C'est en 1972 que l'aventure Twisted Sister débute. Jay Jay French forme Silverstar et prend la place de guitariste. Moins de 3 mois après les débuts, Silverstar devient Twisted Sister. Le groupe fait peu d'émules à cette époque tandis que le line-up se stabilise avec l'arrivée d'Eddie "Fingers" Ojeda, ami d'école de French, en tant que chanteur guitariste et ancien membre de SPV, ainsi que Kevin John Grace au poste de batteur. Peu après arrive Kenny Neill à la basse et Twisted Sister prend la route Glam, sillonnant les clubs locaux.
Début 1976 voit l'intégration de Dee Snider en tant que chanteur et de Tony Petri à la batterie, orientant le groupe vers du Hard Rock toujours aussi maquillé. Les shows se font petit à petit une réputation autour des prestations de Dee Snider, mais aucun label n'accepte de signer le groupe. Pas découragé, le combo sort son premier single I'll Never Grow Up Now sur son propre label, suivi en 1980 par le second Bad Boys (Of Rock&Roll). De multiples changements de line-up ont lieu, se stabilisant autour de Mark Mendoza (The Dictators), Dee Snider, Jay Jay French, Eddie Ojeda et A.J. Pero. Finalement, un petit label anglais, Secret Records, signe le groupe en avril 1982. Un premier EP sort en juin de la même année, Ruff Cuts, suivi de peu par Under The Blade, premier album produit par Pete Way (UFO). Même si le succès suit peu, Twisted Sister ouvre pour Motörhead et songe sortir un nouveau single. Malheureusement, Secret Records met la clef sous la porte. Entre-temps, les Américains accentuent leur look et leur son. Finalement, Atlantic Records (ACDC, Ray Charles, Keith Jarrett) signe le groupe et leur offre la possibilité de sortir son second album You Can't Stop Rock'N'Roll en 1983. Un single du même nom est martelé un peu partout et le LP gagne peu à peu en succès.
La renommé internationale arrive avec Stay Hungry (1984), plus accessible que les précédents, suivi par une tournée assez conséquente au cours de laquelle un jeune groupe du nom de Metallica ouvre les festivités. 2 millions de copies sont vendues en quelques mois et de nombreux clips déboulent sur MTV : We're Not Gonna Take It ou I Wanna Rock, le tout avec des images décalées et des réactions assez outrées de la part des organisations conservatrices. Néanmoins, comme toute bonne chose à une fin, le successeur de Stay Hungry, Come Out And Play, rencontre moins de succès et voit même une vidéo se faire bannir de MTV. La tournée ne remplit pas ou peu les salles et de nombreuses dates sont annulées. Pero en profite pour rejoindre Cities et est remplacé par Joey Franco (Good Rats). Snider se lance dans un projet solo (avec différents musiciens dont certains de Winger ou Kix) qui finalement sera vendu sous le nom de Twisted Sister Love Is For Suckers, bien que le groupe n'aie rien enregistré. Plus de maquillages, peu de ventes, un son moins rock... Snider quitte le groupe fin 1987 et Atlantic rompt le contrat. C'est la fin de Twisted Sister.
Les membres ne fuient pas l'univers musical puisque divers projets prennent forme : Desperado, Scarecrow, Blackfoot ou encore Prisonners of War.
En 1992, Atlantic, qui possèdent encore les droits, sort un Best Of et un Live histoire de faire reparler de Twisted Sister. Puis, 6 ans plus tard, le combo enregistre un morceau pour un film, Strangeland. Spitfire Records réédite la discographie avec quelques inédits et des démo. Un album Tribute avec Hammerfall, Overkill ou Cradle Of Filth se glisse un chemin vers les bacs, avec une reprise de ACDC par Twisted Sister, Sin City. 2001 annonce le retour sur scène des Américains lors d'un concert en l'honneur des victimes du 11 Septembre et suite à de nombreuses demandes, les musiciens se lancent dans une tournée, entrent en studio pour ré-enregistrer Stay Hungry, qui deviendra Still Hungry, fournissent CDs et DVDs live (Live and Wacken) ainsi qu'apparitions télévisées. Depuis, les prestations se suivent et se ressemblent, tandis que de nombreuses rumeurs d'un nouvel album apparaissent sur le net...
