
Laibach
Opus Dei (1987)
MP3 (320 Kbs)
posté aussi en FLAC (16 bit)


Laibach n'est autre que la ville de Ljubljana en langue allemande, mot utilisé à l'époque ou la ville faisait partie de la Monarchie de Habsbourg et durant l'Invasion de la Yougoslavie. Le groupe voit le jour en 1980 peu de temps après la mort du leader d'après guerre Tito, décès qui engendrera une période d'incertitude dans le pays, et une lutte de pouvoir entre les nationalistes conservateurs et les politiciens libéraux. La réponse de Laibach fut de se présenter comme une organisation totalitaire, annonçant sa création et ses activités sous la forme d'affiches, allant jusqu'à utiliser un visuel faisant référence au national-socialisme, et au réalisme socialiste soviétique, en y mêlant des éléments de l'art populaire partisan.
Avril 1985, après plusieurs années d'activisme, Laibach parvient à sortir un premier album éponyme, qui marquera d'emblée la ligne martiale que suivra le groupe pendant de longues années, de par l'utilisation du tuba wagnérien, de battements militaristes, d'éléments orchestraux atonaux, des échantillons de discours patriotiques de Tito, ou encore par le timbre de son vocaliste, tout au long de morceaux riches en ironie sournoise. Suivront rapidement Rekapitulacija 1980-1984 et Nova Akropola, qui permettront à Laibach de s'exporter, avec une tournée au Royaume-Uni, à cette occasion le label Mute Records (Depeche Mode, The Residents, Nick Cave&The Bad Seeds...) repèrera le groupe et séduit par sa personnalité le signera immédiatement. Opus Dei le premier méfait de cette collaboration (qui court toujours à l'heure actuelle) arrivera en 1987, la facette de Laibach pleine d'esprit et d'humour sera de nouveau d'actualité, s'attaquant cette fois à la subversion de la musique rock contemporaine, Live Is Life d'Opus et One Vision de Queen en prendront pour leur grade.
Wikipedia en a des choses à dire[/color]
Genre : Industriel, Electronique, Experiemental
tag perso : metalindustriel-druide
Origine : Slovénie


line-up :
Dejan Knez : claviers, programmation
Milan Fras : chant
Ervin Markosek : claviers, programmation
Ivan Novak : programmation

