The Raconteurs -
Broken Boy Soldiers - 2006
EAC Rip [FLAC]
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-686528-1316341290.jpeg.jpg)
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-686528-1316341299.jpeg.jpg)
:format(jpeg):mode_rgb():quality(90)/discogs-images/R-686528-1316341305.jpeg.jpg)
ARTISTE
The Raconteurs
est un supergroupe réunissant des musiciens issus de la scène de Detroit, à
savoir Jack White (guitariste-chanteur au sein des White Stripes), Brendan
Benson (multi-instrumentiste), Jack Lawrence (bassiste au sein des Dead Weather
et The Greenhornes) et Patrick Keeler (batteur, également membre des
Greenhornes).
Bien que déjà
tous renommés au sein de leurs formations respectives, ils démentent leur
statut de "supergroupe", renvoyant selon eux à quelque chose de «
planifié », et se décrivent plus simplement comme « un jeune groupe de vieux
amis ».
Les musiciens Dean
Fertita (The Dead Weather, Queens of the Stone Age) et Mark Watrous les
accompagneront également sur scène, assurant principalement les parties
claviers.
« « J'ai cette chanson pour laquelle il me faut
des paroles » me dit un jour
Brendan. Je l'ai écoutée ; c'était Steady As She Goes. J'ai trouvé des paroles
et nous l'avons enregistrée, même si ça sonnait plus comme du reggae à ce
moment-là. On la jouait en boucle, et on a fini par se dire qu'il était
peut-être temps de monter ce groupe dont on arrêtait pas de parler. Cette
chanson a tout lancé » — Jack White, 2006
Les différents
membres du groupe se sont rencontrés en 1998, alors que leurs carrières
respectives débutaient à peine. Ils collaborent en 2004 sur l'album Van Lear
Rose de la chanteuse Loretta Lynn, initiant alors le début des Raconteurs.
Parallèlement, Brendan recevait des critiques enthousiastes à la suite de son
dernier album en date, The Alternative to Love, les White Stripes publiaient
tout juste Get Behind Me Satan, et les Greenhornes, leur EP East Grand Blues.
Bien
qu'apparentés à la scène garage rock de Detroit, ils ont successivement tous
déménagés à Nashville (Tennessee), estimant qu'ils « ne voulaient plus être
associés à une quelconque scène. Ce fut le cas, et c'était une bonne expérience
qui nous a enseigné beaucoup de choses, mais c'est fini maintenant. [...] C'est
bien quand tu as 20 ans - découvrir et apprendre de tout ça - mais certainement
pas à 30 ».
Leur premier
album, "Broken Boy Soldiers", parait le 16 mai 2006, et rencontre un
accueil chaleureux tant auprès du public que de la critique, terminant dans
nombre de "tops" annuels (Rolling Stone, Mojo, NME, Spin...). S'ensuit
une tournée promotionnelle couronnée de succès qui s'achèvera en 2007.
Ils publient leur
second effort, "Consolers of the Lonely", le 25 mars 2008, également
bien accueilli.
L’ALBUM
Un disque comme
cela nous pendait aux lobes d’oreilles. Il est clair que le surprenant Get
Behind Me Satan constituait une tentative franche d’émancipation, Jack White se
sentant à l’étroit, piégé par une formule minimaliste qu’il avait lui-même
fermement édictée. The Raconteurs se présente donc avant tout comme une
salutaire gorgée d’oxygène. Pour s’aérer les doigts, White s’est entouré de ses
fidèles comparses : Brendan Benson, formidable artisan pop dont les albums
solos nous renvoient tout droit à la case Beatles période 1964-65, ainsi que la
section rythmique du groupe garage rétro The Greenhornes pour lesquels il avait
fait office de producteur. Tous les membres se connaissent sur les bouts de
leurs accords kinksiens. On y trempe son t-shirt en famille.
Les premières
écoutes de Broken Boy Soldier sont pourtant décevantes : ce super groupe indé
n’ayant accouché ni d’un chef d’œuvre absolu, ni d’une aimable pochade entre
potes, juste d’un excellent album de power pop vintage bardé de références et
de trouvailles savantes. Pas besoin d’être chercheur à l’IRCAM pour se rendre
compte que Jack White a vampirisé l‘entreprise, les 10 plages de l’album étant
marquées au fer rouge de son empreinte : batterie martelée avec la délicatesse
d’un maréchal-ferrant sadique, riffs zeppliniens plaqués sur des textures
blues, son analogique charnu… Toute la couleur de l’album rappelle le rouge
sang et le noir ébène.
L’intro du titre
liminaire, "Steady As She Goes" (très bon single, catchy et râpeux
juste comme il faut), semble d’ailleurs appeler le fantôme du duo de Détroit
comme pour mieux l’exorciser ensuite, avec ses coups de caisse plombés et sa
basse pilonnée fiévreusement. "Hands" explose de fierté, avec ses
guitares victorieuses rattrapées du bout de la laisse par une mélodie
impériale. Même euphorie avec cet "Intimate Secretary" pas piqué des
hannetons, judicieusement lardé de cordes pressées au bottleneck, façon blues
joué par des Who en pleine montée cocaïnomane. Les riffs atrabilaires de
"Level" assurent également leur quota de jouissance rockistique,
alors que l’urgent "Store Bought Bones" contrôle à merveille ses
coups de sang nourris à la caféine. On en vient donc à regretter nos réticences
initiales, tant Broken Boy Soldiers se montre admirable de bout en bout.
C’est alors
Benson qu’on en vient à saluer, sa discrétion n’étant qu’apparente, car il
vient insuffler une légèreté pop, un côté aérien aux motifs nerveux labourés
par White. Son filet de voix se marie avec le chant hystérique de son comparse
avec autant d’évidence qu’une paire Lennon-McCartney ("Together").
The Raconteurs forme ainsi une hydre à deux têtes, puissamment soutenue par le
boulot impeccable des sieurs Lawrence et Keeler. On s’échoue avec délice sur
les savoureuses nappes vocales de "Call It A Day" évoquant un Ray
Davies qui jouerait les sirènes sur une plage embrumée de Brighton avant de
quitter, un peu trop rapidement, nos compagnons sur un "Blue Veins"
d’une soul blafarde rongée jusqu’à l’os.
On sort un peu
surpris de cet épatant Broken Boy Soldiers, le disque constituant, comme on s’y
attendait, un manifeste sixties résolument rétrograde mais se taillant en même
temps une identité et une aura indiscutables. Qualifier cette remarquable
réunion de vulgaire side-project relèverait de l’insulte ; la maîtresse mérite
autant de respect que la régulière. Ce premier album, dont on espère une
succession au moins aussi brillante, tourne ainsi à la leçon de vie musicale où
l’infidélité y est la première des vertus. Sortez couverts quand même.
TRACKLINSTING
| 1 | Steady, As She Goes | 3:38 |
| 2 | Hands | 4:03 |
| 3 | Broken Boy Soldier | 3:03 |
| 4 | Intimate Secretary | 3:27 |
| 5 | Together | 4:00 |
| 6 | Level | 2:21 |
| 7 | Store Bought Bones | 2:27 |
| 8 | Yellow Sun | 3:19 |
| 9 | Call It A Day | 3:35 |
| 10 | Blue Veins | 3:55 |
Notes
All songs published by Chrysalis Music Ltd./Third String Tunes (BMI)
All songs recorded at Le Grande Studios
Mixed at Ardent Studios, Memphis
Mastered at Sony Music Studios, NY
? 2006 Third Man Records, Inc. under exclusive license to XL Recordings Ltd. © 2006 Third Man Records, Inc.