Turisas
Battle Metal (2004)
Dans le Grand nord, il y a Le Viking Metal
MP3 (320 Kbs)

Turisas est une formation de Power/Folk Metal incorporant des éléments symphonique dans sa musique ainsi qu'une imagerie Viking un peu à la manière d'Amon Amarth ou Finntroll. Elle fait référence à un monstre marin de la mythologie finlandaise, parfois considéré comme le dieu de la guerre. Créé en 1997 par Mathias Nygård (Chant / Clavier) et Jussi Wickström (Guitare) à Hämeenlinna dans le sud de la Finlande, le groupe se prénomme tout d'abord Köyliö avant de changer de nom l'année suivante. Avant 2001 et après quelques changement dans le line-up, le groupe sort deux promos qui passent inaperçues puis signent un premier ep, The Heart Of Turisas, chez SB Productions. Il faudra attendre 2004 pour que leur premier album : Battle Metal, fasse des remous au sein de la scène et commence à faire parler d'eux, certains fans allant même jusqu'à inventer l'étiquette Battle Metal pour leur mélange de Power et de Folk Metal.
En 2005, le guitariste Georg Laakso est grièvement blessé dans un accident de voiture, ce qui le pousse l'année suivante à se retirer du groupe suivit peu après par le départ du clavieriste Antti Ventola. Pourtant Turisas continue de travailler sur son nouvel album qui sort en 2007, intitulé The Varangian Way toujours chez Century Media, faisant encore d'avantage parler d'eux. Deux accordéonistes Janne Mäkinen et Netta Skog sont recrutés pour les sessions live du groupe, mais seul ce dernier occupe aujourd'hui une place officielle chez Turisas. La formation finlandaise par sur la route avec Ensiferum, Týr et Eluveitie pour le Pagan Fest 2008 et a dailleurs immortalisé leur concert sur un dvd : A Finnish Summer With Turisas fin 2008.
Genre : Folk Metal, Viking Metal, Symphonic Rock
Origine : Finlande


line-up :
Mathias Nygård – chant, alto, soprano, percussion additionnelle
Jussi Wickström – guitare, basse, contrebasse
Georg Laakso – guitare
Antti Ventola – claviers et piano
Tude Lehtonen – batterie/percussions
Riku Ylitalo - accordéon
Olli Vänskä - violon
Emmanuelle Zoldan - chant féminin
Critique de l'Album
Franchement, dites moi un peu, chers lecteurs... Que peut-on attendre de musiciens qui sont manifestement allés piller les studios tournant l’ « Odyssée de l’Espèce », se rendant coupable de rapines de tenues en peaux de bêtes ? Que peut-on attendre d’une formation de cinq gaillards pleins de muscles et de peintures belliqueuses, et qui brandissent des symboles phalliques métalliques en bombant un torse velu ? Qu’attendre d’un groupe qui choisit une pochette hérissée des lances d’une armée conquérante, défiant le ciel se colorant d'un crépuscule sanglant ? Qu’attendre d’un groupe qui choisit pour patronyme le nom d’un ancien Dieu de guerre ? Je vous le donne en mille... Du Metal de bataille voyons !
TURISAS, puisque c’est là la bannière de rassemblement de cette horde poilue totalement gaga de Conan le Barbare, pratique donc du « Battle Metal ». Bah oui, c’est même écrit dessus... sauf que là, pas de salut ! Il faut bien le dire, le « Battle Metal », c’est pas fait pour les petits mangeurs de Lustucru, hein, on est pas là pour faire chanter les marmites et embrocher les poulets en vue du festin du prochain dîner. Naaan, chez les TURISAS, on fait dans le guerrier, le bien pompeux qui fait du gros vacarme avec les trompettes et fait chanter les gosiers avides de sang frais. Et les provisions musicales ont été finement sélectionnées pour nous immerger tout de go dans un bain métallique fort en images épiques, quitte à appuyer grassement le trait !
Certains chroniqueurs n’ont pas manqué de résumer hâtivement TURISAS à une sorte de version débridée de FINNTROLL... certes, de l’utilisation d’instruments Folk à la vigueur truculente de l’un ou l’autre passage (le break de "Midnight Sunrise", le gigotant "Sahti Waari"...), l’influence de FINNTROLL est indéniable... et je lui ajouterais même celle d’ASMEGIN, pour la prévalence d’instruments aux sonorités plus authentiques (notamment les violons). Mais, par Crom ! comment omettre un autre nom, à l’écoute de ces "Battle Metal", "Among Ancestors" ou "The Messenger" ? Comment ne pas esquisser un sourire béat (pour ma part) lorsque résonnent ces mélodies et ces claviers bien évocateurs, à la frontière du kitsch, et qui font toute la personnalité de BAL SAGOTH (particulièrement celui de « Battle Magic »... Tiens donc) ? Hein ? Ecoutez "As Torches Rises", et dites moi si la filation ne vous saute pas à la gorge comme le barbare assoiffé sur la première chope d’hydromel se faufilant sous ses narines écarquillées !
