COP SHOOT COP était un groupe de rock américain formé à New York City en 1987 et dissout en 1996. Il était fréquemment classé dans le rock industriel mais se distingue sur de nombreux points d'autres groupes qu'on classe dans ce même genre. Les paroles de Tod A. étaient réfléchies et riches, et leur musique surnaturelle et accrocheuse allait chercher aussi bien dans le hot jazz et le swing que dans le rock brutal, leur conférant une renommée singulière.
Après la mésaventure de l'album de Dig Dat Hole resté dans les cartons, Ashley et Puleo déménagent à New-York, virent Jon Rose, tentent un nouveau guitariste qui semble être Darin Lin (du groupe Black Snakes) mais abandonnent et montent rapidement la première mouture de Cop Shoot Cop. C'est à nouveau un trio. Ashley garde la basse et le chant. Puleo ses percussions et exit la guitare. C'est David Ouimet qui se fout derrière un sampler et se charge de donner une coloration plus expérimentale à ce nouveau groupe new-yorkais au patronyme controversé.
Genre : Rock Industriel, Noise / Punk Origine : USA
line-up : Tod Ashley – chant, basse Jim Coleman – samples, piano David Ouimet - samples, trombone Jack Natz – basse , chants, harmonica Phil Puleo – batterie, percussion
CSC sort Consumer Revolt, son premier album sur Circuit records avec sa pochette flashy electro. Pochette qui subira un lifting complet en 1992 quand Big Cat records, le label crée par Jim Thirlwell, réédite l'album. Pochette que personnellement je préfère, même sur ma minuscule cassette d'un autre âge.
La basse ayant définitivement pris le pouvoir, Tod Ashley qui signe désormais Tod A. prend la high-end bass, celle qui est chargée de mettre un peu de mélodie dans le bordel pendant que Jim Nantz, surnommé Natz, prend la low-end bass, qu'il frappe à grands coups de mandales. Sur ce disque déjà, CSC prouve qu'il n'est pas qu'une machine à faire du bruit. De par sa formation iconoclaste avec ses deux basses, ses deux samplers et sa batterie faite de bric et de broc, il colle une image indus au groupe. Mais CSC s'est toujours inscrit dans une lignée rock. En dehors de ces morceaux plus déstructurés et agressifs, le groupe à le souci du refrain et de l'accroche. Quelle soit rythmique ou mélodique. She's like a shot, Waiting for the punchline, Down come the mickey et son fameux riff de high-end bass qui sonne comme une guitare. Autant de titres qui forgent un répertoire. A coté de ça, vous avez de courts épisodes plus extrêmes comme Smash retro, déclaration de haine aux hippies et leurs années 70 (je comprends mieux le sample de Led Zep), l'interlude glauque Hurt me baby (allusion au morceau de Boy George) et le violent System test. Martin Bisis et Wharton Tiers se partage la production et font un travail impeccable.
Sur la pochette version Big Cat, CSC promet 15% de haine en plus. Et à l'intérieur, à la suite du copyright, le groupe promet que les violators will be hunted down, imprisoned, and suffer a lingering death by torture at the hands of trained mercenaries. Pas besoin de vous traduire, je suis sûr que vous comprenez que chez Cop Shoot Cop, ça ne rigole pas et que le second degré est inclus dedans.
Critique de l'Album
Après un EP en 1988, ce groupe new-yorkais venu de la no-wave sort son premier véritable album en 1990, dont le line-up sans guitare contient un batteur, deux bassistes et deux bonhommes aux samples.
Pour ceux qui ne connaissait pas encore Cop Shoot Cop, on est au premier abord étonné par la ressemblance de voix avec celle de Steve Albini, presque autant que la musique proche de celle de Big Black qui sévissait peu de temps auparavant, et ce que sera Shellac plus tard. "Lo.Com.Denom." projette ce groupe dès le début de l'album dans la comparaison des bâtisseurs du noise des années 80: un spectre sonore large (la reverb', élément essentiel à l'univers de l'album), malsain (basse sale et massive), saugrenut et difficile d'accès. De l'indus où la batterie n'est pas forcément omniprésente (le titre cité, où seule une boucle fait le rythme, "System Test" magnifique). Les samples et autres bruits cinglants forment la moelle des morceaux, n'ornementent pas mais aident au même titre que les autres instruments (quand même plus mélodiques) à foutre un gros bordel. L'ambiance morbide dominante, pleine de résonance et de percussion sonore, rappelle les réalisations de Joy Division en plus nerveux et tordu, en version expérimentale. Un cas digne de l'héritage du groupe de Ian Curtis, avec la même pointe de lueur d'optimisme à l'horizon pour nous plaire.
Loin de leurs futurs albums plus conventionnels et de l'académisme du rock-noise d'aujourd'hui, ce Consumer Revolt passa malheureusement inaperçu...
une petite idée, alors Youtube est votre ami :
Format : MP3 (320 Kbs) durée totale : 40 mn 30 s présence pochette & livret : non
les titres de l'album : 1. Low. Com. Denom 2. She's Like A Shot 3. Waiting For The Punchline 4. Disconnected 666 5. Smash Retro 6. Burn Your Bridges 7. Consume 8. Fire In The Hole 9. Pity The Bastard! 10. Down Come The Mickey 11. Hurt Me Baby 12. System Test 13. Eggs For Rib
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