The Avalanches est d'abord appelé Alarm 115, un groupe de punk bruyant inspiré de groupes comme The Animals of Steel, Drive Like Jehu, The Fall ou Ultra Bidet. Les membres du groupe (Darren Seltmann, Robbie Chater, Tony Diblasi et Manabu Etoh) achètent tous leurs instruments dans des bazars, où il trouvaient également des piles de vieux disques. Puis Etoh est expulsé, Alarm 115 cessa d'exister et ces disques deviennent le cœur d'un nouveau projet. Chater, étudiant en cinéma à l'Université RMIT, avait accès au studio musical qui s'y trouvait, et s'y rendait avec Seltmann pour transformer des vinyls en cassettes de démo de 30 secondes sous le nom de Pan Amateurs.
En 1997, un nouveau groupe est monté (ave Seltmann, Chater, Diblasi et Gordon McQuilten) pour jouer les morceaux en direct à partir du mois de juillet, sous le nom de Swinging Monkey Cocks. Leurs premières représentations sont données sous quatre noms différents. Leo Silvermann les signe à son label, Rex Records, pour la sortie britannique de leur EP Undersea Community, en mars 1999. Le statut du groupe s'améliore lorsqu'il tourne avec les Beastie Boys, Public Enemy, Stereolab, et Beck. Le groupe joue au Tibetan Freedom Concert de Homebush, à Sydney. James Dela Cruz est ajouté sur scène pour les claviers et les platines, et fait des débuts avec le groupe au Palace, St Kilda, en soutien à Public Enemy. En septembre 1999, Modular Recordings publie leur EP quatre titres Electricity en Australie (12") et sa version britannique deux titres (7").
Début 2001, tout le monde entre en studio pour l'enregistrement du premier album Since I Left You. Après 16 ans d'absence, il ont sortis un nouvel album en 2016.
line-up : Darren Seltman : brass band / vocal / samples (Yamaha Promix 01 and Akai S2000) Robbie Chater : samples (Yamaha Promix 01 and Akai S2000) Gordon McQuilten : piano / percussions Tony Diblasi Dexter Fabay James De La Cruz : platines
L’histoire du disque des The Avalanches est assez drôle. La pré-version, forte d’une centaine de Samples, et faute d’autorisation, a été retirée en urgence avant que le disque sorte dans le monde entier 2000. C’était avant que le missile des 2 many Djs popularise l’exercice comme jamais, avant la maison de disque de Britney Spears soit prête à filer du fric pour qu’un morceau apparaisse dans un disque de Mash-up. Le disque est refait et ressort début 2001. Certains parties sont effacées, d’autres rejouées. Cette version traîne à prix d’or dans certains magasins adeptes de rareté. Ne cherchez pas le coté Blind Test partouzeur géant, ce disque, a l’instar du premier Dj Shadow, construit des morceaux, de vrais morceaux, à partir de sources obscures parfois bien inconnues. En écoutant Since I Left You, on en identifie une demi douzaine tout au plus. En lisant la liste (les yeux rendent l’âme tant c’est écrit en petit) présente dans la pochette, on en distingue à peine plus.
Critique de l'Album
Attention! Chef d'oeuvre!!!
En 2000, année assez déprimante musicalement, sort de nulle part cet ovni, un album, fruit du travail d'une bande de mélomanes australiens complètement barrés, aussi magique que fou, aussi gargantuesque que beau. Un album-chanson qui s'écoute du début à la fin avec un plaisir inoxydable. Composé d'environs 900 samples de musique, de dialogues de film ou de bande son (bon courage messieurs les avocats de la maison de disque...), Since I Left You est un joyeux fourre-tout où se cotoyent rythmique hip-hop, basse disco, choeurs soul et citations cinématographiques. Cette description forcément réductrice ne doit pas cacher le but ultime de cette musique foisonnante d'idées et de talent : faire bouger les têtes et déhancher les bassins!!! D.A.N.C.E. comme on dit en 2007...