Genre : Heavy Metal / Glam / Hard Rock Origine : Long Island, New York
line-up : Dee Snider : Chant Mark Mendoza : Basse A. J. Pero : Batterie Eddie Ojeda : Guitare Jay Jay French : Guitare
Critique de l'Album
Ah, TWISTED SISTER. Le groupe polémique par excellence, le fer de lance de toute une génération. Ici nous commencerons l’histoire de ce groupe hors normes là où elle a commencé, avec son premier album qui sera aussi son premier succès, "Under The Blade". En 1982 le Metal tendance Glam en est encore à ses balbutiements et TWISTED SISTER fait figure de précurseur. Groupe anticonformiste par excellence, ses membres se déguisent en femme, portent du maquillage, optent pour une attitude obscène et provocante, militent pour libérer la jeunesse étasunienne du carcan conservateur. Aux côtés de MÖTLEY CRÜE, TS a forgé une nouvelle génération de fans, et s’est vite attiré les foudres des associations de parents et autres lobbies réactionnaires typiquement nord-américains. La suite est connue (voir les chroniques suivantes).
Pourtant TWISTED SISTER, c’est avant tout un gros délire burlesque. Et si ce groupe doit son image de combo crado et déjanté à quelqu’un, c’est bien à son chanteur. A l’heure où j’écris ces lignes plus personne n’ignore à quoi se rapporte le nom de Dee Snider. Carrure de rugbyman, chevelure blonde hirsute, sourire démoniaque, énergie débordante… Ceux qui ont vu le groupe en concert savent à quel point Snider est un excellent frontman, sans doute l’un des meilleurs de toute l’histoire du Hard Rock et du Heavy Metal. A une époque où l’image compte autant que le son, Snider a donné à son groupe une identité, une marque de fabrique qui en a rapidement fait une valeur sûre et, finalement, une véritable légende du Rock’N’Roll.
Mais TWISTED SISTER c’est aussi de la très bonne musique, et "Under The Blade" en a d’emblée apporté la preuve. Neuf titres, quarante minutes de musique. Un vinyle bien rempli pour l’époque ! Bien que ce premier effort n’ait jamais permis à ses géniteurs d’atteindre les pics de popularité qu’ils atteindront plus tard avec le désormais culte "Stay Hungry", il recèle déjà tous les ingrédients qui alimenteront des années durant la recette de la sœur tordue.
Il y a quelque chose de Punk dans ce premier album. Outre les paroles et la provoc’, c’est avant tout la guitare grasse et âpre de Jay Jay French, l’un des principaux compositeurs du groupe, qui donne cette impression. Bien que forgé dans un esprit purement Hard Rock, "Under The Blade" s’est sans aucun doute vu insuffler un fond particulièrement "créteux", pour un résultat qui s’inscrit au final très clairement dans la tendance Heavy Metal, comme une sorte de BLACK SABBATH festif. Un titre macabre en mid-tempo comme "Destroyer" se rapproche beaucoup de cette interprétation du style de TWISTED SISTER.
Showman rarement égalé, Dee Snider n’en est pas moins un excellent vocaliste. Très expressive et malléable, capable d’explorer des registres très divers, la voix de la coqueluche du couple Gore colle parfaitement à la marque du groupe. Dès les premières secondes de "What You Don’t Know", Snider imprime son style et offre à TWISTED SISTER ses lettres de noblesse. On ne retrouve pas encore de brulots capables de casser indéfiniment la baraque comme "I Wanna Rock" et "We’re Not Gonna Take It". Mais ce premier skeud comporte déjà un certain nombre de ce qui deviendra à force des classiques du groupe, comme le titre éponyme, "Destroyer" et bien entendu la piste d’ouverture que je viens d’évoquer, autant d’hymnes fédératrices résolument inimitables.
Outre cette empreinte caractéristique qui en fait vraiment un groupe unique en son genre, j’ai toujours beaucoup apprécié chez TWISTED SISTER l’homogénéité de leurs albums, leur cohérence et leur équilibre. Ici vous découvrez neuf pistes, toutes excellentes bien que diverses du point de vue des ambiances et de la session rythmique, et aucune ne vient plomber l’ambiance. Ça donne logiquement corps à une galette très solide qui ne peut être vraiment saisie que dans son intégralité et pas sur la base de morceaux choisis. Aucune chance de trouver LE tube qui cache la forêt, tous les titres sont des hits en puissance !
Aucune chance de ne pas prendre son pied avec "Under The Blade", qui s’avère être d’un excellent niveau pour un premier essai. A la fois enjoué, lourd et âpre, mais aussi Heavy, Punk, mélodique et crado, le tout premier effort studio de TWISTED SISTER est une véritable machine à botter les culs, et vous ne serez sans doute pas surpris de vous retrouver à reprendre en chœur les refrains de "Shoot ‘Em Down" ou de "Tear It Loose" après avoir headbangué comme il se doit à l’écoute des rythmiques endiablées de "Run For Your Life". Négligé à tort par le grand public mais véritable chouchou des fans, "Under The Blade", un poil moins bon que "Stay Hungry" mais bien meilleur que "You Can’t Stop Rock’N’Roll" a vraiment tout ce qu’il faut pour rallier à sa cause les vrais rockeurs qui emmerdent le système ! Incontournable !
