Dire
Straits - Communiqué – 1979
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ARTISTE
Le groupe Dire Straits est à
jamais attaché au nom de Mark Knopfler . A l’origine de sa création en été
1977, il est aussi celui qui a mis un terme à la superbe histoire de ce groupe.
De « Dire straits » à « On every
streets », les albums de Dire Straits n’ont connu que le succès. De nombreux
mouvements internes n’ont pas empêché cela.
La sortie du mythique « Brothers
in arms » en 1985 et l’incroyable tournée qui s’en est suivie resteront comme
les moments clés de la carrière de ce groupe séparé depuis 1995.
Dire Straits est un groupe fondé
en 1977 à Deptford, au su d de Londres par Mark Knopfler (chant et guitare),
son frère David (guitare rythmique), John Illsley (basse) et Pick Withers
(batterie).
Dès son premier album, « Dire
Straits », et malgré très peu de moyens, le groupe rencontre le succès, autour
des tubes « Water of love », « In the gallery » et surtout « Sultans of swing
». En 1979, Mark Knopfler est élu meilleur guitariste américain.
Séparation fraternelle
Avec son groupe, il sort
consécutivement deux albums, « Communiqué » et « Romeo and Juliet ». Ce dernier
permet au groupe britannique de lorgner avec le grand public. Surtout, il
marque une rupture dans l’ascension du groupe. Car Mark Knopfler décide de se
séparer de son frère et gagne New-York.
Il sort l’album « Solid rock » en
collaborant avec Roy Bittan, pianiste de Bruce Springsteen , puis « Love over
gold », en 1982, lequel consacre le groupe. Hal Lindes (guitare rythmique) et
Alan Clark (claviers) rejoignent le groupe désormais produit par Mark Knopfler
lui-même. Plus tard, Pick Withers cède sa place à Terry Williams.
« Brothers in arms »
Devenu une star internationale,
Knopfler compose la musique du film « Local hero », sort le 45 tours « Twistin’
by the pool » et produit un album pour Bob Dylan . Il écrit même un titre, «
Private dancer », pour le « Break every rule » de Tina Turner en 1986.
Un an plus tôt, Dire Straits sort
l’album « Brothers in arms », l’une des plus grandes réussites du groupe. Les
titres « So far away » et « Walk of life » sont des grands classiques qui
assoient la réputation du groupe. Le titre « Brother in arms » intègre
d’ailleurs la bande originale du film « Spygame » de Tony Scott.
Une tournée gigantesque est
organisée à travers le globe. Salles de spectacle combles, stades complets, aux
Etats-Unis, en Australie… partout où Dire Straits passe, la terre tremble. Le
groupe s’agrandit avec l’arrivée d’un second claviériste, Guy Fletcher. Aussi,
Hal Lindes est remplacé par Jack Sonni, ami de Knopfler.
Pause et séparation
Fatigué par cette interminable
tournée, le groupe décide de faire une pause qui durera… quatre ans, exception
faite d’un concert donné pour le 70e anniversaire de Nelson Mandela en 1988.
Finalement, le retour officiel de Dire Straits s’opère en 1991 par le biais de
l’opus « On every street ».
Le succès, moindre, et tout de
même au rendez-vous. Le groupe se relance alors dans une nouvelle tournée de
quatorze mois. Le 9 octobre 1992, Dire Straits donne ce qui est pour l’heure
son dernier concert à Saragosse. Car derrière, le groupe se sépare,
officiellement en 1995, pour le plus grand désarroi des millions de fans. Mark
Knopfler s’est depuis lancé dans une carrière solo à succès.
L’ALBUM
Forces Parallèles
Sorti après l’excellent Dire
Straits (sans titre), premier album d’un rock brut qui sent le bois, la cabane
humide où quatre potes affinent leur blues, et avant Making Movies qui voit
l’apparition de la grandiloquence (claviers, textures un peu plus pop…), «
Communiqué » prend les bons côtés des deux. La production est meilleure,
limpide, aérienne. L’ambiance rock un peu western est conservée, mais les
morceaux sont plus élaborés, variés et ambitieux. Sachant que ce disque
conserve les deux atouts majeurs du groupe (voix/guitare de KNOPFLER bien sûr,
mais aussi batterie fine, balais et cymbales douces de Pick WITHERS), on a là
un petit bijou.
Pas de véritable single, ici,
comme on l’avait avec « Sultans of Swing » sur le premier album. Le disque est
d’égale qualité du début à la fin.
Détail qui m’a toujours amusé :
sur le lecteur CD, dès que le chronomètre affiche 0:00 la première note
démarre, pas une milliseconde d’attente… et quelle note ! Cette guitare au
vibrato subtil et unique, qui à elle seule plante le décor de « Once Upon a
Time in the West », balade mi-reggae mi-country, et nous promène dans les
saloons et les rues poussiéreuses de l’Amérique.
