Debussy & Szymanowski | Cathy Krier2017
Cathy Krier (née en 1985) commence ses études de piano à l’âge de 5 ans au Conservatoire de musique de Luxembourg. En 1999, elle est admise dans la classe de virtuosité de Pavel Gililov à la Hochschule für Musik und Tanz Köln. En 2000, elle enregistre le Concerto pour piano N° 4 en sol majeur de Beethoven avec le Latvian Philharmonic Chamber Orchestra, sous la direction de Carlo Jans. En 2003, Cathy Krier reçoit le Prix Norbert Stelmes attribué par les Jeunesses Musicales du Luxembourg. En 2004, on lui décerne le prix de la Fondation IKB International. Elle participe en 2005 à l’inauguration de la Philharmonie Luxembourg, où elle présente un concert à quatre mains aux côtés de Cyprien Katsaris. L’année suivante, elle joue au Klavier-Festival Ruhr, étant l’une des invités de la masterclass de Robert Levin. D’autres master classes lui permettent de suivre les conseils de Dominique Merlet, Homero Francesch et Andrea Lucchesini avec lequel elle parfait ses études à la Scuola di musica di Fiesole. En 2009, Cathy Krier est invitée à l’Académie musicale de Villecroze. En 2007, elle prend part à l’inauguration officielle de «Luxembourg et Grande région – Capitale européenne de la culture». Cathy Krier présente des concerts à la Philharmonie Luxembourg et joue régulièrement dans le cadre de festivals luxembourgeois tels que le Festival International d’Echternach, le Festival de Bourglinster et «Musek am Syrdall»......
(...WebSite...)La pianiste luxembourgeoise Cathy Krier est de retour dans les bacs, avec un cinquième CD, qui réunit des œuvres de Claude Debussy et de Karol Szymanowski.
Le piano grand-ducal se porte à merveille. Parmi ses meilleurs ambassadeurs internationaux, Cathy Krier, 32 ans, «Rising Star» de l’European Concert Hall Organisation en 2015, qui sort, demain, son cinquième album. Après avoir proposé sa version d’œuvres de Scarlati, Haydn, Chopin, Müllenbach et Dutilleux en 2008, de Leos Janacek en 2013, de Rameau et Ligeti en 2014 et de Berg, Schönberg et Zimmermann en 2015 dans l’album intitulé Piano – 20th Century, elle se penche cette fois sur Images 1 et 2 de Debussy ainsi que sur deux versions de Masques, une du même Debussy, l’autre de Karol Szymanowski.
C’est dans la Ville-Haute, à Luxembourg, autour d’un café que nous rencontrons Cathy Krier pour parler de son nouvel enregistrement. Une belle rencontre avec une jeune pianiste qui semble garder les doigts sur terre.
Avec ce nouvel album, vous restez sur des compositeurs du début du XXe siècle. Qu’est-ce que cette période a de si particulier et de si intéressant?
Cathy Krier : C’est une époque qui me fascine. D’ailleurs tous mes disques sont dédiés au début du
XXe siècle. Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est qu’après être allé tellement loin avec Wagner par exemple, on crée encore à cette époque : il y a la tonalité qui part, qui n’a plus tellement lieu d’être, et il y a plein de compositeurs qui cherchent de nouveaux chemins, de nouvelles façons d’écrire, de nouvelles logiques. Il y a donc de grandes écoles qui se montent : Schönberg avec le dodécaphonisme, Bartok qui tend vers la musique populaire en faisant une recherche étymologique ou encore Debussy, et l’école française, qui cherche une nouvelle façon d’écrire. J’adore donc ce début du XXe siècle parce que là, la musique part un peu dans tous les sens. Et puis, il y a une énergie particulière dans cette musique puisque tout le monde s’affranchit de tout ce qui s’est fait pendant les centaines d’années précédentes.
Avec Debussy et Szymanowski, on est donc en plein impressionnisme.
C’est ça. Bon, Debussy détestait qu’on l’appelle impressionniste, mais c’est vrai que c’est ce qui est resté. Quoi qu’il en soit, ce qui m’intéresse chez Debussy, c’est qu’il reste un des compositeurs qui ont écrit de grands cycles pour le piano, dont Images, qui est un tournant de sa vie de compositeur. Quand il a écrit le premier livre d’Images, il l’a envoyé à son éditeur en disant quelque chose du genre : « Sans fausse modestie, je pense que ça trouvera sa place entre Chopin et Schumann ». C’est dire s’il était très sûr de lui. Dans les deux livres, écrits à quelques années d’intervalle, on remarque encore une évolution dans son écriture, dans ce qui est impressionniste.
Justement, comment décrire l’impressionnisme en musique?