Opus Dei est le premier album de Laibach publié par le label anglais Mute, peu après la signature du groupe en 1986. Il s'agissait pour Laibach de s'offrir les moyens de diffuser plus largement sa musique.
« Nous avions une stratégie très claire dans les années 80. Nous savions que nous devions signer pour l'un des labels indépendants importants en Grande-Bretagne si nous voulions faire quelque chose à plus grande échelle en Europe et dans le monde. Mute était vraiment la cible principale pour nous et nous avons finalement signé en 1986. Pour notre premier album sur Mute, nous voulions faire quelque chose qui était un peu plus compréhensible, pas quelque chose de purement industriel. »
Enregistrant l'album au studio Tivoli, le groupe fait la connaissance de Slavko Avsenik Jr. qui devient un collaborateur récurrent. Laibach va développer en sa compagnie les parties les plus orchestrales de ses futures créations.
Deux reprises différentes du morceau « Live Is Life » du groupe autrichien Opus sont présentes sur Opus Dei. La première est une version chantée en allemand, « Leben heißt Leben », et l'autre, « Opus Dei », en anglais. Laibach reprend aussi en langue allemande un titre de Queen, « One Vision », pour l'occasion renommé « Geburt einer Nation ». L'album se conclut par le morceau « The Great Seal », hymne de la micronation NSK.
La version CD d'Opus Dei comprend en plus 4 morceaux provenant de l'album Krst pod Triglavom - Baptism sorti en 1987 : « Herz-Felde », « Jägerspiel », « Koža (Skin) » et « Krst (Baptism) ».
Opus Dei fait partie des 1001 Albums You Must Hear Before You Die. En décembre 2009, le magazine britannique Classic Rock considère que Opus Dei est l'un des cinq meilleurs album de rock industriel.
Critique de l'Album
LAIBACH est rapidement devenu l’un des groupes phares de la musique industrielle et sa vision a influencé des cohortes de chanceux venus d’horizons divers. Prenons des exemples évidents dans le Metal : comment auraient sonné les OOMPH!, RAMMSTEIN et leurs nombreux clones sans le géant Slovène ?
Une écoute attentive de la galette qui nous intéresse aujourd’hui et la réponse vous sautera immédiatement aux oreilles. Je vous préviens que les traine-savates passeront un stage de rattrapage en deuxième semaine, faut pas déconner. Il est aisé de comprendre que nous avons ici affaire avec un créateur, à l’instar d’un CELTIC FROST dans un autre genre. Mais plantons le décor que dis-je la fresque sans attendre et le mot est faible.
1980, YOUGOSLAVIE, l’histoire de LAIBACH commence à Trbovlje, une ville minière non loin de Ljubljana. Sa musique se compose alors de sons violents mixés à des slogans politiques que vous pouvez notamment retrouver sur l’excellente compilation "Rekapitulacija 1980-1984". En 1985, un changement notable intervient avec la sortie de "Nova Akropola", car ce dernier entre dans une nouvelle ère. Ce LP propose à présent une musique martiale, très sombre, emphatique, qui mêle voix gutturales et sentencieuses avec des accompagnements variés. Le groupe conserve ses éléments électroniques, ajoute parfois une touche Heavy Metal tout en enrobant l’ensemble d’arrangements symphoniques très pertinents. Ces caractéristiques deviendront le sceau LAIBACH qui prendra un malin plaisir à le décliner sous toutes ses formes dans sa discographie fournie. Notons que le seul album véritablement Metal perdu dans ce chaudron improbable demeure "Jesus Christ Superstars"(1996). Mais laissons-le reposer pour l’instant.
Avant tout, les travaux évocateurs de la formation ont pour vocation de nous renvoyer au visage les travers des systèmes politiques et économiques mondiaux afin que ces derniers nous apparaissent clairement. Cette méthode de recyclage et de détournement historique attira pour un temps les foudres de la censure et de l’incompréhension.
"Opus Dei" reste sans doute le plus grand succès de ces forgerons iconoclastes. Ceci est dû en partie aux fabuleuses reprises présentes ici. "Life Is Life" des imbuvables OPUS et "One Vision" de QUEEN. Toutes les deux sont transfigurées. En vérité, il s’agit de véritables réappropriations. Nos slovènes sont en effet passés maitres dans ce domaine pointu. Ils transforment le plomb en or, le trou des WC en resto cinq étoiles. Ces titres n’ont au final plus qu’un lointain rapport avec les originaux, y compris dans leur sens textuel. Dans sa carrière LAIBACH réitèrera l’exercice de nombreuses fois, toujours avec l’ingéniosité qui le caractérise.
Le majestueux "Leben Heisst Leben" et ses chœurs virils renvoie gaiement Till Lindemann à ses chères études. Si le son des guitares est utilisé avec parcimonie, il est distillé à merveille sous la forme de soli crissant et déstructurés. "Geburt Einer Nation" devient cet hymne martelé, apte à soulever une armée entière en la menant vers la victoire. Freddie n’est plus qu’un lointain souvenir. LAIBACH ne nous laissera aucun répit, c’est ainsi, son intelligence force le respect et ses trouvailles sonores sont innombrables. Il est un alliage bouillonnant, de celui des vieilles usines du bloc de l’est et des mines de charbon de Slovénie. "Opus Dei" se révèle comme une marche militaire incomparable, rythmée au son mécanique des "Life !! Life Is Life !!" scandés et au souffle symphonique fabuleux. Milan Fras, au charisme surhumain, nous guide de sa voix profonde. "F.I.A.T." fascine de part ses mélodies dramatiques et sa voix déshumanisée. Alors que le virevoltant "Trans-National" s’incruste dans notre cortex tel un message subliminal, les guitares refont leur apparition et les riffs lourds des rampants "Leben-Tod" et "How The West Was Won" finissent d'écraser les derniers égarés. Après le cinématographique et héroïque "The Great Seal" qui se conclut par un extrait d’un célèbre discours de Churchill, nous découvrons quatre titres très hypnotiques sensiblement différents mais non moins exceptionnels. Il s’agit de morceaux qui sont extraits de l’énorme "KRT POD TRIGLAVOM BAPTISM" édité peu après la même année (Bande son d’une pièce de théâtre). Ces dernières salves aux ambiances incontournables se rapprochent des œuvres électroniques plus anciennes, tout en conservant un aspect orchestral proprement irrésistible.
