Nemanja Radulovic. Avec ses boucles extravagantes, ses tenues gothiques et sa technique époustouflante, le violoniste Nemanja Radulovic a des allures de virtuose romantique – on n’en trouve pas deux comme lui dans le monde de la musique classique. Si certains usent d’expédients superficiels pour se vendre, Radulovic préfère laisser s’exprimer la musique – son violon parle pour lui. « J’essaye de trouver le son de la voix humaine, explique-t-il. Le violon est le meilleur moyen que j’ai trouvé de m’exprimer. » Cet ancien enfant prodige, qui n’a pas encore trente ans, a dû franchir toutes sortes d’obstacles pour en arriver là et se produire sur les plus grandes scènes de concert du monde. Né en 1985, il commence le violon par hasard, à l’âge de sept ans, dans sa ville natale de Niš, dans le sud de la Serbie. Ses parents l’emmènent à une école de musique où l’on découvre qu’il a l’oreille absolue. On lui met alors son premier violon entre les mains et deux semaines plus tard il sidère ses professeurs. « J’avais déjà atteint la fin du programme de troisième année », admet-il en rougissant. Ses parents déménagent à Belgrade, la capitale, pour lui permettre de poursuivre sa formation. Six mois après avoir joué ses premières notes au violon, il fait ses débuts de concertiste dans sa nouvelle école – à sept ans, dans un concerto de Vivaldi. Jouer en public devient immédiatement une passion. « J’ai tout de suite adoré la scène. Ce premier lien avec le public a été formidable. J’ai découvert qu’on pouvait faire rire les gens. J’ai senti aussi que je pouvais les faire pleurer. Je n’ai jamais rien trouvé d’autre où l’on puisse ressentir autant d’émotion. »...(...source...)
On pourrait presque ranger ce premier disque du violoniste franco-serbe Nemanja Radulovic dans la catégorie « crossover ». Certes, il ne joue qu’accompagné de l’Orchestre de la Radio de Berlin, ou de l’un de ses propres ensembles Les Trilles du Diable ou Double Sens, mais le programme couvre quand même, outre quelques grands classiques dûment arrangés « normalement » – Brahms, Tchaikowski, Prokofiev etc. – d’autres largement revisités en version jazzy ou manouche (la Danse du sabre, par exemple), sans oublier l’inévitable incursion dans la musique de film avec « le thème de La Liste de Schindler » de John Williams et, plus centre-européen, celle de La Vie est un miracle de Kusturica. Enfin, une bonne partie du disque couvre des arrangements par Yvan Cassar de musique populaire ou traditionnelle des Balkans. Mais toujours dans la riche et envoûtante sonorité du violon de Nemanja Radulovic, avec en clin d’œil l’incontournable coupe de cheveux dont il a fait sa marque de fabrique visuelle. Pétulant ! (page commerciale)
Nouvelle coqueluche du violon, le violoniste franco-serbe Nemanja Radulovic a réuni 15 "tubes" dans son album "Carnets de voyage" [...] Les accompagnements (Laure-Favre-Kahn, Les Trilles du Diable, Double Sens, le DSO de Berlin avec Michail Jurowski, entre autres) ne sont que des faire-valoir. Impressionnant de facilité, de tension, avec un archet aussi infaillible qu'élégant, Nemanja Radulovic est décidément l'un des phénomènes du violon. (Classica, mars 2015)
1. Brahms: Hungarian Dance No. 1 In G Minor, WoO 1[03:12] 2. Dvorák: Gypsy Melodies, Op. 55, B. 104 - Songs My Mother Taught Me[03:17] 3. Tchaikovsky: Swan Lake, Op.20 - Danse russe[04:20] 4. Khachaturian: Gayane - Sabre Dance [02:56] 5. Kalajic: Vatra suze [03:16] 6. Traditional: Pasona kolo[02:42] 7. Khachaturian: Masquerade Suite - Nocturne[03:38] 8. Shostakovich: The Gadfly Suite, Op. 97a - Romance[04:16] 9. Prokofiev: The Love For Three Oranges, Op.33 - March[01:34] 10. Williams: Schindler's List - Theme [03:50] 11. Traditional: Niska Banja[02:20] 12. Simjanovic: Petrijin venac - Main Theme[04:18] 13. Kusturica: Life Is A Miracle - Ovo je mu?ki svet[04:19] 14. Monti: Csárdás [04:45] 15. Sarievski: Zajdi, zajdi, jasno sonce[05:37]
Nemanja Radulovic, Les Trilles du Diable, Double Sens, Laure Favre-Kahn, Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin, Michail Jurowski