Jacques
Dutronc - 36 grands succès
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ARTISTE
Le play-boy du quartier de la
Trinité, à l'ironie douce-amère, a réalisé avec "Il est cinq heures, Paris
s'éveille", l'une des chansons majeures de ces cinquante dernières années.
Son interprétation de Vincent Van Gogh au cinéma lui a valu le César du
meilleur acteur. Vrai paresseux, Jacques Dutronc mène une carrière tranquille
marquée par des retours triomphaux.
Biographie
L'homme au cigare et aux lunettes
noires naît le 28 avril 1943 à Paris. Son père, ingénieur, est un grand amateur
de musique et très jeune, Jacques apprend le piano avant de se consacrer plutôt
à la guitare. Adolescent peu motivé par l'école, il quitte le lycée Condorcet à
seize ans pour intégrer une école de dessin industriel. Mais sa véritable
passion est la musique qu'il pratique avec ses copains du quartier de la
Trinité dans le IXème arrondissement de Paris, dont son ami Hadi Kalafate et un
certain Jean-Philippe Smet alias Johnny Hallyday. C'est le début des années 60
et le rock'n'roll envahit doucement le pays. Jacques Dutronc n'échappe pas à la
vague des groupes rock qui fleurissent dans la capitale et avec quelques
copains, il crée El Toro et les Cyclones qui connaît vers 1962 une petite
notoriété. Deux 45 tours de quatre titres chacun sortent même au printemps 62.
Après son service militaire en
Allemagne, il devient le guitariste d'Eddy Mitchell, ex-chanteur des
Chaussettes Noires. De plus en plus intégré au milieu musical, il obtient un
poste de directeur artistique chez Vogue. Il commence alors à écrire quelques
titres pour des jeunes chanteuses. Puis Jacques Wolfsohn, également directeur
artistique dans cette maison de disques, lui demande d'écrire quelques titres
pour Françoise Hardy, vedette montante de la vague yéyé. Pour celle qui
deviendra sa compagne quelques années plus tard, Jacques Dutronc compose donc
"Va pas prendre un tambour" et surtout "C'est le temps de
l'amour", adapté d'un instrumental de son ex-groupe El Toro et les
Cyclones, "Fort Chabrol".
Rencontre avec Jacques Lanzmann
C'est en 1965 que Jacques Dutronc
rencontre l'écrivain et journaliste Jacques Lanzmann. De cette amitié, va
naître une longue et fructueuse collaboration auteur/compositeur de près de dix
ans. Et surtout, dans la foulée, Jacques Dutronc va enfin se mettre à chanter.
1966 est une année majeure dans
la carrière du jeune chanteur. Dès la sortie de son premier 45 tours, "Et
moi et moi et moi", Jacques Dutronc est sacré star du jour au lendemain.
Le succès est immédiat pour ce titre signé Dutronc/Lanzmann. La personnalité
ironique et nonchalante du chanteur et son humour insolent et parfois
provocateur font de lui un artiste singulier que le public remarque et apprécie
très vite. Loin de la vogue contestataire de l'époque et du mouvement hippie,
Jacques Dutronc développe une élégante image hors mode caractérisée par sa
tenue vestimentaire, costume-cravate, fort décalée des courants du moment.
Un million de "Cactus"
Peu de temps après, sort un
second titre, "Les Play boys". Nouveau succès pour Jacques Dutronc
qui reçoit moins d'un an après ses débuts le prestigieux Prix de l'Académie
Charles Cros pour la qualité des compositions. A la fin de l'année, sort un
premier album, "Les Cactus", qui en un an s'écoule à un million
d'exemplaires. Jacques Dutronc enchaîne alors les concerts et dès 66, il en
donne près de 200 dans l'année.
Comme dans ses chansons, Jacques
Dutronc développe sur scène un style unique où se mêlent provocation et
dérision. Toujours accompagné d'accessoires allant du balai au rouleau de
papier hygiénique, le chanteur et son groupe (dont le futur Alain Chamfort aux
claviers) mènent à un rythme effréné des concerts toujours plus nombreux. C'est
la même année que Françoise Hardy, elle-même au sommet de la gloire, devient la
compagne de Jacques Dutronc.
En 1967, les tubes s'enchaînent
avec "J'aime les filles", puis "Il est cinq heures Paris
s'éveille", titre classé récemment comme le meilleur de ces cinquante
dernières années. Ce dernier titre, emblème du répertoire de Dutronc, est signé
pour les textes par Jacques Lanzmann et son épouse Anne Segalen qui travaillera
également souvent avec le duo.
