Schubert - Wanderer Fantasy & Impromptus | Viviana Sofronitsky
2012
Viviana Sofronitsky commença la musique avec son père, Vladimir Sofronitsky, pianiste russe de renom. Titulaire d'un?? ?Doctorat en Musique ?du Conservatoire de Moscou, elle a également reçu les diplômes d'interprétation historique en pianoforte et en clavecin ?au ?Conservatoire Royal de La Haye?. Viviana Sofronitsky a remporté le Premier Prix du concours Bach Tage de Berlin et plusieurs récompenses au concours Musica Antiqua de Bruges. Elle a enregistr?é-pour les labels “Suoni e colori”, ?"?Centaur?"?, ?"?Passacaille?"?, ?"?Globe?"?, ?"?Avi?"? ?"?ETCetera?"?, et ?"?Pro Musica Camerate?"?(?intégrale des concertos de Mozart? en 11 cd?). Actuellement elle prépare un enregistrement d’oeuvres de Chopin et de Liszt sur piano romantique. La pianiste russo-canadienne ?Viviana Sofronitsky vit près de Prague et ?se produit dans toute l'Europe....(...WebSite...)
Viviana Sofronitsky me fut longtemps un personnage légendaire : son simple statut de fille de Vladimir Sofronitsky y suffisait. Des échanges de correspondance lors de la reparution des disques de son père me firent découvrir une personne attentive, généreuse. Il fallait découvrir l’artiste. Elle fut liée à Moscou avec le cercle de musiciens qui gravitaient autour d’Alexei Lubimov, jouait au sein des deux ensembles qu’il animait, Madrigal et l’Académie de Musique de Chambre. Curieux de tout, pianiste multiforme, passionné à l’image du compositeur Andrei Volkonski, par tous les claviers, de l’orgue au clavecin en passant par le pianoforte, Lubimov ne dût pas manquer de lui faire découvrir sa collection d’instruments anciens. Le ver était dans le fruit : Viviana était pianiste comme son père, elle deviendrait « pianofortiste ». Adieux la Russie, bonjour le Canada en 1990 après une année de transition aux États-Unis, puis établissement dans la Jérusalem de la pratique instrumentale historiquement informée, La Haye. Paul McNulty, le fameux facteur de pianoforte, son mari à la ville, la fournira en instruments aussi rares que somptueux. Finalement, en 2001, le couple s’établit à Prague, ville mozartienne, où Viviana retrouve le cœur de son répertoire, le classicisme viennois. De là, elle parcourt l’Europe présentant des concerts fastueux où elle joue plusieurs pianoforte. Et le disque ne l’ignore pas, même si ceux-ci sont chichement distribués. Deux sommets pour l’instant : une intégrale des Concertos de Mozart (rien que cela !) passée inaperçue sinon aux Pays-Bas, et un disque Schubert regroupant les deux cahiers d’Impromptus et s’ouvrant par une Fantaisie-Wanderer hallucinée où immanquablement le souvenir de la version dantesque de son père s’impose. ...Mais attendez, ne partez pas si vite, prenez aussi l’album Schubert. Rendez-vous plage 3 de la Wanderer : ces accords téméraires, ces carrures élancées, ce son d’orchestre qui a pu les produire ici, sinon Viviana Sofronitsky ? Et oui, comme on l’écrivait plus haut, cette « Wanderer tempête » est bien un hommage à celle de son père, jusque dans les phrasés et les accents. Les deux cahiers d’Impromptus, incarnés, puissants, fiévreux, en sonorité magnifiques – là encore l’instrument, cette fois, Paul MacNulty s’est inspiré du fameux Conrad Graf op.319 de 1819, strictement contemporain des ultimes œuvres de Schubert, est incroyable – sont renversant et ne se comparent qu’à ceux d’Alexei Lubimov. Comment s’en étonner ? Et l’on enrage qu’elle n’ait pas encore gravé les Klavierstücke et les ultimes Sonates !...(...source...)