Enhancer
Electrochoc (2006)
MP3 (320 Kbs)
posté aussi en FLAC (16 bit)

Enhancer est formé en 1996 de jeunes des banlieues pavillonnaires de Cergy-Pontoise qui vont se retrouver pour jouer ensemble, non pas sous forme d'un groupe, mais d'un véritable collectif. Il ressort de la Team Nowhere un véritable foisonnement artistique. Pleymo sera le premier arbre à cacher la forêt avant qu'on aperçoive les désormais célèbres AqME, Vegastar, Wünjo, et donc Enhancer.
Leur tournée, au début des années 2000 était composée d'une centaine de dates, notamment aux Eurockéennes de Belfort, ou encore lors d'un passage à l'émission de télévision Nulle part ailleurs. Au fil des années la notoriété du groupe devient de plus en plus grande notamment avec la chanson Cinglés, issue de l'album Street Trash.
Le 24 novembre 2008, le groupe publie son quatrième album composé de 16 chansons, intitulé Désobéir. Les membres du groupe le décrivent dans un esprit électro et « rap 'n' roll ». Il est entièrement réalisé par le groupe dans son propre studio d'enregistrement, grâce à leur expérience acquise en travaillant avec les meilleurs producteurs mondiaux. Musicalement, Enhancer représente toujours ce pont entre metal, hip-hop, rock et électro. Une fusion désormais maitrisée qui penche plus vers le hip hop américain aux tendances pop que vers un rock beaucoup plus rude, plus « nature », plus « burné » . Sur Désobéir, on retrouve d'ailleurs de nombreux rappeurs aux côtés d'Enhancer : Soprano, La Fouine ou encore Dadoo (ex-membre du groupe KDD). On ressent une véritable évolution musicale dans les compositions du groupe, probablement le fait de ses nombreux changements de line-up ces deux dernières années. C'est d'ailleurs Davy, ex-guitariste de Pleymo qui a rejoint la formation. On ressent particulièrement son apport (en collaboration avec l'ex-guitariste de Noisy Fate, Pierre Guimard) puisque les instrumentations sont moins binaires et répétitives. Il faut noter aussi que les arrangements sont particulièrement présents. Enhancer a même eu recours à une chorale d'enfants sur Qu'est-ce qu'on va laisser ?.
À l'issue de la sortie de leur quatrième album, Enhancer a diffusé deux clips. Le premier, Rock Game, est dévoilé le 6 octobre 2008. Le deuxième, Superficiel, est lancé le 1er septembre 2009, il est intégralement réalisé en stop motion et apparaissent Neva, Léo Berliner ainsi que Gérard Baste (Svinkels). Toujours en 2008, David et Jonathan créent leur propre structure de production audiovisuelle et d'édition HK Corp ainsi qu'un label compositeur Le son des anges.
En 2013, un message publié par un membre du groupe laisse penser que le groupe prépare son retour.
Genre : Nu Metal / Fusion
Origine : Andrésy, Yvelines, France


line-up :
David Gitlis (Vida) : chant, guitare, programmation
William Bastiani (Bill) : chant, programmation
Toni Rizzotti (Nito) : chant
John Gitlis (Nejo) : batterie, programmation
Marc Meli (MarQ) : basse
Frédéric « Difré » Goubet : guitare:
Étienne « EDA » Bouet : machines
Critique de l'Album
Faut-il avoir honte d'aimer Enhancer ?
Tenez, « Dirty Dancing », par exemple.
Les paroles sont pas terribles, les rimes sont bien bourrins.
(« enlève ton pull, vas-y gesticule, avance et recule, faut qu'tu te désarticules »).
Mais ça bouge.
Du rap-métal parfois un peu bas du front mais suant.
Aucun déchet sur ce disque, pas de mauvaises chansons.
Ou alors évidemment elles le sont toutes, selon les critères qu'on adopte. Mais qu'est-ce qu'on demande à Enhancer, au juste ?
Une dissertation de philo entre chaque note ? Non.
Une révolution artistique ? Non plus.
Juste que ça bouge.
Pour ça, le rap-métal (hip-hopcore…) est un bon client. Du moins si on sait l'accompagner de petites mélodies rusées, si on sait alterner les guitares perforantes et les passages plus élastiques : bref, si on sait garder un pied dans le néo-métal le plus élémentaire tout s'autorisant quelques incursions pop.
Voilà, ça, Enhancer le fait très bien. De mieux en mieux, avec un soupçon de maturité.
Enfin, façon de parler. Ce ne sont pas non plus des poètes.
