Battles est un "super-groupe" de New York dans le sens où il s'agit d'une réunion de John Stanier de Helmet et Tomahawk (batterie), Ian Williams de Don Caballero et Storm & Stress (guitare), David Konopka de Lynx (guitare) et Tyondai Braxton ; et qui défriche le petit monde merveilleux du math-rock et l'expérimental.
On peut classer Battles dans le style math rock, Ian Williams étant issu de Don Caballero, un des groupes fondateurs du genre. Par ailleurs, l'ascendance du courant IDM / breakbeat (Aphex Twin, Squarepusher...) sur le groupe est évident, comme en atteste la présence d'un membre parallèle de Prefuse 73 aux claviers et leur signature sur le prestigieux et exigeant label Warp. Mais les références de Battles ne s'arrêtent pas là. On pourrait citer aussi bien Pinback pour la gestion des harmonies entre basse et guitares ; Do Make Say Think pour le goût d'un post-rock tendant volontiers vers des structures plus jazz ; Gong et Bogdan Raczynski pour l'utilisation de voix déformées, aiguës, infantiles ; Mr. Bungle pour la violence de la batterie et les clins d'oeil potaches aux bandes originales de films et aux génériques de dessins animés; Steve Reich et Terry Riley enfin pour la construction des morceaux et leur déroulement, qui laissent la part belle aux enchevêtrements de boucles « mathématiques » de guitares.
Une compilation des deux premiers EP du groupe est sortie sous le titre EP C / B EP en 2006.
En août 2010, Battles annonce le départ de Tyondai Braxton. Ce dernier préférant se consacrer davantage à un projet personnel. Battles achève cependant son troisième album studio intitulé Gloss Drop sorti le 6 juin 2011.
Genre : Math Rock / Avantgarde / Synth Pop Origine : New York
line-up : Ian Williams : guitare, claviers John Stanier : batterie Dave Konopka : basse Tyondai Braxton : Chant, Guitare, Claviers
Critique de l'Album
Le petit Warp a vécu une enfance plutôt agitée. Vous imaginez bien qu'en croisant le chemin de musiciens aussi déjantés et avant-gardistes que Aphex Twin, Autechre ou Squarepusher dans sa prime jeunesse, le label britannique n'allait pas en ressortir indemne. On pensait même que les dommages causés à un si jeune âge par les artistes précités et par leurs petits camarades de jeu allaient avoir des conséquences palpables sur l'adolescence de l'enfant. Pourtant, il n'en fut (presque) rien. Si les artistes signés par Warp ces dernières années n'ont pas démérité, on pourra toutefois leur reprocher, à l'image de Maxïmo Park ou !!! (chik chik chik), de ne pas avoir toujours été aussi novateurs que ne l'ont été leurs illustres aînés. Cela faisait donc quelques temps que le public attendait de la maison de Sheffield qu'elle nous sorte de son beau chapeau un groupe absolument renversant: mesdames et messieurs, je vous présente Battles.
Alors que le quatuor affole depuis 18 mois déjà les milieux les mieux informés, on entend poindre un peu partout l'appellation de "supergroupe". Et honnêtement, comment pourrait-il en être autrement quand une formation se compose de John Stanier (ex-Helmet officiant aujourd’hui au sein de Tomahawk), de Ian Williams (Don Caballero), de Dave Konpka (Lynx) et de Tyondai Braxton (qui a notamment collaboré avec Prefuse 73)? Un supergroupe qui est d'ailleurs à la hauteur des attentes souvent placées dans ce genre de petites réunions entre amis. En effet, rarement par le passé la jonction entre rock, post-rock, électro minimale et jazz n'avait été réalisée avec autant d'efficacité que sur cette double galette reprenant trois EP's sortis par le groupe l'année dernière.
Une grosse heure durant, Battles affiche avec une précision quasi chirurgicale ses deux facettes. Oscillant entre longues plages aux ambiances lugubres lorgnant du côté de l'expérimentation brutale et morceaux tendus et obsédants, Battles fait montre d'une maîtrise impressionante de l'instrument rythmique: riffs tranchants et batterie sèche mènent d'une main de maître les compositions du groupe pour transformer le tout en un ensemble déroutant de boucles hypnotiques et oppressantes. Particulièrement réussi dans ses progressions aussi lentes que puissantes, EP C/B EP se révèle rapidement être une incontrôlable bombe à retardement qui ne demande qu'à exploser sur scène.