Bon, je vous vois venir : TURISAS, héritier sans génie du maître d’armes BAL SAGOTH et du troll des forêts FINNTROLL ? Ce serait offenser un si sympathique personnage que de le réduire à un banal syncrétisme musical... car faute de musser ses influences, TURISAS en produit une utilisation remarquable, et évite les travers de la vilaine copie sans verve : Les armes et quelques mouvements d’attaques, ainsi que l’une ou l’autre botte, proviennent manifestement de l’héritage légué par ces deux maîtres à penser, mais TURISAS a eu l’excellente idée de développer son propre style de combat : des riffs bien Metal et mélodies Folk à l’utilisation de percussions diverses et variées, d’un rythme effréné à des gigues sautillantes, TURISAS joue à fond la carte de l’emphase barbare (les chœurs sont plutôt impressionnants) et colorée de sa musique, et accouche d’un disque qui n’a de cesse de m’enthousiasmer, tant les ambiances sont prenantes, avec ce quelque chose d’un esprit Metal assumant à 100 % ses clichés (je pense souvent à l'esprit DIE APOKALYPTISCHEN REITER avec ce « Battle Metal »... on relèvera par ailleurs le petit clin d’œil sur les passages récités de "One More"). Et le tout se voit relevé d’une touche d’originalité, qui permet au disque de s’offrir une vraie singularité : le génial "The Land And Glory", par exemple, s’ouvre sur une sorte d’orgue Hammond avec quelques boucles électroniques dans le fond, avant de s’élancer à l’abordage d’une mélodie de violon Folk sur riffs hachés, et d’embrayer sur des tempos Speed épiques avec chœurs majestueux... sans oublier un break mémorable, investi d’un chœur de taverne pittoresque ! Qui a dit « copie sans âme » ?
Cette diversité et cette utilisation intelligente et mêlée des influences, ce côté cliché, outre qu’ils rendent l’écoute bien plus agréable, évitent aussi qu’on prenne tout ça trop au sérieux... et à ce prix, l’écoute en devient jouissive pour moi, tant les compos sont bien troussées, vivifiantes, truffées de breaks qui égaient la découverte de cette mixture dynamisante, et trouvent le juste milieu entre un caractère guerrier emphatique et les facéties Folk, avec une assise plus Speed Metal ou Heavy classique que véritablement Black : des morceaux comme l’emblématique "As Torches Rises", très BAL SAGOTH jusqu’à ce qu’un superbe break Folk à la FINNTROLL n’en perturbe la flopée épique, sont archétypiques du talent de TURISAS, qui parvient à faire se rencontrer les deux mondes en ne piochant en chacun d’eux que le meilleur.
Du coup, je serais presque prêt à parier que même les auditeurs n’appréciant pas particulièrement l’une ou l’autre des formations pré-citées pourraient apprécier ce « Battle Metal », la coopération scellée entre ces deux inspirations contribuant à atténuer les extravagances de l’une comme de l’autre, et aboutissant à une mise en valeur des qualités qui leur sont respectives (il suffit que les claviers vous fatiguent pour que le groupe, investi d'une espèce de prescience, casse tout ça avec un bonne intervention Folk, un passage ambiant, ou un crescendo martial). Des réflexes appartenant généralement aux groupes déjà rodés, qui savent comment maintenir l'intérêt tout au long d'un morceau.
Du coup, « Battle Metal » est devenu un visiteur fidèle de ma platine, sans que je ressente de lassitude. Il faut dire que le groupe s’avère singulièrement doué pour créer moult passages tout simplement captivants comme "One More" et son alternance riff saccadé tressé de violons et gros riffs avec claviers et chœurs tonitruants, titre nanti d'un esprit (et d'une mélodie) à la "The Village Of Dwarves" de RHAPSODY... à noter aussi une accélération très bien pensée fiançant menace et gaieté. Et je ne parle pas de l’acoustique et presque mélancolique "Katuman Kaiku" qui referme l’album, ou du très Speed "Midnight Sunrise" au refrain à la FAIRYLAND... le sommet étant atteint avec "Rexi Regi Rebellis" : un morceau épique à tiroirs, introduit par un prologue parlé sur fond de claviers ambiants ("Prologue Of RRR"), et qui repose sur une nouvelle de Zacharias Topelius, poète finnois s’étant attardé sur la guerre de trente ans déchirant l’Europe entre 1618 et 1648.