Knopfler ajoute quelques
cartouches dans son barillet avec « News », subtil crescendo musical et
poétique (voix et – sublime – guitare se faisant plus présents à mesure que le
fait divers, l’accident de voiture que l’on devine sous les ellipses,
approche). Rien que pour ce titre le singer/songwriter fait preuve d’une
maîtrise rare.
La maîtrise tourne à la
démonstration avec « Where d’ya Think ya Going ? », prouesse d’orfèvre. Ca
commence par une guitare sèche et métallique, superbement enregistrée,
accompagnée de cette voix rauque, sorte de DYLAN avec plus de coffre, qui sent
la fin de journée, l’alcool, la fatigue. « Où est-ce que tu crois que tu vas ?
T’es pas au courant que c’est sombre, dehors ? ». En une phrase on est dedans.
C’est un « t’en vas pas, poupée », plein de virilité sombre, moite. Puis avec
le refrain, la guitare électrique aérienne vient se poser. Atmosphérique.
"You'd better go with me, girl". Le morceau progresse, l’électrique
accompagne davantage, et sur le final, ce sont plusieurs couches de guitares
qui viennent, une par une, se superposer dans un bouquet lumineux. La prouesse
est que ce n’est pas indigeste une seule seconde. Au contraire, le fade out en
est presque frustrant.
« Communiqué », le morceau-titre,
est sans doute un moment un peu faible de l’album, mais vient à point nommé
pour alléger un peu l’ambiance, et son parfum de country bien balancée est très
agréable. « Lady Writer » muscle un peu le parcours, c’est d’ailleurs le seul
single qui soit sorti à l’époque et il n’a pas marché très fort. Un bon
morceau, six-cordes époustouflante (comme d'hab’...) à la « Sultans » mais qui
n’a pas la mélodie imparable de son prédécesseur, ce qui ne l’empêche pas de
s’intégrer parfaitement à cet album. Les chœurs de « Angel of Mercy » mettent
des couleurs dans le saloon, et la mélancolie de « Portobello Belle », portée à
la fin par un piano aussi bienvenu que discret, fait merveille. « Single Handed
Sailor » nous prend au corps avec son gimmick entêtant, KNOPFLER mariant avec
brio un phrasé à la JJ CALE et une rythmique syncopée de toute beauté.
« Communiqué » finit par un
morceau hors du temps, tout en lenteur et en subtilités, trois notes de basse
un peu étouffées (comme sur quasiment tout l’album, afin de donner un son chaud
et rond), une guitare rythmique qui butine comme un papillon, « Follow Me Home
», est le genre de morceau qu’on aimerait ne jamais entendre s’arrêter.
Une atmosphère cohérente tout au
long de l’album, et suffisamment d’influences à l’intérieur pour ne pas
s’ennuyer, entre rock, country, blues et folk, un guitariste/chanteur/compositeur
brillant, un artisan d’exception : il serait dommage de ne connaître de DIRE
STRAITS que les lourdeurs et synthés de "Money for Nothing", même si
KNOPFLER a su se réinventer intelligemment dans les années 80.
Il y a peu d’albums que je peux
écouter du début à la fin sans avoir envie de zapper un passage. Communiqué en
fait partie et, comme le bon vin, plus le temps passe, etc etc.
Rock Fever
En 1978, sort le premier album
(éponyme) de Dire Straits. Pas un succès immédiat. Il faudra attendre 1979 pour
que le disque se vende, grâce à un bouche-à-oreille entamé en Hollande quelques
mois plus tôt par un animateur radio ayant décidé de donner leur chance au
groupe britannique, en matraquant Sultans Of Swing sur les ondes, et le morceau
devient rapidement un tube malgré sa durée imposante pour la radio (5,45
minutes). Au moment (fin 1978) où le groupe s'envole pour Nassau, aux Bahamas,
pour enregistrer leur deuxième album sous la houlette du producteur légendaire
Jerry Wexler (qui remplace Muff Winwood, qui avait produit le premier album),
le premier album n'est pas encore un succès. Au moment où ce deuxième album
sort (1979), c'est le cas. Une période assez charnière pour le groupe, le début
du succès. Ce qui est assez justifié vu la qualité de leur musique. De plus, ça
vient fort à propos, ce succès à rebours pour le premier album, car ce n'est
pas avec leur deuxième album, celui dont je vais maintenant parler, qu'ils
auraient pu espérer un gros succès. Ce deuxième album, Communiqué, tout en
étant encore plus réussi que le premier, offre cependant peu de hits (un seul,
Lady Writer, et il sera un tube assez mineur, et même pas vraiment un tube, en
fait), et possède une atmosphère à l'image de sa pochette, c'est à dire froide
et austère. Mais ce deuxième effort de la bande à Knopfler (personnel inchangé
par rapport au premier album) est cependant un de leurs meilleurs. Et mon
préféré d'eux. Et pas seulement parce que j'ai découvert Dire Straits avec ce
disque (enfin, il y à un peu de ça aussi, je l'avoue) !