Mai 68 : "L'Opportuniste"
Lors des événements de mai 1968,
Dutronc se contente d'écrire "L'Opportuniste", allusion ironique à la
situation politique. Puis suivent en 1969, "L'Hôtesse de l'air" ou
"L'Aventurier", dans lesquelles le chanteur joue avec son image de
séducteur.
Au début des années 70, le rythme
de travail du chanteur s'allège. Jacques Dutronc se lance avec le dessinateur
de bandes dessinées Fred dans une initiative en direction des enfants. Outre
quelques chansons, il écrit la musique de deux contes d'une vingtaine de
minutes chacun, "Le Sceptre" et "La Voiture du clair de
lune". Fred se charge des textes. Cependant, malgré la poésie du projet,
le succès n'est cette fois pas au rendez-vous.
En 1971, celui que la presse de
l'époque qualifie de "gai luron", revient sur scène en septembre pour
la première fois depuis deux ans dans un cabaret de l'avenue de l'Opéra à
Paris. L'année suivante, on remarque le magnifique "Le petit Jardin",
titre écologiste avant l'heure, ainsi qu’un 45 tour dans lequel Jacques Dutronc
reprend deux titres de Serge Gainsbourg, "Elle est si" et "L'âge
d'or". Les deux hommes, très amis, travailleront ensemble à plusieurs
reprises au cours des années suivantes.
Sa carrière d'acteur
L'année 1973 marque un changement
de direction dans la carrière de Jacques Dutronc. En dépit de quelques tubes
dont "Gentleman Cambrioleur", titre générique d'une série TV, Dutronc
cesse en partie son travail de chanteur pour entamer une brillante carrière de
comédien. Il fait ses débuts dans le film "Antoine et Sébastien" de
son ami le photographe Jean-Marie Périer. Les critiques sont élogieuses et
désormais, Jacques Dutronc partage son temps entre chanson et cinéma,
consacrant cependant une large place au Septième Art.
Enfin le 16 juin 1973, naît son
fils Thomas, raison supplémentaire de ralentir son rythme professionnel.
Musicalement, on retrouve Jacques
Dutronc en février 1975, à travers son album "L'Ile enchanteresse"
qui compte quatre titres signés Gainsbourg. L'album réunit en outre des titres
de 73, 74 et 75, et sont signés pour les textes Jacques Lanzmann (pour la
dernière fois), Jean-Loup Dabadie et Jean-Pierre Bourtayre. Cette même année,
Jacques Dutronc interprète l'un de ses rôles les plus marquants au cinéma dans
"L'important c'est d'aimer" du polonais Andrzej Zulawski. Il y
démontre l'étendue de son talent d'acteur dans un rôle à fleur de peau qui
révèle une sensibilité indéniable que l'artiste avait toujours tenté de
camoufler derrière son insolence et son humour.
La fin des années 70 se passe
plutôt devant les caméras où le chanteur s'est fait un nom aussi vite que dans
la chanson. Ses principaux films à cette époque sont "Les bons et les
méchants" de Claude Lelouch en 1977, "L'état sauvage" de Francis
Girod en 1978 et "Sauve qui peut (la vie)" de Jean-Luc Godard en
1980.
Retour à la chanson
En 1978, Jacques Dutronc chante
un duo, "Brouillard dans la rue Corvisart" avec Françoise Hardy, mais
c'est en 1980 qu'il fait son grand retour à la chanson avec l'album
"Guerres et pets" dont six titres sur neuf sont écrits avec Serge
Gainsbourg. L'album ne connaît pas les records de vente de ses débuts mais
cependant, chaque retour de Jacques Dutronc est désormais un événement musical.
Le titre qui en ressort est "L'Hymne à l'amour (moi l'nœud)",
manifeste anti-raciste présenté sous un angle à la fois impertinent et
désinvolte qui reflète les tempéraments communs des deux auteurs. Jacques
Dutronc reprend également "Le temps de l'amour" qu'il avait composé
près de vingt ans plus tôt pour sa compagne.
Justement, le 30 mars 1981,
Françoise Hardy et Jacques Dutronc se marient en Corse, dans leur fief de
Monticello où le couple possède une maison depuis de nombreuses années déjà. La
Corse est pour Dutronc une terre d'adoption où il passe désormais une grande
partie de son temps.
En 1982, sort un nouvel album, "C'est
pas du bronze", cette fois en partie co-signé avec Anne Segalen. Puis deux
ans plus tard en 84, Jacques Dutronc renoue avec le succès lors de la parution
du 45 tours "Merde in France" dont le seul titre fait couler beaucoup
d'encre. Le disque se vend très bien, et l'humour acerbe et un rien
scatologique du chanteur n'a rien perdu de sa vigueur. Enfin, en 1987 c'est au
tour de l'album "CQFDutronc" d'envahir les bacs des disquaires mais
avec un succès mitigé. Entouré d'un ancien guitariste de David Bowie et de
Jean-Jacques Burnel des Stranglers, Jacques Dutronc concocte un album aux
accents rock. Il collabore pour la première fois avec Etienne Daho sur le titre
"Mais qui se soucie de nous" et partage un duo avec Bambou, la
dernière compagne de Serge Gainsbourg ("Opium"). En outre, il célèbre
la terre de Corse dans "Corsica", titre écrit et interprété avec le
groupe I Muvrini.
