Benjamin Grosvenor, né le 8 juillet 1992 à Southend-on-Sea, dans le comté d'Essex, est un pianiste classique britannique....(...page Wiki...)
Premier album de l'incroyable Benjamin Grosvenor. La nouvelle signature de Decca Classics s'est fait connaître en tant que jeune prodige de 11 ans lors de la BBC Young Musician Final (manquant de justesse le vainqueur, la violoniste Nicola Benedetti). Benjamin a tout juste 18 ans et fait irruption sur scène. Son premier album, Chopin Liszt, Ravel sort ce mois de juillet. (page commerciale)
Une sensibilité pleinement aboutie, étonnante pour son jeune âge (19 ans), le jeune pianiste britannique Benjamin Grosvenor, nouvelle recrue de l’écurie Decca, fait mouche dans ce programme difficile et pourtant jubilatoire, qui mêle Scherzos et Nocturnes de Chopin et un Gaspard de la nuit tout aussi fantasque, déluré, onirique, halluciné, qui montre combien l’interprète maîtrise l’agilité incandescente de Ravel, sans omettre la vibration visionnaire et habitée de ses Liszt. Un premier disque qui est un coup de maître. Le signe d’une pensée musicale d’une rare pertinence, à l’image du programme dont les enchaînements sont d’une rare et exquise pertinence: ici, Liszt, contemporain de Chopin, passe le flambeau vers Ravel dont il a exercé une forte influence… Le jeune prodige anglais ne cesse de gravir les marches de la reconnaissance depuis un passage révélateur à la BBC en 2004. la trépidation des Scherzos chopinien sont exaltants et éruptifs, à peine assagis et tempérés par les Nocturnes intercalaires qui leur servent de tampons apaisants: la flamme du jeu s’embrase littéralement et démontre l’extrême souplesse du jeune artiste. Le feu de Grosvenor articule les moindres nuances et un souci et une délicatesse hagogique récréative. Qu’il a d’idées, et qu’elles sont intelligemment énoncées, sans ostentation mais avec profondeur et finesse. Pour mes joies et souhaits d’une jeune fille de Chopin/Liszt, l’ivresse sonore atteint des miroitements spirituels d’une étonnante maturité. Ravélien facétieux, transcendant. Passeur enivré et fiévreux, porteur de visions fantastiques et d’atmosphères surnaturelles, “BG” nous assène un Gaspard ravélien (1908) à la fois lumineux et terrifiant, d’une finition orfévrée: tel un lutin évanescent, doué d’une fulgurante énergie, Benjamin Grosvenor parcourt la lande ravélienne, inspirée d’Aloysius Bertrand, parsemée de visions, d’éclairs, de personnages enchanteurs/vénéneux (Ondine, liquide, ondulante, provocatrice et mystérieuse), héroïques et délurés (le nain démoniaque Scarbo); le triptyque est furieusement inventif, sans éclats factices, sans calculs démonstratifs, mais au coeur du conte musical, avec une audace de ton et une électricité juvénile, neuve et splendide (intensité poétique glaçante et captivante du Gibet et ses teintes chaudes à la Véronèse). Révélation d’un nouveau très grand tempérament artistique...(...source...)
Diablement intelligent, le programme . . . Dès les premiers tourbillons du Scherzo no. 1, superbement galbés, furieusement accentués, on comprend que Benjamin Grosvenor est plutôt du genre véloce . . . Un détail parmi cent: l'introduction du Scherzo no. 3, avec ses glissements harmoniques souvent négligés par des pianistes myopes, que le jeune Anglais sent et traduit à la perfection. Deux minutes du dernier Liszt, suspendues, irisée, aux accents de prière, font une transition rêvée entre l'univers de Chopin et celui de Ravel. Ce "Gaspard de la nuit" n'est pas un "Gaspard" de plus, mais bien la révélation d'une personnalité. Couleur, sonorité, variété, vivacité, ambitus expressif autorisent des accélérations fantastiques comme des lames de fond ("Ondine"), des immobilités ("Le Gibet"), des murmures ("Scarbo") d'une finesse impalpable. Et peut-être par-dessus tout, un sens inné de la dramaturgie, toujours animée, vivante, vibrante, jamais figée par des contrastes arbitraires ou fabriqués. Benjamin Grosvenor ne cherche pas à nous séduire, à nous leurrer. Tout simplement, il trouve . . . Bienvenue dans le monde du disque. Et la suite, vite! (Etienne Moreau, Diapason)
Benjamin Grosvenor est non seulement le premier pianiste britannique à être signé par Decca depuis l'époque de Clifford Curzon, Peter Katin et Moura Lympany, mais aussi le plus jeune artiste britannique jamais signé sur le label. De manière tout aussi significative, cette reconnaissance n'a pas été faite à l'issue d'une compétition majeure. Franchement, Grosvenor est trop intéressant et trop individuel pour gagner l'un d'entre eux. Ses disques du mineur Chopin (EMI, 3/10), son premier album non officiel ("This and That", 4/10), ont été diffusés en privé au cours des dernières années et ce nouvel album témoigne d'un talent extraordinaire, un pianiste avec des réflexes naturels fantastiques dans la classe Cziffra et, plus excitant, un musicien avec un but et de l'imagination, dont le jeu transcende les limites stériles de l'atelier. Cela dit, je pense qu'il méprise le premier des quatre Scherzos (il les ordonne 1, 4, 3 et 2). Il se rapproche à 8'08 ", comparé au rapide 8'20" de Rubinstein (son enregistrement de 1932), un tempo qui réduit le premier sujet au bord de l'incohérence. Après cette lecture indéniablement passionnante, Grosvenor insère un seul Nocturne comme contrepoids entre chaque Scherzo. Bonne programmation. (Louis Lortie l'a fait pour son récent récital Chopin pour Chandos, son Scherzo en si mineur dure 9'26 ".) Je n'ai jamais entendu les courses de filigrane dans les Nocturnes et deux Chants polonais livrés avec une telle nonchalance improvisée, ou une deuxième partie du Scherzo en si bémol mineur qui peut correspondre à la délicieuse insouciance de Grosvenor. C'est de la musique avec un sourire sur son visage. Couronnant tout cela est un Gaspard magistral dans lequel un tableau étonnant de toucher et de coloration tonale sont mis en évidence dans la caractérisation nette et distincte de Grosvenor des trois mouvements. Bref, je suis ravi que ce jeune musicien prodigieusement talentueux soit sur la bonne voie et soit enfin lancé sur ce qui sera sûrement une importante carrière internationale....(...source en anglais...)