Nelson Goerner, né le 9 mai 1969 à San Pedro (Argentine), est un pianiste argentin. Nelson Goerner obtient en 1986 le premier prix du Concours Franz Liszt de Buenos Aires, et rencontre la même année Martha Argerich. À l'issue d'études au conservatoire de Genève auprès de Maria Tipo, il obtient en 1990 le 1er prix au Concours international d'exécution musicale de Genève. Il a joué depuis sous la direction de chefs d'orchestre comme Armin Jordan, Andrew Davis, Emmanuel Krivine, Neeme Järvi, Frans Brüggen et en formation chambriste avec notamment le Quatuor Takács et Vadim Repine...(...page Wiki...)....(...WebSite...)
« Coloriste sophistiqué, virtuose cérébral, Nelson Goerner met pourtant à nu les failles, les flottements, les foudres des passions dans le labyrinthe de Chopin » écrivait DIAPASON à l’occasion de la sortie des Préludes en 2015 (Diapason d’Or & Choc de Classica). Sérénité, équilibre, clarté, respiration jalonnent les chroniques des disques et des concerts du pianiste argentin qui signe ici son cinquième enregistrement solo chez Alpha. Il embarque pour une intégrale des Nocturnes, sommet de la poésie chopinienne. Ces 21 miniatures accompagnent Chopin pendant une bonne partie de sa vie puisqu’il les compose entre 1827 et 1848. Hommages au Belcanto italien, les Nocturnes expriment la rêverie mais aussi la complexité des sentiments et une profondeur qui va bien au-delà de la simplicité apparente de ces pièces. Le sens de la mélodie et du tempo de Nelson Goerner fait merveille dans ces pages qu’il a enregistrées dans le cadre idéal de la Salle de Musique de La Chaux de Fonds en Suisse..(Alpha)
Qu’est-ce qu’un nocturne ? Difficile d’en donner une définition précise, tant cela dépend du compositeur. On doit à l’Irlandais John Field (1782-1837) l’invention de cette forme musicale, avant que Frédéric Chopin ne s’en empare et la pousse dans ses retranchements expressifs – au grand désarroi de Field, qui estimait les trouvailles de son cadet « bonnes pour l’hôpital ». Aujourd’hui, on ne peut qu’admirer la liberté harmonique et rythmique de ces « poèmes-prières de la nuit », selon l’expression de Jean-Yves Clément (1) , pour qui les Nocturnes de Chopin « chantent le silence de l’âme, quand celle-ci se replie sur elle-même ». C’est bien de chant qu’il est question dans ces miniatures pianistiques, plus précisément de bel canto bellinien, rossinien et donizettien, dont Chopin fut un admirateur éperdu, et que l’on retrouve dans le jeu lyrique et raffiné de l’Argentin Nelson Goerner. A cet artiste au goût très sûr, on devait déjà une superbe intégrale des Préludes. Le voici qui récidive avec la totalité des vingt et un Nocturnes, sans que jamais la monotonie guette, puisque chaque pièce constitue un univers en soi. Un double album aussi poétique et lumineux qu’une nuit de pleine lune....(...source...)
Chopin aurait-il aimé ce nième enregistrement de ses Nocturnes? Bien sûr, Nelson Goerner possède un toucher d'une délicatesse infinie, produit des sons que l'on est tenté de qualifier de diaphanes. Bien sûr, sa maîtrise de la technique et de l'univers du Polonais transcende tout ce qu'il exprime. Bien sûr... Et pourtant, pourquoi n'est-on pas pleinement satisfait? Chopin, en effet, ne se limite-t-il qu'à ces accents presque toujours doux, voire doucereux? Claudio Arrau, dans une autre galaxie, nous a montré une vie intérieure intense, un monde de douleur rentrée, tout cela avec une désarmante simplicité, jusque dans la moindre inflexion. L'évidence qui émanait de ces interprétations de légende ne se retrouve pas au même titre chez Goerner. On n'y retrouve pas cette sorte de balancement, ce naturel, si irrésistibles chez le pianiste argentin, pas plus que son extraordinaire talent de conteur qui tient l'auditeur en haleine. Ici, chaque pièce est abordée en dehors de tout contexte narratif. Et pourtant, le caractère en fin de compte bien énigmatique des Nocturnes qui semblent toujours comme en équilibre précaire sur une corde raide, a souvent nourri l'imagination d'artistes dont les affinités avec le compositeur ne sont plus à souligner. La superbe de Rubinstein, la perfection chaleureuse de Perahia, la tendresse de El Bacha, l'aristocratie de Pollini, la poésie de Moravec, la liberté sans limites de Samson François ou le somptueux romantisme de François Chaplin ne sont que quelques-unes des approches qui ont peu à peu révélé ces merveilles dans toute leur plénitude. En regard de ces options, Goerner pourra passer pour un contemplatif discret, objectif et réticent à toute expressivité trop marquée. Le choix pour l'un ou l'autre sera question de goût. Face à cette pléthore de si haut niveau, on ne peut qu'espérer que ce pianiste majeur de notre époque saura imposer sa propre vision et apporter durablement sa petite pierre à l'édifice des Nocturnes....(...source...)
Le profil d'interprétation décisif et absorbant que Nelson Goerner a apporté à sa première sortie de Chopin en EMI en 1997 s'est peut-être atténué au cours des dernières décennies, mais il imprègne indéniablement cet ensemble de Nocturnes. Goerner privilégie généralement les tempos animés, ou du moins les tempos qui semblent animés en raison de la projection galbée du pianiste des accompagnements tournants de la main gauche. Ceux-ci fournissent à leur tour un centre solide à partir duquel les cantelinas de droite prennent une aile imaginative, avec des phrasés et des accentuations qui évitent à tout prix l'équerrage. Les trois op. 9 œuvres et le Nocturne en ré bémol op. 27 No. 2 gagnent le dynamisme sans sacrifier la nuance lyrique, tandis que l'op. 15 L'écriture décorative n ° 2 bénéficie d'une plus grande variété d'articulation que ce qui est commun aujourd'hui. Peut-être op. 48 octaves torrentielles descendantes n ° 1 manquent de la brillance coupante et de la force de la version antérieure de Goerner EMI, et on pourrait imaginer plus d'intensité dans l'op. 27 Le point culminant central des principaux majeurs. Cependant, Op. La section centrale de la valse 32 n ° 2 s'ouvre de manière corsée, et op. 72 n ° 1 se déroule avec une indépendance plus linéaire que d'habitude. Op. 37 Les tierces célèbres de No. 2 sont lisses et rondes, bien qu'il ait fallu plusieurs audiences pour l'approche presque réticente de Goerner à l'Op. 55 pages d'ouverture n ° 1 pour faire son affaire (je suis convaincu à 75 pour cent!). Mais la mobilité et le point avec lequel Goerner démêle l'op. Le web contrapuntique de 55 No. 2 me gagne. L'op. 62 Les nocturnes sont plus confinés et moins fantaisistes que les précédentes versions live de Goerner tirées de son récital de Wigmore Hall en 2009. Bref, les Nocturnes de Goerner ne peuvent pas remplacer vos favoris (les miens incluent Moravec, Freire, Arrau et Pires), mais vous ne regretterez pas de leur avoir fait de la place dans votre collection....(...source en anglais...)