"plusieurs avis valent mieux qu'un" Twisted Sister. Aujourd’hui, ce nom est connu de tous les amateurs de musique musclée ou du moins, tout ceux qui se retrouvent sur ce site. Le groupe est même carrément devenu culte. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.
Car, on le sait moins, Twisted Sister a connu des débuts bien difficiles. C’est sous le nom de Silver Star que ce qui va devenir Twisted Sister voit le jour en 1972. L’année suivante, les musiciens qui le composent accueillent en tant que guitariste un nouveau membre, John Segall (alias Jay Jay French). Celui-ci venait d'auditionner pour un certain Wicked Lester, un autre petit groupe new-yorkais, qui connaîtra un certain succès l'année suivante sous le nom de Kiss. C’est à ce moment que Silver Star change de nom pour Twisted Sister. Après de multiples changements de musiciens, Jay Jay se retrouve également en charge des vocaux. En 1975, c'est Eddie Ojeda, un ami de longue date de Jay Jay, qui rejoint le groupe en tant que second guitariste et second chanteur. Le groupe est alors surtout influencé par le Glam Rock (Slade, Mott The Hoople, David Bowie, New York Dolls). C'est en 1976 qu'est engagé Daniel "Dee" Snider en tant que chanteur. Avec lui, Twisted Sister prend une direction plus heavy (AC/DC, Led Zeppelin, Alice Cooper sont alors les influences principales), tout en restant fan du mouvement Glam. Le groupe commence à pas mal tourner aux States et se fait connaître. Ce n'est qu'en 1982 que le line-up définitif voit le jour avec l'arrivée de AJ Pero à la batterie et Mark Mendoza à la basse. C'est à cette époque aussi que le groupe travaille son image avec des maquillages outranciers, rappelant les groupes de glam mais en plus moche.
Et c'est donc seulement en 1982, soit dix ans après la création du groupe, que paraît leur premier album, Under The Blade. L'album est produit par Pete Way de UFO mais possède un son assez faiblard, défaut qui sera corrigé sur la seconde version de l'album, réédité en 1985 par Atlantic Records et qui comprend un titre en plus, I'll Never Grow Up Now!, un morceau datant de 1979. Cet album, intitulé Under The Blade (un de leurs plus vieux titres) sert donc de carte de visite aux sœurs tordues. Et malgré les apparences dues au look des musiciens, il ne fallait pas s’attendre à écouter un album de Glam. Le premier morceau, What You Don’t Know (Sure Can Hurt You), sorte de croisement entre AC/DC et Judas Priest fin années soixante-dix/début années quatre-vingt, montre un groupe bien plus heavy que l’image qu’il donne. La voix de Dee Snider ne manque pas d’agressivité et de puissance et les deux guitaristes envoient des duels de guitares sur les solos, assez typiques de la NWOBHM. L’influence AC/DC devient flagrante sur le riff qui mène Shoot ‘Em Down et dans une moindre mesure sur Day Of The Rocker. Si bien que quand le groupe reprendra du AC/DC (Sin City), on ne verra pas une si grande différence. Certains riffs, plus heavy, (Bad Boys, Under The Blade) ne sont pas sans rappeler le Priest de Point Of Entry (l’album le plus américanisé des Anglais à l’époque). Bien lourds sont des titres comme Run For Your Life, Day Of The Rocker ou Destroyer. Le groupe aime aussi le tempo un peu speed comme le prouvent Sin After Sin et surtout Tear It Lose où un invité de marque, Fast Eddie Clarke (Motörhead), vient poser un solo. Non vraiment, ces soeurs-là aiment le Metal, le vrai ! Un mot sur le morceau rajouté sur la seconde édition, I'll Never Grow Up Now!, plus léger avec refrain hyper fédérateur (un genre de We’re Not Gonna Take It avant l’heure), à se demander pourquoi il n’avait pas été ajouté à l'album dès sa première édition.
Si à sa sortie cet album n’a pas connu un succès foudroyant, il s’est bien rattrapé trois ans plus tard lors de sa réédition, profitant du succès du tout récent Stay Hungry. Under The Blade, comme presque tous les albums du groupe (du moins, tous du premier au quatrième inclus) est un incontournable du Hard Rock américain. A posséder !
une petite idée, alors Youtube est votre ami :
Format : MP3 (320 Kbs) durée totale : 39 mn 58 s présence pochette & livret : non
les titres de l'album : 1. What You Don't Know 2. Bad Boys 3. Run for Your Life 4. Sin After Sin 5. Shoot 'Em Down 6. Destroyer 7. Under the Blade 8. Tear It Loose 9. I'll Never Grow Up, Now 10. Day of the Rocker
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