Vêpres siciliennes, Norma, L'enlèvement au sérail, Macbeth...), le triomphe inaugurant ce que Maria nomme drôlement, non sans ironie, sa "lune de miel avec la Scala"...
L'humilité de l'interprète et le respect absolu dû au compositeur dont la partition donne toutes les clés, "d'abord la musique", "tout est dans la musique" : quel homme il était et ce qu'il a voulu exprimer.
Chanter la musique et le texte dans sa tête, seul, chercher en soi ce qui servira le compositeur et quand les répétitions commencent, "c'est muré dans la tête et dans l'âme".
L'invention du vrai qu'est l'art lyrique, art total qui implique de faire vivre théâtralement l'histoire et les personnages pour donner au public l'illusion de la vérité.
"Notre métier est vieux, s'il y a seulement la voix, c'est ennuyant (sic), avec ces chanteurs qui n'arrêtent pas de dire "partons, partons" en restant plantés sur la scène...
L'absorption et l'incubation des sentiments éprouvés par le personnage incarné pour les transmuer dans une appropriation subjective : "être toi-même avec ses idées" (à propos d'Anna Bolena), savoir bouger sur scène, parler bien, diriger la voix.
La condition physique : le chant est lié à l'appareil digestif, la "cervelle ne travaille pas" si une contrariété ou un énervement a perturbé la digestion..., hygiène de vie et repos, "on travaille beaucoup avec les nerfs".
Ce qui se passe pendant la représentation : se sentir "énorme" (Maria dit et répète ce mot comme si elle le jouait mais elle ne le joue pas, c'est très fort) ou "très petit au point de vouloir s'enfuir".
La "machine calculatrice du cerveau" après la représentation : "pourquoi as-tu fait ça, pourquoi n'as-tu pas fait ça", penser aux défauts et pas aux jolies choses, "les plus sévères critiques sont nous-mêmes", les critiques professionnels prenant une gifle cinglante au passage avec cette savoureuse chute : "il y a de grands critiques, très peu en fait"...
Le prix de la célébrité qui empêche de déguster une glace en flânant dans les rues... le tribut de la gloire, "la gloire fait peur car ce n'est pas naturel".
L'amour-propre de l'artiste en général, "on ne peut pas tout nous dire".
L'amour-propre de Maria qui devient sauvage et "méchante" si on l'atteint avec des mots brusques.
Sa sensibilité écorchée d'enfant rejetée et mal aimée mais aussi exploitée à raison de ses dons précoces et hors du commun (ce qu'elle tait) quand elle dit "avec la bonté, on peut tout me demander, TOUT".
Le dernier entretien se clôt sans que Maria eût jamais parlé d'autre chose que de l'art, de "l'humble servante de l'art" qu'elle a voulu être en "travaillant comme un homme", en assumant entièrement ce qu'elle était et savait être dans une introspection dénuée de complaisance pour le donner aux autres.
Comme par atavisme, cette femme "100% grecque" (sic) commence par se déclarer une "créature du destin" puis dit "avec le monde que le Bon Dieu m'a donné, je suis devenue ce que vous dites que je suis devenue", avant de conclure trois entretiens absolument passionnants et poignants avec ces mots : "je n'ai que de la reconnaissance pour le monde, c'est tout".
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