L'absolue richesse de l'album se trouve dans la maestria des musiciens à empiler les couches, enchaîner les cuts et retomber toujours sur leurs pattes, sans craindre de frôler parfois le ridicule... ... Plage 13 : "Frontier Psychiatrist"... Hénissement de cheval au galop, mélodie de Lawrence of Arabia, la rythmique hip-hop déboule sur des répliques de vieux films "You're a nut, You're crazy in the coconut!!!", un orchestre symphonique usine en arrière plan, solo de scratches dément... Un ovni parmi les étoiles. C'est simple, 7 années après, je ne m'en suis pas remis. Une chanson dantesque, fourmillant de milles idées toutes plus fun les unes que les autres. Le joyau absolu, la perle...
The Avalanches ont depuis cessés d'émettre : hormis quelques rares remix à droite à gauche, ce Since I Left You est le premier et seul témoignage du génie de ces furieux wallabies. Comme si, après ce majestueux premier jet, la peur de décevoir ou de simplement se parodier les a plongés dans un mutisme insoutenable. Mais qui en ferait autrement? "Since I left you, I've found a world so new..."
"plusieurs avis valent mieux qu'un" Le tour de force de The Avalanches c’est de nous faire oublier, des le premier titre, que le disque repose sur du Sampling compulsif dans une démarche semblable à nos excellents Birdy Nam Nam sévissant quelques années : Since I Left You, morceau titre et ouverture du disque, étonne. Parce qu’il fait presque office d’alien à la première écoute. Et qu’il se révèle tout simplement comme une vraie composition, un morceau pop tout guilleret, qui se révèle en amont être une vraie pyramide de sons et samples. La voix charme, les beats courent en second plan, les bouts de dialoguent copulent, la flûte nous fait voler dans le ciel, donnant un tout foncièrement optimiste. On a envie de sourire, d’ouvrir les bras en dansant dans les feuilles mortes et se rouler nu dans l’herbe. Pourtant le rythme est bien présent, prend de l’ampleur, sorte de break compressé, avant de se retirer par vague, laissant les violons faire la ronde autour de la chanteuse. Faire attention. Une ambiance commence à se faire entendre, à parasiter cette jolie litanie (accompagnée, à sa sortie d’un superbe clip), révélant l’autre force de ce disque : ses transitions.
Dans cette jungle de sons, les ambiances fluctuent de pistes en pistes, tout en gardant une évidente cohérence. C’est assez drôle, pour passer d’un morceau à un autre, le disque donne l’impression de nous faire passer d’une salle à une autre, comme un Macumba géant reliant vingt salles par des couloirs. On quitte une ambiance pour débarquer sur une autre, mais entre temps, un sas, où la musique se fait sourde, permet de délaisser une fête pour embrasser la suivante. Comme à travers un mur, le son, assourdit par le béton, se fait de plus en plus clair au fur et à mesure des pas, avant d’éclater en pleine gueule à l’ouverture de la porte.
Stay Another Season laisse la chanteuse précitée s’éteindre, chanter au loin, alors qu’un hiphop latin fait son entrée, joyeux, bien balancé, pour chuter sur mélodie belle comme la nuit, à te tirer les larmes. Le beat reprend son entrain, un piano s’envole, un hennissement de cheval sert de scratch (??), c’est beau, ça tue. On change de salle, Radio fout une mandale House-electro, vrai tube, permettant de faire le beau en claquant des doigts. Grosse saturation, instruments giclant de partout, un sample vocal (semble t’il la même voix que sur le premier morceau) transforme le titre en hymne, ça fourmille de détails, ça change tout le temps, tout en nous en nous donnant une insatiable envie de danser. Et l’enchaînement cultissime continu, enfilant les phases comme des perles, entre ce Two Hearts in ¾ Times qui démarre sur un vieux jazz crépitant pour partir dans une trip-hop song lumineuse, pleine de courbes, avant d’échouer sur une drum & bass soutenue et hargneuse. Dégagé de toutes préoccupations de style, le disque passe d’un interlude Hip-hop lardé de scratchs à une grosse pièce électro, rouleau compresseur tubesque qu’est Flight Tonight| tabassant avec ses basses énormes, des yeeeaaah très rave et ses bleeps acid. Tiens, le morceau se ralenti, les breaks s’emballent, et l’on part dans un hip-hop bien déstructuré, habité par le Saïan Supa Crew ( ?!? ), pour débarquer sur Close To You dans une électro déjantée, super joyeuse, bourrée d’instruments, de trompettes, de scratchs, de conneries, de dialogues, de rythmes pachydermiques. C’est la grosse fiesta, ça explose de partout, et ça repart dans un refrain pop à faire frémir, pour finir sur un coup de crosse escarpé et rigolard.
