C'est à la fin des années 70, sous l'impulsion de l'excellent groupe de Rennes, Marquis de Sade, que la scène coldwave française voit le jour. Pas étonnant, en considérant les similitudes culturelles entre Bretagne et Grande-Bretagne, que le mouvement ait démarré là-bas. Seulement attention ! Bien que nos artistes français aient toujours tendance à (mal) copier ce qui se fait outre-Manche et outre-Atlantique, il serait très injuste de parler de suivisme pour les Marquis de Sade. La bande à Philippe Pascal fut probablement la formation rock la plus novatrice que nous ayons eue. Dans la foulée, au fil des années 80, émerge un tas de petits groupes d'excellente facture, entre autres : KaS Product, Trisomie 21, Little Nemo et Asylum Party. Pourquoi a-t-on un peu oublié Asylum Party aujourd'hui ? Plusieurs raisons. D'abord le groupe commence à se produire quand la vague retombe un peu, c'est-à-dire à la charnière des années 80-90. Ensuite, comme leurs prédécesseurs, quasiment tous leurs textes sont écrits dans la langue de Shakespeare, ce qui, à l'époque, était très mal perçu par les radios et maisons de disque. Enfin, là encore comme Marquis de Sade, leur existence éphémère. A croire que les artistes, lorsqu'ils chantent la Mort, sont voués à peu durer. Sur ce, voici un morceau de Boderline, deuxième et avant-dernier album de Asylum Party, sorti en 1989, et ce morceau s'intitule The Sabbath. Si vous ne connaissez pas, par curiosité, jetez une oreille. Ces gars-là avaient un son. Ces gars-là avaient du style.