Boris Berezovsky est un pianiste russe, né le 4 janvier 1969 à Moscou. Il étudie au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou avec Elisso Virssaladze et prend des cours particuliers avec Alexandre Satz. En 1988, il fait ses débuts au Wigmore Hall à Londres. Le journal The Times le décrit alors comme « un artiste exceptionnellement prometteur, d’une virtuosité éblouissante et doté d’une énergie formidable ». Deux ans plus tard, la promesse se réalise, et il remporte en 1990 la médaille d’or du prestigieux Concours international Tchaïkovski à Moscou...(...page Wiki...)
Au départ, c’est-à-dire à la Renaissance et pour les auteurs baroques, le prélude permet d’abord « d’éprouver » l’instrument. Il offre un préambule nécessaire au praticien, luthiste puis claveciniste, lequel avant le concert peut ainsi contrôler la réponse de l’instrument sur l’ensemble de la palette harmonique, au travers des 24 tonalités, majeures et mineures, de la gamme tempérée. Exercice antérieur à tout propos, le prélude est bien cette antichambre technique grâce à laquelle l’instrumentiste vérifie les ressources de l’instrument, en valide le chromatisme et les couleurs, et aussi les perspectives de sa technicité digitale souvent virtuose. Il s’agit bien ici, au démarrage, d’une pièce d’étude, une étape appartenant à la préparation du concertiste, un préambule nécessaire, avant le « discours » personnel de l’auteur. Bach l’universel compose ses préludes, marches inévitables vers une fugue ou une toccata et sonClavier bien tempéré offre le modèle du genre (2 recueils de 1722 et 1744). La génération romantique s’est curieusement saisie d’une forme « classique », finalement idéale à ses propres divagations. Mais le Prélude romantique a fait sa révolution : a contrario de son nom, il est devenu une forme autonome. Selon le « modèle » ou plus précisément la « voie » tracé par Chopin et ses 24 préludes (opus 28 composés entre 1836 et 1839) : un Prélude, anticipe, prépare, résume par anticipation. Dans les mots. Pas en musique. Et les pianistes l’ont bien compris qui lui accordent un tout autre statut, idéal aux mondes intimes du compositeur. En fait, pas de forme précise : il peut être court comme une course effrénée à la façon d’une étude ou d’une esquisse brossée, (quelques secondes) ou ralenti, à la façon d’un nocturne sombre et méditatif, de plusieurs minutes (jusqu’à 5 minutes). Au final, qu’avons-nous? Pas de préambules (inabouties) à une forme (plus aboutie) qui viendrait après eux, et comme préparée de cette façon par une introduction préparatoire… introductions à quoi? A rien. En ne débouchant sur rien justement, chaque prélude, ne préludant à rien, circonscrit sa propre autonomie. Dans la voie tracée par Chopin, s’illustrent d’autres poètes de l’intime et de l’introspection, Debussy, Scriabine, Rachmaninov… et combien d’autres. ...Et dans le cas de Rachmaninov, lui-même habité par une très profonde vibration intérieure, les Préludes marquent les étapes d’un parcours personnel qui ne peut être déchiffré qu’après des écoutes successives. Leur apparente instantanéité recèle des niveaux de sens éludés, souterrains. Une richesse en strates : la vérité de l’être, derrière l’art du musicien. 24 précisément, comme chez Debussy, Chopin et Bach. Mais si le Polonais les compose dans une même période, il en va différemment pour le Russe. Ses 24 préludes se décomposent en trois ensembles : le premier en ut dièse – qui faisait partie lui-même d’un cycle de cinq – date de 1892. Les 10 suivantes sont écrites en 1903 ; les 13 finales, achevées en 1910. C’est donc un parcours qui couvre une vie. Une vie semée de troubles profonds comme nous le rappelle cet épisode d’un Rachmaninov de 24 ans blessé par l’insuccès de sa première symphonie – composée en 1897- et qui consécutivement ne devait plus rien écrire… si de longues séances d’hypnose ne l’avaient détaché d’un mutisme qui aura duré, quand même, trois ans! Comme Schumann, il y a la nécessité de vaincre le temps, sa temporalité et son déroulement cyclique dont l’obsédante apparition est marquée – martelée – par le motif récurrent du carillon qui est l’appel du juge ultime, la convocation redoutée, inévitable devant la porte finale. Il y a du caractère et même de la virtuosité chez Rachmaninov. Mais toute cette activité de surface laisse vivre, simultanément, l’œuvre de la psyché, en second plan ; une matière foisonnante de sentiments et de climats contradictoires, façonnée à la manière de Proust, comme des miroitements de mémoire involontaire qui se chevauchent et s’intensifient dans le jeu mêlé des résonances....(...source...)
Faut-il avoir l’âme russe pour mettre totalement en valeur la musique du grand Sergueï? Boris Berezovsky est peut-être le pianiste qui saura nous donner une réponse sans équivoque. Ses précédents enregistrements de la sonate n°1 de Rachmaninov et son disque Ravel (chez Teldec) ont fait l’unanimité de la presse spécialisée. Mirare nous propose d’entendre le « Premier Prix du Concours International Tchaïkovsky » dans un exercice de style périlleux. Inspirés de Chopin et de Debussy, les Préludes de Rachmaninov enchaînent tour à tour, technique, extravagance et retenue. Le pianiste russe a su naturellement capter l’âme slave et nous la restituer en intégralité. On ne peut alors qu’être en accord avec ce disque où nous pourrions entrevoir l’âme de Rachmaninov à travers les mains expertes de l’artiste.....(...source...)
Sous son meilleur jour, la sonorité émoussée de Boris Berezovsky et son jeu de doigts incisif créent un monde sonore énervé et émouvant semblable à ce que Horowitz, Weissenberg et Gavrilov ont réalisé dans les Préludes de Rachmaninov. On peut trouver la preuve de l'énergie nerveuse du pianiste dans sa poussée de l'op. 32 Point culminant central n ° 2, op. Le filigrane souple de la 32 n ° 8 est compensé par de soudaines poussées dynamiques, ainsi que par un traitement laconique et progressif de sélections plus lentes et plus lyriques (opus 23 n ° 1, 4 et 10, opus 32 n ° 10 et 13). Paradoxalement, Berezovsky réduit l'op. 32 figurations tourbillonnantes n ° 1 à des dimensions plus intimes et subjectives que d'habitude. Mes principales réserves concernent l'ingénierie boxy de Mirare, en plus d'un grand concert pas très coloré avec un registre haut laid et non-résonnant. Par conséquent, la féroce emprise de Berezovsky sur l'op. 23 L'interaction polytexturale du No. 2 et les accords de la taille d'un camion se détachent comme un orchestre dans un placard à balais. Cependant, il faut aussi attribuer une partie de la fatigue sonore à la tendance du pianiste à marteler quand la musique se fait plus forte (la fameuse opus 23 n ° 5 mars, par exemple)....(...source en anglais...)