Par exemple si on lit le texte de « Fat », sorte de tirade anti-minceur dont on peut chercher longtemps l'interprétation (hédoniste ?) cachée, on ne peut qu'être sceptique. On se demande vaguement si un effort n'aurait pas pu être fait de ce côté-là.
Et puis tout ça disparaît derrière la musique.
C'est à dire derrière un son convulsif, dur et sautillant, sur lequel se balladent des vocalises parfois approximatives mais toujours jubilatoires. Et puis du rythme, du rythme, du rythme.
On ne peut pas leur ôter ça : ça bouge, ça frétille, ça groove.
Alors, non, pas de quoi avoir honte.
Bon, on connaît ceux qui vont détester ça.
Pour les textes, ça devrait encore aller. Les fans de Rhapsody et de Cannibal Corpse ne devraient pas trop la ramener. Le problème est que là, vous me direz, c'est en français. Donc on comprend et c'est gênant.
Oui, c'est un argument de poids.
Mais tant pis, on s'en tape, et on chante tous en chœur « girls » et ses rimes stupéfiantes.
(minette, bec, jupette, braguette, soubrette).
Chacun peut y arriver, en faisant un effort.
Le vrai problème, c'est donc la musique. Difficile de trouver un consensus.
Bien sûr elle est efficace, mais le rap-métal divise. Tout le monde ne goûte pas l'ivresse incomparable de ce mélange abrupt. D'un côté les esthètes vont réclamer plus de technique et de maîtrise des instruments, de l'autre les puristes vont déplorer l'absence de chaleur et de feeling.
C'est vrai. Ce style hybride n'a d'autre intérêt que l'enthousiasme et l'énergie, au premier degré, à la première écoute. Une sorte d'efficacité instantanée et éphémère.
Et tout qu'on peut répondre aux détracteurs, c'est que Enhancer sait varier les plaisirs.
Pour un « Hot » agressif et roboratif, avec Kool Shen volubile pour la crédibilité rap, on a un « Street Playground » plus accessible et plus sombre, tout en tension et en retenue.
Mais c'est ce qui va chagriner les intégristes du néo-métal : cet album est finalement assez… commercial.
Deux très bons morceaux comme « Electrochoc » et son rythme massif et rampant, et le tubesque « A 100 à l'heure », radicalement pop, n'ont rien de forteresses imprenables. On peut les gravir sans souffrir, et redescendre sans se presser. Et siffloter les refrains le reste de la journée.
On le voit bien, le groupe ne va donc pas convertir ceux qui le haïssent déjà, et il va sans doute perdre quelques fans autoproclamés « hardcore » en chemin (être fan « hardcore » du « rapcore », c'est pas du luxe).
Au final, pour aimer ça, il reste qui ?
Ceux qui n'ont pas envie de snober cette musique par principe – juste parce qu'elle sait se vendre – et qui acceptent d'en reconnaître les qualités.
Si on regarde les chiffres, ça fait un paquet de monde. Avec pas mal de turn-over, sans doute, étant donné le côté assez fugace du plaisir ressenti.
Et ce n'est pas non plus par condescendance, ni parce qu'ils sont français et qu'il faudrait les soutenir. Ce groupe compose une musique qui peut être appréciée pour ce qu'elle est.
C'est vite écouté, vite consommé.
Mais le talent d'Enhancer est là : plaire, ici et maintenant.
Pas demain, ce sera trop tard.
D'ailleurs, ceux qui aiment aujourd'hui Electrochoc s'en seront lassés dans quelques jours.
Pas grave, ils seront remplacés par d'autres.
Ce sera à leur tour de ricaner et de remuer en écoutant « Toxic » (« tu t'es vu quand t'as pas bu ? »).
Personne ne dit que c'est le fin du fin, mais on ne va pas non plus se planquer avec le disque sous le bras ou raser les murs.
Clairement, c'est leur disque le plus accessible, et donc sans doute le meilleur. C'est costaud, rustaud, pas toujours élégant, mais chaque chanson est carrée et franche. C'est mieux que Kyo, que Superbus, que Luke et toutes ces horreurs empilées comme un bric à brac sur le trône trop grand laissé vacant par Noir Désir.
C'est du rap-métal, d'accord. Les rimes craignent, d'accord.
Mais c'est aussi du rock français, en français, et bon pour le service : personne n'a jamais dit qu'il était question d'une œuvre d'art intemporelle et définitive.
Faites la fine bouche cinq minutes, et puis allez écouter « Mes potes ».
