Peter Green - Little Dreamer 1980 (format DSF 128)


CHRONIQUE DE SYLVAIN CABOT MAGAZINE ROCK&FOLK JUIN 1980 N°161 Page 124/126
3° Album 1980
Un personnel tout neuf, invisible (aucune photo), inconnu ? succède à l'assemblage hétéroclite du disque précédent (seul Kuma Harada, assure la basse sur un morceau, "One Woman Love"). Entité compacte, compétente mais qui ne perturbe en rien la musique qui en résulte, car la totalité de l'album baigne dans ce balancement toujours aussi doucement funky, cette atmosphère cool et tranquille discrètement dansante. Un orgue omniprésent apporte cette touche chaleureuse et timide à la fois, à l'image de la pochette, coquillage orangé.
L'esprit du blues souffle toujours, la lettre aussi. Ainsi que les lettres, textes qui parlent de poisse, de la Femme, l'Amour, mais rejoignent une inspiration disons plus tropicale ("Moma Don'tcha Cry" : accords doux et hachés, un orgue aux teintes reggae), ou africaine ("One Woman Love").
La musique coule sans heurt, sans une brisure. Un disque qui, dans la tornade commerciale, apparaît à contre courant, ne sincère dans aucune "wave" et ne provoquera aucun remous. On le dirait presque dessiné à l'aquarelle. Mais justement, ses tons, ses couleurs ne sont-ils pas devenus trop pâles ? Car comment s'expliquer l'absence de mélodies belles et caressantes qui vous rentraient instantanément dans la tête ("Just For You", "In The Skies") de ces accents mélancoliques ("Apostle"), de cette flamme vivace et sautillante ("Pround Pinto"), de l'éclat bref de ces notes de guitares ("Seven Stars"), simples mais bourrées de feeling ("A Fool No More"), et qui faisaient, au-delà des retrouvailles, de "In The Skies" un disque si attachant.
Ici, tout semble, apparaît en-deçà des espérances, en-deçà des promesses. Une mélodie ne se distingue qu'après la troisième écoute ("Baby When The Sun Goes Down"), la guitare reste économe et discrète. Et un morceau de sept minutes ("Little Dreamer" où Peter balbutie quelques paroles n'égrène que quelques accords, une mince ligne mélodique, dominé par un gong lointain et vibrant, des cymbales écrasées, et qui voudraient renouer avec les climats de "Oh Well" ou "Albatross" échoue à passionner, intéresser l'auditeur. Ce serait, bien sûr, faire un contre-sens que de penser que la musique de Peter Green puisse de nouveau enfourcher le message d'un blues pétri d'intensité, prendre le visage d'une guitare aventureuse et débridée ("The End Of The Game"). Comme Eric Clapton avant lui, réchappant d'une saison en enfer, éprouvait le désir d'une musique apaisée, plus calme, Peter longe désormais une avenue mélodieuse bordée par les palmiers, les courants chauds. La ressemblance n'est pas fortuite, car c'est un même feeling, une promenade en territoire intimiste que renferme cet album, que ce soit au son des percussions ("Crying Won't You Back") ou d'un blues peinard, trop peut-être ("I Could Not Ask For More"). ("Walking On The Road") attaque pourtant la seconde face avec entrain d'un blues rapide qui remémore les jours de "Top Of The Hill" ou "Watch Out", et la guitare laisse filer un mince chapelet de notes grêles. La reprise de "Born Under A Bad Sign" renaît par les soins d'une basse bien ronde et dansante, mise en avant, et d'un chant décontracté, presque désinvolte... et tout du long la voix de Peter est si frêle ... Ce disque respire une absence, un effacement, une sensation de détachement. Fantomatique, énigmatique, un voile qui glisse et n'offre pas de prise.
INFOS sur L’ALBUM et DETAILS SUR L’UPLOAD
Nombre de disque : 1
Format : DSF 128 (5,64 MHz 1bit), , Lossless, stéréo
Présence des Covers : oui
Genre : Blues Rock
Source : web
Taille : 3,42 Go
Up réalisé par : duckjibe alias dosdane
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