Alexei Lubimov est un pianiste soviétique et russe, né à Moscou, en Union soviétique, le 16 septembre 1944. Lioubimov est entré à l'Ecole centrale de musique de Moscou en 1952. Il a ensuite intégré le Conservatoire Tchaïkovski en 1963 et obtient son diplôme en 1968. Parmi ses professeurs, on compte Heinrich Neuhaus, réputé pour avoir enseigné à Sviatoslav Richter et Emil Guilels. Lioubimov entame sa carrière de concertiste alors qu'il est au conservatoire. Durant les années 1970, Lioubimov se voit interdit d'exercer en dehors de l'Union soviétique par le pouvoir en place. Cette interdiction durera durant les années 1980. Il noue alors des liens forts avec le violoniste Oleg Kagan, la violoncelliste Natalia Gutman et les chefs Kirill Kondrachine et Vassili Sinaïski.....(...page Wiki...)
Alexei Lubimov est un sujet en soi. Né en 1944, élève de Neuhaus comme Gilels et Richter, concertiste fêté et encore étudiant au Conservatoire de Moscou, versé dans la défense de la musique contemporaine alors que le régime soviétique la condamnait, il aura passé toute sa vie de jeune homme dans une dissidence aussi tapageuse qu’unique alors en URSS. Personnage étrange – physiquement, par ses tenus, par ses attitudes, intellectuellement, par son goût des compositeurs, des peintres et des auteurs rares – absolument à part dans son temps, il effraya tellement les nervis communistes que ceux-ci lui interdirent de sortir du pays, jusque dans les années quatre-vingt...(...source...)
Alexei Lubimov enregistrait en 1991pour Erato, sur un pianoforte Christopher Clarke d’après Fritz un peu mat, les deux cahiers d’Impromptus de Schubert, disque qui m’a accompagné longtemps sans me convaincre d’abandonner Edwin Fischer. Dix-huit ans plus tard, le pianiste russe remettait les deux Opus sur le métier pour les micros de Zig-Zag Territoires, cette fois en leur attribuant à chacun un instrument différent. Pour les quatre Impromptus D. 899, un Matthias Müller de 1810 ample et chantant, à la una corda magique qui provoque un estompe général du clavier (début de l’Impromptu en sol bémol majeur), et un registre élevé aux couleurs de harpe éolienne. Dans ce clavier venu d’un autre âge, les épisodes lyriques se déploient tel des contes sonores, permettent à Lubimov de révéler un imaginaire mêlant narrations et paysages. A vrai dire, j’aime tellement ce pianoforte que j’aurais voulu entendre l’autre cahier murmuré sur son clavier, surtout le grand Impromptu en fa mineur. Mais non, pour les quatre Impromtus D. 935, Lubimov a choisi un Joseph Schantz aux résonances plus individualisées, au clavier plus profond, aux registres mieux définis, datant de l’année même de la mort de Schubert. Le piano moderne n’est pas si loin que cela en terme de projection sinon en terme d’équilibre harmonique, mais Lubimov le traite d’autant plus volontiers en pianiste, exigeant plus de puissance, plus de présence. Ce ne sont plus des paysages, une pleine lune pâle ou l’entrée sombre d’une forêt, mais un discours, tenu par un Leiermann différent pour chaque impromptu. Le cahier prend la forme d’une sonate, s’architecture, comme d’ailleurs le concevait Edwin Fischer, avec pour l’Allegro scherzando final une alacrité rythmique qui l’apparente quasiment à un furiant dont les fusées dans l’aigu sonnent comme des sifflements de balles. Fabuleuse recréation sonore qui se pare dans l’épisode central d’un mystère inquiet. Ne serait-ce pas la Lorelei ? Vous l’aurez compris, ce Schubert revisité, hanté, est l’un des plus romantiques qui soient, et les instruments ne sont pas pour peu dans ce voyage vers le passé. Mais je n’en ai pas fini avec le Schubert d’Alexei Lubimov ...(...source...)
Alexei Lubimov partage ses interprétations de l'Impromptus de Schubert entre deux pianos restaurés par Edwin Beunk. L'ensemble D899 dispose d'un modèle Matthias Müller de 1810, tandis qu'un Joseph Schantz de 1830 est entendu en D935. La gamme dynamique plus large de l'instrument Schantz, son uniformité d'enregistrement et sa variété de timbre me plaisent plus que le timbre prédominant de «clavecin à pédale de sustain» de Müller. À partir de D899, le C minor Imprimptu de Lubimov bénéficie d'une puissante dynamique, mais la licence rythmique du pianiste oscille parfois entre cette ligne mince entre expressive et informe. Au contraire, des subtiles poussées et tirages illuminent l'arc mélodique des écailles nacrées de l'appartement. Bien que la pédale douce donne une qualité obsédante et désincarnée au sol, la bande de roulement mesurée de Lubimov donne des résultats trop introspectifs et blafards. Ses rubatos et ses accentuations tout en courbes donnent de l'intérêt au bémol mineur, mais entravent le flux narratif de D935 n ° 1. Si vous aimez la façon dont Frank Sinatra façonne une mélodie devant et derrière le rythme, vous trouverez une âme sœur dans le phrasé de Lubimov de la section d'ouverture du numéro 2. Son envoi agité du thème n ° 3 ne donne aucune indication sur les variations fluides et nettement caractérisées. Enfin, la conclusion en fa mineur Impromptu, bien que bien jouée, semble être une ombre calme et retenue pour transmettre la directive scherzando de Schubert et manque l'urgence explosive que d'autres apportent à la musique. En résumé, les meilleurs moments de Lubimov sont dignes d'attention, mais les collectionneurs cherchant un cycle Impromptus d'instruments d'époque devraient étudier la version solide et stable de Lambert Orkis (Virgin) ou, mieux encore, la version de Paul Badura-Skoda...(...source en anglais...)
1. Schubert: Quatre Impromptus 1827, Op.90, D899 - I. Premier impromptu[09:38] 2. Schubert: Quatre Impromptus 1827, Op.90, D899 - II. Second impromptu[04:44] 3. Schubert: Quatre Impromptus 1827, Op.90, D899 - III. Troisieme impromptu[06:57] 4. Schubert: Quatre Impromptus 1827, Op.90, D899 - IV. Quatrieme impromptu[07:41] 5. Schubert: Quatre Impromptus 1828, Op.142 D935 - I. Premier impromptu[11:38] 6. Schubert: Quatre Impromptus 1828, Op.142 D935 - II. Second impromptu[06:37] 7. Schubert: Quatre Impromptus 1828, Op.142 D935 - III. Troisieme impromptu[11:23] 8. Schubert: Quatre Impromptus 1828, Op.142 D935 - IV. Quatrieme impromptu[07:04]