Bon, après ce concert de louanges... qu’en est-il des défauts ? Je vais vous faire une confidence : personnellement, je trouve ce disque tellement bien foutu et accrocheur, si frais et attractif, que je rechigne quelque peu à modérer mes propos dithyrambiques. Mais produisons toutefois cet effort : on pourra faire le même reproche qu’à BAL SAGOTH, à savoir l’utilisation de claviers peinant vraiment à retranscrire la rondeur et la puissance des cuivres (je n'ose imaginer ce que ça donnerait avec de vrais instruments), et on pourra également dire que le groupe a des influences trop marquées, qu’on a par instants, et malgré les propos déposés plus haut, l’impression d’écouter un hybride réussi de BAL SAGOTH et FINNTROLL (ça va, on a compris...) avec une pointe Speed à la RHAPSODY (en outre - de vin ? -, certains passages Folk évoquent tout à fait le combo italien), et qu'une touche d'originalité plus accentuée ne lui ferait pas de mal (et le groupe prouve qu'il en est capable sur un morceau comme "The Land And Glory")... mais lorsqu’une formation comme TURISAS s'ébroue avec autant d’efficacité, de cœur et de pertinence, mettant au monde un pavé qui passe très vite, bien qu’il compte cinquante sept minutes au compteur... non, franchement, on pourra me blâmer sur le coup (et encore), mais ce disque est mon dernier gros coup de cœur, et je lui attribuerais personnellement la note max rien que pour ça ! Mais je conçois que les points par moi relevés agissent de façon plus rédhibitoire pour d'autres (d'autant que je suis un fan absolu des deux formations qui recueillent un maximum de nominations dans cette chronique)... et j'en tiens compte au niveau de la notation en n'attribuant pas la cinquième étoile à ce disque (alors que l'envie m'en démangeait). Ah ! si le groupe avait eu les moyens de recourir à un orchestre pour suppléer à certains claviers... M'enfin... Vive TURISAS !
"plusieurs avis valent mieux qu'un"
Pour vous situer un peu le truc, Turisas c'est un peu le Rhapsody du viking metal : enlevez les chevaliers qui chevauchent comme des bouffons, les combats des gentils contre les méchants et le côté Walt Disney mais gardez les épées, le sang et ce putain de souffle épique. Il n'y a pas vraiment de morale ici, juste un groupe de barbares qui luttent contre leurs ennemis. La grande force de Turisas c'est tout d'abord, d'arriver à vous accrocher dès les premières minutes. Même si tout n'est pas parfait, l'atmosphère et la puissance dégagée par la musique vous entraînent sans que vous puissiez rien y faire. De plus, leur petit côté festif à la Finntroll est absolument irrésistible.
"Battle Metal" n'est que leur second album mais le groupe fait déjà preuve de beaucoup maturité dans l'élaboration de ses compositions. Grâce à ses magnifiques mélodies, la diversité des instruments utilisés (guitare acoustique, violon, accordéon, flûte, ...) et la dynamique des différents morceaux, la formation est parvenue à créer une véritable alchimie entre sa musique, son concept épique et son auditoire. Impossible de ne pas se laisser prendre au jeu avec des titres aussi géniaux que "The Messenger", "Battle Metal", "Among Ancestors", "As Torches Rise". Les compositions sont très bien équilibrées entre passages guerriers, passages plus festifs et passages atmosphériques, avec toujours cette même ambiance qui ne fait qu'un tout au long de l'album. Seule la disposition des guitares demeure parfois un peu maladroite, presque surfaite et n'apportant pas grand chose. La production est par contre excellente et l'artwork signé Niklas Sundin est somptueux, comme d'habitude.
Croyez-moi, ces 57 minutes passent très vite et on ne s'ennuie pas une seconde (ou presque car les passages parlés sont un peu gavants). Turisas nous délivre un très bon album du début jusqu'à la fin, très cohérent et constant dans sa qualité et son ambiance, d'une grande profondeur et d'une grande richesse. Les amateurs de musique épique devraient sans aucun doute y trouver leur compte. Quant à moi, je retourne couper quelques têtes si vous n'y voyez pas d'inconvénient.
Format : MP3 (320 Kbs)
durée totale : 57 mn 19 s
présence pochette & livret : non
les titres de l'album :
1. Vicoriae And Triumphi Dominus
2. As Torches Rise
3. Battle Metal
4. The Land Of Hope And Glory
5. The Messenger
6. One More
7. Midnight Sunrise
8. Among Ancestors
9. Sahti-waari
10. Prologue Of R R R
11. Rexi Regi Rebellis
12. Katuman Kaiku
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