Armé de ces douze petits bijoux, le buzz va à n'en point douter continuer à monter autour de ces quatre Américains à la furia dévastatrice. On lit souvent que Battles aurait été brocardé sauveur du post-rock mais qu'il aurait pris le train en marche avec un peu de retard. Pourtant, quoi qu'en disent ces élitistes passéistes, le groupe a déjà gagné une belle bataille et est en passe de gagner la guerre si il confirme rapidement les excellentes prédispositions affichées sur EP C / B EP, d'autant plus que les pionniers du genre ne semblent pas décider à activer la riposte. La brèche ouverte, Battles n'a plus qu'à s'y enfoncer.
"plusieurs avis valent mieux qu'un" Pour ce qui est de dégoter de nouveaux artistes totalement inclassables, le label Warp n'en est pas à son coup d'essai. En signant Battles, les anglais, plus enthousiastes que jamais à l'idée d'ajouter ce quatuor à leur catalogue, n'auront jamais autant semé le trouble chez leur fidèle public, amateur d'expérimentation musicale. Il faut dire que les prestations scéniques du groupe, tout comme leur trois derniers maxis sortis en un an et demi et regroupés ici, ont de quoi intriguer et séduire un label toujours en quête d'originalité. Et avec la recette unique de Battles, il y a largement de quoi faire, d'autant plus que ses membres ne sont pas des nouveaux venus au point de faire de ce projet une sorte de all star band. Lisez plutôt: John Stanier, batteur originel d'Helmet et actuellement derrière les fûts de Tomahawk, Ian Williams, guitariste et clavier de Don Caballero, Dave Konopka, guitariste et bassiste de Lynx, et Tyondai Braxton, musicien avant-gardiste ayant collaboré avec Prefuse 73 par le passé
Sûrement pas de quoi vous aidez à y voir plus clair. Si vous demandez au quatuor le type de musique qu'il joue, il vous répondra « quelque chose entre l'electro et le rock ». Merci quand même. Car la première volonté de Battles est de construire un répertoire libre, loin des expériences musicales passées de chacun de ses musiciens, qui pousse l'oreille curieuse à meurtrir sa conscience et rendre son cerveau en bouillie. En gros, ces new yorkais se baladent dans les sphères post rock, jazz, hardcore et electro, accroissent la complexité des structures de chacun des titres pour un résultat unique, abstrait ( " UW », « Fantasy " ), puissant, paradoxalement déstabilisant et captivant. De là, Battles envoie bouler les formats, fait évoluer ses morceaux pouvant durer jusqu'à douze minutes (l'inqualifiable « Bttls " ), superposent les boucles de guitare, repère l'auditeur lorsque sa rythmique est solide ( " B+T », « Tras 2 " ) sans oublier de régulièrement imprégner sa musique d'un groove implacable ( " SZ2 », « Hi/Lo " ) et d'expérimentations poussées ( " Dance " )
Soyons clairs. Les mots ne seront jamais assez justes pour parler de la musique de Battles. Amateurs de musique lisse et formatée, passez votre chemin, vous risqueriez de tomber fous. Car oui, il vous faudra avoir l'âme curieuse pour rentrer dans l'univers du combo qui propose ici, en deux disques, une remise en question de la musique au point de quasiment en écrire un nouveau chapitre. « EP C/B EP » est une expérience à vivre, à condition d'y être préparé. Incontestablement, vous n'écouterez plus jamais vos disques de la même manière..
une petite idée, alors Youtube est votre ami :
Format : MP3 (320 Kbs) durée totale : 1 h 06 mn 41 s présence pochette & livret : non
les titres de l'album : CD 1 : B EP 1. Sz2 2. Tras 3 3. Ipt 2 4. Bttls 5. Dance 6. Tras
CD 2 : EP C 1. B+T 2. Uw 3. Hi/Lo 4. Ipt-2 5. Tras 2 6. Fantasy 7. Untitled 8. Untitled 9. Untitled 10. Untitled 11. Untitled 12. Untitled 13. Untitled 14. Untitled 15. Untitled
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