C’est très compliqué. Mais chez Debussy on peut dire que ce n’est pas hyper-concret, mais c’est quand même évocateur. À la fois flou et transparent. On voit d’ailleurs avec les titres de ces Images : Reflets dans l’eau, Hommage à Rameau, Mouvement, et surtout sur ceux du second livre : Cloches à travers les feuilles, Et la lune descend sur le temple qui fut, Poissons d’or, que c’est très poétique et évocateur. Il y a un parfum assez spécial. Quelque chose d’un peu magique. J’adore le début du XXe siècle parce que la musique part un peu dans tous les sens
Suit, dans ce CD, un double Masques, d’abord celui de Debussy, puis celui de Szymanowski…
Oui, je trouvais ça marrant. Debussy a écrit une toute petite pièce qui s’appelle Masques, tandis que Szymanowski propose, une dizaine d’années plus tard, un truc monstrueusement difficile avec le même titre. Je trouvais ça assez chouette comme clin d’œil pour faire le lien entre les deux compositeurs.
Par le passé, vos albums proposaient plus un contraste, une différence entre les compositeurs, là au contraire vous avez opté pour une certaine ressemblance.
On ne peut pas toujours faire la même chose (elle rit). On dit toujours de Szymanowski que c’était l’impressionniste polonais. Mais bon, c’est un peu simpliste. Quand on écoute sa musique, c’est beaucoup plus contrasté, dans les nuances, dans l’effort, que la musique de Debussy qui reste très sensuelle. Ce que j’aime chez Szymanowski, c’est qu’à un moment, c’est beau et transparent et puis, il y a comme un choc, et on se retrouve dans la tradition esthétique russe, ou du moins d’Europe de l’Est. Dans Masques, il représente trois mythes classiques : Shéhérazade, Tristan et Iseut et Don Juan. C’est donc intéressant de voir comment ces deux compositeurs travaillent sur des pièces très évocatrices. L’approche est assez différente. Szymanowski raconte une histoire, tandis que Debussy l’évoque à travers une atmosphère.
Bref, les réunir dans un CD, ça fait sens.
Bien sûr. Personnellement je ne joue et surtout n’enregistre que des musiques que j’aime, mais j’essaye effectivement de faire des choix qui font sens. Enregistrer pour enregistrer… ça a déjà été fait, et ça coûte trop cher! Un CD n’est pas comme un concert, là, on laisse une trace indélébile, il faut donc non seulement être sûr de son coup, mais aussi faire quelque chose où on est certain d’apporter quelque chose de plus, de neuf. Et là, le fait de réunir ces œuvres dans un même CD, ça n’a jamais été fait avant. Et en tant qu’interprète, il faut toujours apporter un plus.
Qu’apportez-vous de plus?
Ça je ne sais pas. Mais je suis sûre de mon interprétation et de pouvoir laisser une trace en étant à 100 % certaine de ce que je fais......
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La belle idée, et qui ne s’est guère courue au disque ; mettre en regard Debussy et Szymanowski avec le prétexte des Masques de chacun. Ceux de Debussy viennent de Fragonard, de Watteau mais aussi d’un certaine Italie, ils ont un ton de fêtes galantes, des ivresses de carnaval ; ceux de Szymanowski sont des portrait voluptueux ou cruels où le compositeur d’Harnasie raffine son écriture de clavier jusqu’à la rendre impossible : on y trouve certaines des choses les plus difficiles à jouer mais aussi à comprendre du répertoire pianistique du XXe siècle, Sviatoslav Richter en était fasciné, y voyait des correspondances avec le Ravel des Miroirs et de Gaspard de la nuit.
Cathy Krier les joue à la pointe sèche éclairant les rythmes complexes, les harmonies astringentes, mais elle parvient aussi à faire paraître des personnages : on voit Shéhérazade (un peu Lorelei quand même, on perçoit en effet le parallèle possible entre Tantris et Alborada (ils sont strictement contemporains), et la Sérénade de Don Juan est emmenée avec aplomb. Quelle pianiste que cette jeune femme qui n’a peur de rien et compose toujours ses disques avec une telle acuité.
Même si j’aurais bien suivi Richter dans son idée de confronter le Polonais avec le Basque, je me laisse emporter par les deux Livres d’Images tels qu’elle les anime, clavier léger ou tout se reflète, éminemment debussyste même dans ces transparences qui font tout entendre sans que le mystère ne se dissolve. Et pour Masques, c’est l’ivresse pure et avec un chic !
Osera-t-elle le face-à-face des Miroirs et des Métopes ?......
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Label : CAvi-music
Parution : 15 septembre 2017
Codec : Free Lossless Audio Codec (FLAC)
Channels : Stereo / 44100 HZ / 16 Bit
Bitrate : 485 kbps
Duration :00:55:39
Inclus : Cover, Booklet, nfo
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