Comme je l'ai dit, Communiqué
contient très peu de tubes : Lady Writer, chanson au riff efficace (et que
certains assimileront à un Sultans Of Swing du pauvre), est en fait le seul
vrai tube ici. Mais des classiques, il y en à, des chansons qui deviendront
rapidement des emblèmes du groupe : Once Upon A Time In The West, Portobello
Belle, Where Do You Think You're Going ? (et son solo de guitare final
absolument grandiose) sont sensationnelles. L'album, le dernier avec David
Knopfler (frère de Mark) à la guitare rythmique avant une engueulade avec son
frangin qui entraînera son départ, l'album, donc, est peu accessible par
rapport au premier et aux suivants. Son ambiance froide, intimiste, austère,
empêchera le succès commercial. Les chansons ne sont pas forcément gaies,
malgré des mélodies parfois alertes (Communiqué, par ailleurs la chanson la
moins efficace de l'album, ou Single-Handed Sailor, une réussite absolue guitaristiquement
parlant, une chanson parfaite). Follow Me Home, qui se finit sur des bruits de
vague (comme sur la sublime pochette montrant un homme marcher seul sur une
plage, dans un cadre en forme d'enveloppe), est très proche du Riders On The
Storm des Doors (manière de chanter, mélodie, rythme), au point d'en être un
peu gênant (c'est cependant une très belle chanson). News est une chanson
triste sur un fait divers, Once Upon A Time In The West ne parle pas du film de
Leone ni ne se passe dans le Grand Ouest Américain, mais parle des dérives de
la société occidentale, Angel Of Mercy est assez solennelle malgré un refrain
digne d'être chanté dans les bars entre deux tournées, Portobello Belle
(Portobello est un quartier populaire de Londres) est une ritournelle
sentimentale et mélancolique sur une jeune femme dont le narrateur tombe
amoureux...
Album compliqué (enfin, j'exagère
un peu), moins évident que le premier et surtout que les suivants (le suivant,
Making Movies, sera celui du succès mondial, le début de la gloire, mais j'y
reviendrai), Communiqué est cependant un grand disque. Avecle temps, cet album
de 42 minutes s'impose même comme une des plus grandes réussites de la bande à
Knopfler avec Love Over Gold (1982) et Brothers In Arms (1985). Peu après la
sortie de ce disque, Knopfler et Withers seront conviés par une des idoles de
Knopfler, Bob Dylan, pour jouer sur son Slow Train Coming (1979), enregistré
lui aussi à Nassau aux Bahamas. Le Barde fut apparemment intéressé, convaincu,
par le groupe, et à l'écoute de Communiqué, disque certes froid mais
remarquable, on comprend vraiment pourquoi ! Pour ma part, mon préféré du groupe, rien que pour Single-Handed Sailor,
Where Do You Think You're Going ? et Once Upon A Time In The West. Au
sujet de cette dernière chanson, qui ouvre l'album, un petit détail rigolo :
quand on lance un CD, il faut normalement attendre que le timing fasse 00:01
pour que la première chanson démarre vraiment. Là, dès que vous enclenchez la
lecture, le premier son démarre immédiatement, avant même la première seconde,
à 00:00 ! Ce n'est pas si rare que ça, mais sur le coup, je ne vois que ce
disque en exemple. Et on peut vraiment parler d'un disque bien rempli, ah ah ah
!
TRACKLINSTING
| 1 | Once Upon A Time In The West | 5:14 |
| 2 | News | 4:11 |
| 3 | Where Do You Think You're Going? | 3:43 |
| 4 | Communiqué | 5:42 |
| 5 | Lady Writer | 3:38 |
| 6 | Angel Of Mercy | 4:29 |
| 7 | Portobello Belle | 4:21 |
| 8 | Single Handed Sailor | 4:42 |
| 9 | Follow Me Home | 5:42 |
Notes
Originally released in 1979. Issue year of this version unknown.
Recorded December 1978, Compass Point Studio, Nassau, Bahamas
Mixed January 1979 at Muscle Shoals Sound, Sheffield, Alabama
Sound effects provided by Clack Inc. Sound Studios, New York
? 1979 Phonogram Ltd., London
© 1979 Phonogram Ltd., London
Marketed by phonogram [Phonogram P logo]
Manufactured by PolyGram in Hanover, West Germany
Printed in West Germany / Made in W. Germany