The Avalanches arrivent même à nous arracher la colonne vertébrale sur certains morceaux, comme A different feeling : le Funk barré ouvrant le titre, bariolé de couleurs, laisse une jolie voix s’immiscer dans la transe. Un synthé effarant débarque, décrit une grosse parabole et vous soulève dans les airs. C’est énorme, on hésite à lever les bras en criant ou à regarder ce tableau défoncé prendre vie, partir en vrille, amuser et fasciner dans le même mouvement. Et Vlan, tout s’effondre, un piano et un violon débarquent pour cracher une mélodie sublime. Ils s’enlacent, ils montent vers la lune, épouse un rythme qui revient à la charge, pour s’éteindre doucement. Une chorale débarque, chant cristallin, les anges se posent, ouvrent leurs ailes, et défoncent les portes d’un paradis se révélant en Nightclub puant de sueur, basculant sur un gros tube imparable, charclant les voix célestes sur un dancefloor mué en échafaud. Au fait, on est déjà sur Electricity depuis quelques temps et tout le monde fait du roller en maillot de bain sur les plages de Miami.
Tous les morceaux ont cette petite touche géniale, agissent comme de vraies compositions à tiroir, déversant des idées au kilomètre, sans jamais casser la dynamique du morceau, ni de l’album en son entier. Du Etoh que n’aurait pas renié Dj Krush, à la pop bizarre et cassée de Summer Crane, en passant par le jazzy-flingué-piano-bar Tonight May Have To Last Me All My Life, on change de bord sans modifier le cap, avec le sourire toujours bien imprimé sur la gueule.
Le point d’orgue de ce disque est bien évidemment Frontier Pyschiatrist. Ce morceau, c’est un peu LE tube ultime des Australiens, voir celui d’un abstract ode au sampling, et l’un des morceaux les plus énorme qu’il m’avait été donné d’écouter il y a 7 ans. A rester sur le cul. La cathédrale du détail sonore, une espèce d’épopée débile et jouissive. Cette derniere est construite comme un morceau d’ electro-hiphop ultra barré, avec comme seuls lyrics des bouts de dialogues qui se percutent, se répondent et forment un véritable texte, chevauché par un rythme dantesque et des scratchs qui partent dans tous les coins. La piste est échafaudée avec une multitude de bruits, de sources, d’instruments ou de bruits bizarres, un Où est Charlie ? musical sous Lsd. Les violons déboulent, les échos perdent les beats dans des déflagrations psychotiques, les dialogues pourris deviennent géants, les choeurs te filent la chair de poule, les beats font trembler les murs, des chevaux hurlent, les vinyles grillent, des pistolets tirent, ça part en couille total, ça fuse de partout, c’est juste gigantesque. Quand le tout se calme, c’est pour laisser place à l’échange le plus débile qui soit ( Can you think of anything that talk, other than a person ? / a bird ? / Yeah sometimes birds are funny when they talk, can you think of anything else ?), prétexte à une vraie décharge de turntabilisme, gros passage scratché qui ravira les amateurs du genre. Comment conclure un titre pareil ? Facile : en invitant des mexicains pour taper un bout de gras musical ( ?!?). Pour une idée plus précise du tout, mieux vaut se jeter sur le clip en bas de page. Vidéo juste géniale d’ailleurs, tous les sons étant associés à un acteur, comme si les samples revenaient à la vie, boite à rythmes humaine, pour une espèce de pièce de théâtre musicale régressive, au moins aussi énorme que le morceau en lui-même.
