La scène electro française est quand même bien barrée !
FLAC (16 bit) posté aussi en MP3 (320 Kbs)
Quand Stéphane Bodin et François Marché ont commencé à faire de la musique ensemble, à Niort, au milieu des années 80, ils jouaient dans un groupe de lycée spécialisé dans les intros de reprises. "On n'était pas capables de faire des compositions, mais on avait un bon répertoire d'intros de trente secondes, ça remplissait des cassettes et des mercredis après-midi."
François jouait très mal de la guitare, Stéphane jouait mal de la basse et du clavier. Quand Stéphane et François ont recommencé à faire de la musique ensemble, à Paris, vers le milieu des années 90, ils se sont retrouvés autour d'un sampler sans mémoire et on peut considérer qu'ils jouaient mal du sampler. Leur premier album, sorti sous le nom de Bosco en 1998, n'était pas un vrai disque mais une collection de demos qu'un label au nez fin avait insisté pour sortir. Ce qu'on y entendait pouvait faire peur : de la musique malsaine, teigneuse, pour danser dans le placard à balais au milieu des araignées et des produits détergents, le nez dans la poussière, un rire de dément aux lèvres. Une house minimaliste méchamment grippée, qui devait sans doute plus au postpunk et aux expérimentations lo-fi de Beck ou Lou Barlow qu'au disco filtré de la french touch triomphante.
Genre : Electro Potache française / House Origine : France
line-up : Stéphane Bodin & François Marché
les invités : Mitch Pires : batterie David Vanbelle : basse
Critique de l'Album
Et si l'évènement de cette rentrée electro n'était autre que ce Action de l'entité bicéphale Bosco ? Stéphane Bodin et François Marché, punks rigolos devant l'éternel, ont accouché d'une portée de morceaux qui ne respectent rien ni personne. Si elle s'apparente à une poussée d'acné juvénile pour certains, d'autres y verront plus sûrement une ode à l'absurde, une formidable machine à oublier les vertus esthétiques de la musique actuelle. Il reste à l'auditeur à franchir le pas, à rejoindre ces deux grands enfants dans leur petit monde aux couleurs flashy et funky, sans arrières pensées.
Dans la famille Bosco, pour écrire un morceau, on ne s'embarrasse pas d'une méthode Assimil, d'une quelconque de méthodologie du petit songwriter en devenir. Dans leur interview aux Inrockuptibles, les deux garnements racontent comment leur est venue l'idée du morceau Satellite : "on a décidé de faire une chanson à propos de tous les coups de fils qu'on recevait à longueur de journée. On a fait la liste des mots qui revenaient dans la conversation : jingle, single, promo, radio, vidéo. Et on a fait un morceau avec tous ces mots qui sont satellites de la musique." Plus bête, tu meurs.
Voilà sûrement la méthode la plus saine de ne pas céder aux termes envahissants du langage promotionnel : les galvauder dans une petite bombe house de trois minutes' Nos deux amis se sont quand même fendus d'un joli clip pour ce morceau jubilatoire. Une vidéo foutraque, décalée, à l'image du morceau. En attendant leur prestation au Festival Les Inrocks / Orange en première partie de New Order, nous l'affirmons haut et fort : Bosco est bel et bien le groupe punk de l'année 2001.
une petite idée, alors Youtube est votre ami :
Format : FLAC (16 bit) durée totale : 38 mn 29 s présence pochette & livret : oui