(canapé, frigidaire, soirée, galère…).
C'est quand même mieux que « Caravane », non ?
"plusieurs avis valent mieux qu'un"
Rechargez les accus, revoilà Enhancer avec Electrochoc. Le groupe le plus rap de la Team Nowhere est de retour des studios d'Elementree, le label de Korn, avec l'envie d'enflammer les kids et de faire taire tous ses détracteurs après un Street trash en demi-teinte. Mettons fin au suspense, le groupe francilien a réalisé là son meilleur album niveau qualité et cohérence des titres. Alors que l'on n'écoutait qu'une piste sur deux sur les autres opus, chaque morceau d'Electrochoc est à écouter. Ils devraient même en satisfaire un grand nombre au vu de leurs différents styles. Le voyage en Californie leur a fait le plus grand bien et la participation de Tim Harkins (ingénieur sur Untouchables de Korn, pour RATM ou Black Sabbath) ne doit pas être étranger à cet état de fait. La production est monstrueuse pour un groupe français et tous les titres sentent bon l'énergie et le délire que le groupe arrive pour une fois à maîtriser de bout en bout, ou presque.
Le combo francilien n'a pas changé mais a évolué. Son metal aux forts accents rap ou hip-hop est toujours de la partie mais il est désormais plus dur de définir la musique d'Enhancer tant les titres d'Electrochoc partent dans toutes les directions. On sent ainsi que le hip-hop californien et que la musique électronique ont eu une grosse influence dans la composition de l'album. En parlant de hip-hop, l'opus commence sur le flow écorché de David Banner qui rappe sur des nappes sombres à la Cypress Hill avant que les guitares ne déchirent l'air pour ouvrir Hot, le titre le plus dévastateur et marquant d'Electrochoc. Voilà du pur Enhancer qui semble tout droit tiré de Et le monde sera meilleur avec ses couplets rap qui partent dans tous les sens, son refrain monstrueux et son break qui tue, sans oublier la participation de Kool Shen, totalement dans le rythme. Rythme, le mot est lancé et colle parfaitement au groupe qui a vraiment travaillé cet aspect en rajoutant de nombreux effets tout au long de l'album afin de booster leur énergie naturelle. Le single Dirty dancing le prouve, groovy à souhait, et produira son petit effet lors de chaque prestation scénique avec ses paroles délirantes et entraînantes à souhait. Dans un genre qu'on leur connaît, c'est-à-dire rap, excité et lorgnant davantage sur le néo, Fat et Toxic plairont également à tous leurs fans.
Le reste, plus novateur de la part Enhancer, mérite d'autant plus toute notre attention. Le groupe a réussi à faire évoluer des chansons à la Fat pour le plus grand bien de cet album. Les franciliens sont capables dans Street playground et La pression, comme c'était déjà le cas sur l'excellent Ma musique, d'écrire de très bon titres hip-hop plutôt sombre où les grosses guitares viennent casser la baraque. La musique électronique est aussi de la partie dans le détonnant Girls dont le refrain et le pont dévastateurs, très indus, mettent tout le monde d'accord. Electrochoc possède également une base électro mais peine à séduire, trop répétitive et manquant de punch. Ce n'est pas le cas de A cent à l'heure dont le titre est particulièrement bien choisi. Davantage punk-rock avec des chanteurs qui se mettent à chanter, les couplets de sa première partie sont incontournables et il est dommage que le titre peine à sa terminer. Dans West side de Paname, ils se permettent même de faire du country rap très sympa. Au final, seul Mes potes, très calme et au rap posé, reste un peu au travers de la gorge. On soulignera tout de même la participation de Marz, un rappeur ancien guitariste de Ministry et première signature d'Elementree, qui apporte énormément à la partie hip-hop de l'album.
Enhancer vient de signer avec Electrochoc son meilleur album. Certes, on ne retrouve le groupe qu'on aime, celui de Et le monde sera meilleur, que sur un seul titre mais le reste vaut largement la peine d'être écouté. Mieux produit, plus abouti, plus varié, sans temps mort et à l'énergie communicative, Electrochoc s'annonce comme un des disques rock de l'année malgré ses quelques passages un peu faciles.

Format : MP3 (320 Kbs)
durée totale : 54 mn 30 s
présence pochette & livret : non
les titres de l'album :
1. Intro
2. Hot
3. Dirty Dancing
4. Street Playground
5. Girls
6. Mes Potes
7. La Pression
8. Fat
9. Toxic
10. Electrochoc
11. À 100 à l'Heure
12. West Side De Paname
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