Le disque se finira sur deux gros titres : Le tsunami du disque, aka Live at Dominoes, énorme claque électro, reprenant pour base le My Baker de Boney M, pour lui filer un gros coup de boost avec des basses bien crades, des voix aux vocoder, saccades un peu trance et des montées à tuer toutes les hanches de la terre. Tu le passes n’ importe où, le monde deviendra de toute façon fou. Ce titre devrait être l’arme secrète de tous les Dj de la planète. Extra Kings démarrera lui sur une ambiance toute tristounne, pour laisser partir une mélodie toute jolie, toute candide, se promener en claquant des doigts. C’est beau, on a la tête dans les nuages. Un orchestre débarque, avant que la base enfantine parte dans un trip enfumé, psychédélique, entre expérimentations droguée et vinyle ralenti cent fois.
C’est assez difficile de trouver des qualités objectives à un disque que l’on porte dans son coeur depuis des années, vu que l’attachement devient presque plus sentimental que rationnel. Mais c’est aussi pour ce que j’expliquais en amont : Le disque, tellement foisonnant, tellement riche, se découvre à chaque écoute. On remarque une trompette que l’on avait jamais entendu avant, on comprend tout à coup un dialogue pourtant anodin de prime abord, on se marre sur un zigouigoui pourri caché derrière une masse de sons, on se plait à défricher des sentiers que l’on n’écoutait que d’une oreille distraite.
Mais surtout, le disque est calibré d’une façon quasi parfaite. Je m’étonnerai toujours de l’arrivé du violon sur Frontier Psychiatrist, du piano sur A different Feeling. De chaque transitions, amenées comme des sas de sécurités, laisser perler des basses sourdes sourdes avant que la piste éclate d’elle-même. Le disque n’est jamais, au grand jamais, frustrant. Il y a un démon dans la construction des morceaux. Malgré le coté bordélique du disque, les beaux moments ne sont jamais détruits en vol, ils se développent, ne se dérobe pas avant que l’on ait bien profité d’eux. On ne tombe jamais dans l’assemblage orgiaque de samples, tout est distillé de la meilleure des façons. Les morceaux sont superbes, ou se transforment en véritables tueries, sans jamais sombrer dans la démonstration technique (un miracle, vu le postulat de départ de l?album). La partie de Lego initiale se transforme des les premières mesures en véritable édifice de charpentier. On se marre, on pleure, on plane, on découvre, on s’extasie, sans se prendre la tête une seule seconde. Les saisons passent, mais on s’esclaffe toujours autant sur Frontier Psychiatrist, on lève toujours les bras sur Live at Dominoes, on s’extasie comme un nouveau né sur les revirements de A Different Feeling, on sautera encore sur Radio avec son dentier et sa canne.
Ce plaisir est assez vicieux pour vous ensorceler sur des années, et pour, au final, ne jamais vraiment vous lâcher. Pour sa richesse et son inventivité évidemment, mais surtout par sa construction globale d’une justesse infinie. Impossible de parier qu’un album avec des fondations totalement ancrées dans le pillage de sons puisse au final s’affranchir autant de sa base, et proposer un truc aussi barré, prenant et beau.
Un grand, grand disque.
Il est simplement difficile de savoir si ce sont les années, le coeur ou les oreilles qui parlent.
une petite idée, alors Youtube est votre ami :
Format : MP3 (320 Kbs) durée totale : 1 h 00 mn 48 s
présence pochette & livret : oui
les titres de l'album : 1. Since I Left You 2. Stay Another Season 3. Radio 4. Two Hearts In 3/4 Time 5. Avalanche Rock 6. Flight Tonight 7. Close To You 8. Diner's Only 9. A Different Feeling 10. Electricity 11. Tonight 12. Pablo's Cruise 13. Frontiers Psychiatrist 14. Etoh 15. Summer Crane 16. Little Journey 17. Live At Dominoes 18. Extra Kings
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