En 1989, Jacques Dutronc retrouve
Andrzej Zulawski "Mes nuits sont plus belles que vos jours", mais le
résultat n'est pas à la hauteur de leur première collaboration 15 ans plus tôt.
En revanche, lorsqu'il décide de tourner avec le réalisateur Maurice Pialat en
1991, Jacques Dutronc se lance dans un des principaux rôles de sa carrière
cinématographique. En mai 91 débute le tournage de "Van Gogh", film
qui raconte les derniers mois du peintre dans le village d'Auvers-sur-Oise au
nord de Paris. Le film sort avec succès en 92, et la performance d'acteur de
Dutronc lui vaut d'obtenir le César du meilleur acteur cette même année.
Triomphe sur scène en 92
Musicalement, l'année 1992 marque
le retour sur scène du chanteur. Des spots de publicité signés Jean-Marie
Périer annoncent l'événement à la télévision. Les concerts ont lieu au Casino
de Paris pendant quatre semaines à partir du 3 novembre. Le succès est énorme,
et la popularité de Jacques Dutronc est confirmée chaque soir devant un public
enthousiaste et ravi de retrouver un Dutronc au meilleur de sa forme. Ses tubes
des années 60 sont applaudis à tout rompre et devant ce triomphe, le spectacle
obtient quelques mois plus tard, en février 93, la Victoire de la Musique du
meilleur spectacle de l'année. L'enregistrement du concert qui sort la même
année se vend à plus de 600.000 exemplaires.
Dans la foulée, sortent de
nombreuses compilations de son répertoire, dont une intégrale de son travail
chez Vogue entre 66 et 76 présentée dans une boîte de conserve.
A partir de mars 1993, Jacques
Dutronc part en tournée et s'arrête en avril au festival de Bourges et en
juillet aux Francofolies de La Rochelle ainsi qu'au festival rock de Leysin en
Suisse. Entre temps, il fait une escale au Casino de Paris pour une nouvelle
série de concerts. Il y intègre la venue d'un journaliste différent chaque soir
qu'il fait monter sur scène au milieu du spectacle afin de répondre à ses
questions. L'exercice est fort périlleux pour les journalistes mais le succès
de l'idée est indéniable auprès du public.
1995 ; "Brèves rencontres"
Après quelques films avec entre
autres Michel Deville ou Patrick Grandperret, Jacques Dutronc sort un album le
4 octobre 1995, "Brèves rencontres". En dépit d'une large promotion,
le chanteur reste en retrait des médias et quand il reçoit les journalistes,
c'est souvent dans sa maison de Corse. Album au son rock sobre et élégant,
"Brèves rencontres" donne lieu à une plus grande diversité d'écriture
que les précédents disques. Jacques Dutronc s'est entouré de la jeune écrivain
Linda Lê ("L'âme sœur"), David Mc Neil ("La pianiste dans la
boîte à Gand"), Jean Fauque, auteur pour Alain Bashung ("Elle m'a
rien dit m'a tout dit") ainsi que Thomas Dutronc et Arnaud Garoux ("A
part ça"). Il partage également un duo avec Etienne Daho sur "Tous
les goûts sont dans ma nature".
En fin d'année, il part au Maroc
tourner "Les Victimes" de Patrick Grandperret qui sort un an plus
tard le 11 septembre 1996. Peu de nouvelles du fumeur de cigares à la fin des
années 90 à part sa participation dans le film de Nicole Garcia, "Place
Vendôme" en 1998 et dans le nouveau Claude Chabrol, "Merci pour le
chocolat" en 2000.
Retour sur la musique en début de
siècle via un duo inattendu avec le rappeur Stomy Bugsy, "Une tombe à la
place du cœur". Alors que des bruits courent sur un nouvel album, c'est
sur celui de Françoise Hardy qu'il apparaît en mai 2000 en partageant avec elle
un magnifique duo écrit par Jean Nohain et immortalisé par Mireille en 1935,
"Puisque vous partez en voyage".
2003 : "Madame l'existence"
En 2001, Jacques Dutronc fait
encore une interprétation remarquée d'un homme malade, en fin de vie, dans
"C'est la vie" de Jean-Pierre Améris aux côtés de Sandrine Bonnaire.
