Originaire du Piémont, Ufommamut se crée en 1999 en Italie avec l'intention de jouer un stoner empreint de doom et d'atmosphères psychédéliques. Le groupe joue donc un metal lourd, tantôt lourd, tantôt épuré. Pionnier européen du genre, Ufomammut reste néanmoins un groupe discret qui ne dévoile sa personnalité qu'au travers de sa musique. Leur nouvel album, Eve, sort en mai 2010. L'occasion d'en apprendre davantage sur ce groupe ô combien talentueux.
On peut aussi retrouver les membres du groupe au sein du collectif Malleus, un collectif d'artistes, de dessinateurs et de peintres. Avis aux amateurs.
Musiciens additionnels : Rose Kemp : voix sur Ammonia Lorenzer : guitare sur Elephantom
Oro est un double album publié en deux temps en 2012. Son titre est un jeu de mots entre le métal précieux et la phrase latine "Je prie". Il explore le concept de la connaissance et de sa puissance ; ORO est le processus alchimique pour transformer les peurs de l'homme en essence pure, en or.
Critique de l'Album
Quatre ans après leur premier voyage intergalactique, les trois compères d’Ufomammut revinrent pour nous emporter de nouveau dans les confins inconnus de l’espace intersidérale. Quatre années d’une lente maturation, passées à affiner les moindres petits sons, à expérimenter tout sorte de saturation au-delà des limites du pensable, à affûter ses instruments avec de la pierre lunaire, à bouffer du champi astral et gober de l’acide plutonien, à voyager loin, très loin dans l’univers.
Et de ce voyage, le mammouth stellaire nous a ramené une petite compilation martelée sur vinyle avec autant de puissance qu’une fusée au décollage. Parler de fuzz avec cet album est un pléonasme, c’est tellement énorme que ça en est indescriptible, ça prends directement aux trippes et ça vous vibrationne le tout sans retenue, ça fait trembler les mûrs, ça crâme la peau et le cerveau, et bien sûr, ça vous éclate les oreilles. La basse ronde claque avant d’entrer en possession d’une terrible saturation qui craquèle les tympans à force de les faire bondir de vibrations en vibrations. Les riffs sont aussi monolithiques qu’épiques, parfaitement accompagné par des tempos lancinants et hypnotiques, tandis que les cymbales résonnent en tous sens parmi l’espace sonore déjà pourtant bien remplie. Enfin, pendant qu’une voix de martien défoncé à coup de rail lunaire assène quelques hurlements d’arraché, une multitude de petits sons en tout genre, tellement dispersés qu’on croirait les halluciner, vient parachEver le tableau en offrant à l’ensemble quelques éléments éparpillés dans les aires, contrastant avec la lourdeur mammouthesque des riffs.
Tout le géni de l’album réside dans la capacité à créer des boucles infernales sans fins, sorte de tourbillon cosmique, de trous noirs absorbant toutes les structures et tous les repères, les recrachant un instant pour les rebouffer juste après. Ça tourne sans cesse, à une vitesse à peine imaginable, si bien qu’on ne sait plus si c’est du fuzz-riff qu’on entend ou juste le bruit du frottement du au voyage que l’on vient d’entamer. Voyage paranormal, sans départ ni arrivée, incroyablement hallucinogène, d’où l’on ne peut rien vraiment saisir, si ce n’est un maelstrom gigantesque dans lequel on s’enfonce avec bonheur. C’est à la fois une plongé dans un gouffre astral d’une noirceur quasi palpable et suintante, et paradoxalement aussi une envolé dans un grand rien d’une blancheur néantisante. Au final, on a l’impression d’être au bout de la corde d’un yoyo interstellaire, s’enroulant à l’infini autour d’un morceau de météorite, parcourant dans son chemin sinueux des courbes où l’espace et le temps se croisent, se confondent et s’annulent.
L’expérience est paroxystique, unique à chaque écoute, aussi déstabilisante que salvatrice. L’étonnement nous étreint même lorsque l’on finit par se rendre compte que l’on scotche sur le mouvement même du vinyle sur sa platine, cette hallucination de tourbillon continue ne venant que du simple mouvement concret de l’objet. De l’abstraction la plus pure à la concrétude la plus absolue, la boucle semble bouclée. Les échos s’amenuisent alors, les choses semblent se resituer dans une certaine normalité, il ne reste plus que cette impression d’être parti loin, très loin, dans les sphères les plus improbables qu’il puisse exister. Chef d’œuvre.
"plusieurs avis valent mieux qu'un" Dire que j’attendais ce disque est un euphémisme. Je l’ai espéré chaque jour depuis avril 2000, période à laquelle ces italiens nous ont livré leur premier monument « Godlike snake ». Ce disque m’a sévèrement ravagé le bulbe rachidien pendant quelques semaines avant que ma moelle épinière ne consente à redonner l’accès à de nouvelles vibrations. Le temps aidant, je m’étais donc progressivement éloigné de ce maléfice. Et voilà qu’il resurgit. Et il sait s’y prendre. Son emprise s’effectue doucement. Cosmiquement pourrait-on dire. L’hypnose vous a définitivement gagné lorsque se produit la première détonation. Nous y sommes à nouveau. Le son est caractéristique. Gras à souhait.
Ecrasant.
Les sonorités du Korg MS 20 confèrent toujours à l’ensemble ce relief si particulier. Si étrangement captivantes. Replonger dans l’univers ufomammutesque est tout bonnement jubilatoire. Mais n’allez pas croire que ce disque ressemble au précédent. Oh que non ! En posant ces ambiances, le groupe affiche son retour flamboyant. Manœuvre pour que l’auditeur gagne les plages suivantes en confiance. Les synapses réconfortées. Dès le second titre, Hopscotch, le grésillement de l’énorme son de basse annonce une nouvelle malédiction. La voix d’Urlo, subtilement distordue est hurlée à pleins poumons. Ses imprécations ont une tonalité quasi sludge, avant de devenir mélodiques à d’autres endroits. Voilà la première Vérité. Et que l’on nous en assène une autre encore. Le jeu de batterie de Vita s’est nettement étoffé. Exit la mécanique minimaliste. Voilà la seconde Vérité. Ce disque est bien plus crépusculaire que le précédent. Plus tourmenté. Plus noir. S’il est également moins avant-gardiste, il n’en est pas moins aventureux. Façonnant avec une belle constance un groove reptilien massif mais toujours aéré, Ufomammut affirme une fois encore son statut de Commandeur d’un genre musical flirtant dans certaines proportions avec Electric Wizard, Los Natas et Paul Chain, mais sans jamais renoncer à construire sa propre perspective. Ufomammut est grand. Voilà la troisième Vérité.
une petite idée, alors Youtube est votre ami :
Format : MP3 (320 Kbs) durée totale : 1 h 08 mn 52 s présence pochette & livret : non
les titres de l'album : 1. Blotch 2. Hopscotch 3. Lacrimosa 4. Odio 5. God 6. Alcool 7. Braindome 8. Demontain
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