L’une des œuvres majeures d’une formation qui ne l’est pas moins. Le temps ne semble avoir aucune emprise sur ces enregistrements importants.
OPUS DEI c’est une voix, un son glacial et implacable d’une modernité effarante.
Apprenez à craindre ce faciès grimaçant, entendez ses paroles, obéissez à ses commandements, puis prosternez-vous devant son trône de fer.
"plusieurs avis valent mieux qu'un"
Ce qui m’énerve avec Opus Dei, c’est qu’il est tellement génial que j’ai peur d’écrire une chronique qui ne soit pas à sa hauteur et d’être incapable de retranscrire sur papier tout le génie de LAIBACH et de sa musique. Car si cet album est actuellement considéré comme une référence de la musique industrielle, ce n’est pas juste à cause de son relatif succès, mais bien parce qu’en dessous se terre un disque monstrueux, un coup de massue aussi brutal que parfaitement exécuté, qui est loin, mais très loin de laisser indifférent le plus réticent des hommes. Cela commence par l'emballage en lui-même. La pochette présente un Slave au regard menaçant, torse nu, posant comme une sculpture d'Arno Breker. Mais c'est surtout son picture-disc qui choque l'opinion, car c'est bien une croix gammée que l'on découvre en ouvrant l'album. La presse s'empare de l'affaire et LAIBACH passe rapidement au rang de groupuscule néo-nazi, ce à quoi Milan Fras rétorque sans broncher : « Nous sommes autant fascistes qu’Hitler était peintre ». Bien peu ont reconnu en réalité la svatiska aux haches de l'artiste allemand John Heartfield, anti-nazi de la première heure. Côté musique, LAIBACH rentre dans une nouvelle ère et délaisse les morceaux d’ambient morbides et expérimentaux que l’on pouvait encore rencontrer sur Nova Akropola et Baptism, pour se diriger vers des compositions plus martiales, plus rock, imprégnées d’une rhétorique militaire implacable et d'une propension aux hymnes populaires grandiloquents.
Opus Dei débute d’une manière des plus inattendues, par des covers que l’on aurait pensé retrouver partout, sauf ici. Car ce que reprennent les morceaux « Leben Heißt Leben » et « Opus Dei » n’est autre que le tube « Live is Life » du groupe autrichien Opus. Cela pourrait en faire sourire certains, mais ces deux reprises sont pourtant impressionnantes et toutes deux très différentes : la première, lourde et pachydermique, nous enterre jusqu’au cou, tandis que la seconde, plus tranchante, nous déterre à coups de pioche. Le chant rauque est de rigueur, et c’est assez jouissif de voir comment LAIBACH transforme un hit de la pop music en deux tueries de la musique industrielle. Autre reprise, et non des moindres, celle de « One Vision », avec « Geburt Einer Nation », puissante, rythmiquement impeccable et véritable joyau au niveau des arrangements. Les claviers, maîtrisés à la perfection, imposent ce style volontairement décadent et menaçant, tout comme le modèle communiste au sein duquel les membres du groupe ont tous grandi. La première partie de l’album reste dans une veine brutale et sans concession mais d’une richesse incroyable. « Leben-Tod » et « How The West Was Won » nous écrasent de toute leur masse métallique rouillée, tandis que « F.I.A.T » (terme ambigu, à la fois religieux, militaire et économique) sonne comme une terrible prophétie adressée au monde entier : l’homme a toujours été l’instrument du pouvoir et cela ne changera jamais. « Trans-National » se démarque nettement par une composition plus agressive, aussi fulgurante qu’une charge de cavalerie prussienne sur l’armée française en déroute à Sedan. LAIBACH y fait évoluer sa musique vers d’autres directions et jette les bases d’un indus moins terre-à-terre, mais cependant plus difficile d’accès.
La seconde partie de l’album, dont les quatre derniers morceaux sont à l’origine issus du LP Baptism, voit LAIBACH produire une musique plus expérimentale, revenant à des compositions moins brutales, peut-être plus en rapport avec l’ambient des débuts, et bien entendu moins abordables. Si « The Great Seal », glorieux morceau, magnifique et prenant aux tripes tel un hymne national, passe sans difficulté, il vous faudra être patient pour les quatre suivants, excellentissimes mais réellement éprouvants. « Herz-Felde », à grands renforts d’ordres militaires en allemand, vous prépare à une fin encore plus repoussante : l’inquiétant « Jaegerspiel » bascule petit à petit dans une folie politico-militariste, s’affirmant nettement sur « Koza », où une voix glauque nous incite on ne sait trop guère à quoi. « Krst » enfin, termine l’album de façon démentielle, par une musique m’ayant toujours rappelé la terreur du 1984 de George Orwell. J’en frissonne encore.
Opus Dei est un album dont nul ne ressort indemne, et LAIBACH signe là un incontestable chef-d’œuvre. Un brûlot intemporel, provocateur, qui ne plaira pas à tout le monde, c’est certain, mais dont on ne peut contester la grandeur. Furieusement génial.
une petite idée, alors Youtube est votre ami :
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pour ceux qui ne voient pas les vidéos, un extrait est caché


Format : MP3 (320 Kbs)
durée totale : 59 mn 02 s
présence pochette & livret : non
les titres de l'album :
1. Leben Heißt Leben
2. Geburt Einer Nation
3. Leben-Tod
4. F.I.A.T.
5. Opus Dei
6. Trans-National
7. How The West Was Won
8. The Great Seal
9. Herz-Felde
10. Jägerspiel
11. Koza (Skin)
12. Krst (Baptism)

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