Il apparait également dans "Embrassez qui vous voudrez" de Michel
Blanc. Mais plus qu'au cinéma, c'est dans la chanson que chacune de ses
apparitions sont un événement. Ainsi, lorsque est annoncé un nouvel album dès
2002, chacun se prend à rêver d'un retour sur scène.
L'album paraît enfin mais en
2003, le 19 mai. Nommé "Madame l'Existence", ce CD fut en grande
partie créé et enregistré dans sa maison corse, à Monticello. On y retrouve
David Mc Neil mais surtout Jacques Lanzmann avec lequel il n'avait pas
collaboré depuis la fin des années 70. Dans ce disque qui devait à l'origine
êrte un album de reprises, Jacques Dutronc interprète également un titre de
Mouloudji, "Un jour tu verras".
Il poursuit de façon sporadique
sa carrière d'acteur en participant aux films de Gabriel Aghion, "Pédale
dure" (2004), d'Eric de Montalier "Ma place au soleil" (2006),
de Gilles Paquet-Brenner, "UV" (2007), ou d'Alain Corneau "Le
deuxième souffle" (2007).
En juin 2009, sortant de sa
retraite corse, Jacques Dutronc annonce son retour sur scène, un challenge que
lui lance son fils Thomas, qui lui-même tourne beaucoup.
2010 : de retour sur scène
La tournée démarre le 8 janvier
2010 à Evry, se poursuit au Zénith de Paris du 12 au 16 janvier et dans de
nombreuses villes de France jusqu'en juin.
Dutronc propose un show qui
commence comme d'habitude par "Et moi et moi", balance quelques 24
titres, des tubes qui pour l'essentiel, appartiennent aux années 60 et 70
("Fais pas fais pas ça", "Les cactus", "La fille du
Père Noel", etc.). On peut y entendre aussi "Merde in France" ou
"Madame l'existence", des chansons un peu plus récentes. L'ambiance
est délibérément rock, le look toujours le même, veste de cuir noir et Ray Ban.
Les musiciens dont Jannick Top, Fred Chapelier, Erdal Kizilcay ou Bernard
Arcadio sont quasiment les mêmes que sur la tournée 92-93. Une manière pour
Dutronc de ne pas être trop dépaysé. Pour les dates parisiennes, l'artiste
invite le chanteur Etienne Daho et le comédien Vincent Lindon à venir le
rejoindre sur scène. Ce retour sur scène constitue l'évènement majeur du début
de l'année 2010 en France.
TRACKLINSTING
| 1-1 | Et Moi, Et Moi, Et Moi | |
| 1-2 | J'ai Mis Un Tigre Dans Ma Guitare | |
| 1-3 | Mini, Mini, Mini | |
| 1-4 | Les Gens Sont Fous, Les Temps Sont Flous | |
| 1-5 | Les Play Boys | |
| 1-6 | Sur Une Nappe De Restaurant | |
| 1-7 | On Nous Cache Tout, On Nous Dit Rien | |
| 1-8 | La Fille Du Père Noël | |
| 1-9 | Les Cactus | |
| 1-10 | La Compapade | |
| 1-11 | L'Opération | |
| 1-12 | L'Espace D'Une Fille | |
| 1-13 | J'Aime Les Filles | |
| 1-14 | Les Petites Annonces | |
| 1-15 | L'Idole | |
| 1-16 | J'Ai Tout Lu, Tout Vu, Tout Bu | |
| 1-17 | La Publicité | |
| 1-18 | Les Rois De La Réforme | |
| 2-1 | Le Plus Difficile | |
| 2-2 | Hippie, Hippie, Hourrah | |
| 2-3 | Il Est Cinq Heures, Paris S'Eveille | |
| 2-4 | L'augmentation | |
| 2-5 | Comment Elles Dorment | |
| 2-6 | Fais Pas Ci, Fais Pas Ca | |
| 2-7 | Le Courrier Du Coeur | |
| 2-8 | Ca Prend, Ca N'Prend Pas | |
| 2-9 | La Métaphore | |
| 2-10 | Les Métamorphoses | |
| 2-11 | L'Opportuniste | |
| 2-12 | La Leçon De Gymnastique Du Professeur Dutronc | |
| 2-13 | Amour, Toujours, Tendresse, Caresse | |
| 2-14 | Transes-dimanche | |
| 2-15 | A Tout Berzingue | |
| 2-16 | Le Roi De La Fête | |
| 2-17 | Proverbes | |
| 2-18 | Le Mythofemme | |
Notes
VG 660 - 66051 A.A.D.
1990 Vogue
Distribution Vogue 93430 Villetaneuse
"Gold CD"
Dans la même collection Françoise Hardy 36 Grands Succès