Origine : France Réalisateur : Patrice Chéreau Acteurs : Romain Duris, Charlotte Gainsbourg, Jean-Hugues Anglade, Alex Descas, Gilles Cohen Genre : Drame Durée : 1h 38min Date de sortie : 09 Décembre 2009 Année de production : 2008 Titre original : Persécution Critiques Spectateurs : 1.8 Critiques Presses : 3.0 Plus d'information sur allocine :http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=136064.html Bande annonce :Persécution Bande-annonce VF
pour ceux qui ne voient pas les vidéos, un extrait est caché
Daniel, 35 ans, est poursuivi par un inconnu qui s'introduit régulièrement chez lui et déclare être l'homme de sa vie. Mais d'où vient cet homme ? Comment est-il entré dans son existence ? Daniel ne s'en souvient guère. Il habite seul, va deux fois par semaine chez Sonia, une femme qu'il aime, idéalise et persécute à la fois. Sonia souhaite vivre avec Daniel un amour apaisé, mais celui-ci s'acharne à lui réclamer toujours plus. Balloté entre Sonia et ce mystérieux quidam qui le harcèle, Daniel perd pied. Autour de lui, c'est l'incompréhension la plus totale, ce qui ne l'aide guère à faire le point sur ses projets et sur ses désirs...
Et la critique en pense quoi ?
Il fuit. Il croit qu'il reste, mais il fuit. Il croit qu'il donne, mais il prend. Il croit qu'il aide, mais il tape. Dur, parfois. Sur son pote Michel, dont il révèle les secrets sans même se rendre compte des conséquences. Ou sur sa copine Sonia, qu'il aime, d'accord, mais quand ça lui chante... Daniel ( Romain Duris, fébrile, furieux, terrifié ) marche, parle, court, râle, toujours en mouvement, toujours en absence. Il ne possède rien, n'habite nulle part, sinon sur les chantiers des appartements qu'il rénove, sans vraiment les terminer.
Et voilà qu'un homme se met à le suivre, le traquer, le harceler. Un demi-clochard, croisé dans le métro, un cinglé qui se dit fou d'amour, qu'il a retrouvé, un jour, sur un de ses chantiers, saoul et à poil, qu'il a foutu à la porte et qui est rentré, aussitôt, par la fenêtre... Daniel a beau l'engueuler, le jeter, le frapper, l'autre revient. « Tu m'aimes ! Un jour, tu m'aimeras, c'est pas possible autrement... »
C'est encore un de ces affrontements psychologiques et sentimentaux comme en charrie le cinéma français. Sauf que celui-ci est inconfortable. Dérangeant. Comme ses personnages, Patrice Chéreau n'aime pas que « ce soit fluide ». Il montre, en plans secs, courts et vibrants (on dirait du free jazz qu'évoque, d'ailleurs, l'ambiance musicale d'Eric Neveux), des êtres qui, pour éviter la chute, tentent de se raccrocher les uns aux autres, mais en vain. Le vide est le plus fort, il les envahit...
Avec ce film, ardent et terrible, Chéreau fait tout sauter. La distance qu'il s'obstinait à maintenir - et Dieu sait que certains le lui reprochaient - entre lui et ses personnages. Leur noirceur excessive, aussi, proche, parfois, d'un nihilisme salonnard.
Ici, ils sont tous pantelants, énervants (« J'agace tout le monde », dit Daniel, ce en quoi il n'a pas tort), mais en brûlures. En tourments. En vie... Sauf que vivre, précisément, ils ne savent pas : ils n'y arrivent pas, on ne leur a pas appris. Ils s'obstinent, néanmoins, ils y travaillent dur, comme Sonia (Charlotte Gainsbourg), qui n'est que patience et courage face à ce type qu'elle aime trop pour lui imposer constamment sa présence. « Je suis une fille plutôt rassurante, lui murmure-t-elle, je le sais : tu m'as choisie pour ça. » N'empêche que c'est dur, par moments, d'entendre son mec lui lancer, à bout d'arguments : « Puisque je suis arrivé à t'aimer, pourquoi, toi, tu ne cesserais pas, demain ? »... Et encore plus dur de s'apercevoir qu'on aime mieux à distance, quand on appelle l'autre, une nuit, de Philadelphie et qu'au téléphone il se montre brusquement inquiet, étonnamment tendre - tout ce qu'il n'est pas quand on est là...
Chéreau happe un drôle de monde à cran, où l'on se gifle, dans le métro, pour un sourire mal compris, où ce sont les persécuteurs qui se sentent persécutés, où chacun cherche en l'autre à la fois sa copie conforme et son double inversé. Notre fragilité, nos incohérences, notre déraison ont rarement été aussi bien mises en lumière - si, chez Jacques Doillon, jadis. Dans ces lieux clos en perpétuel désordre, dans ces rues nocturnes que Chéreau et son chef op, Yves Cape, éclairent comme un décor de théâtre. Où un jeune homme à moto se crashe, soudain. Où, après une rupture de plus, Daniel téléphone, encore et encore à celle qu'il n'arrive ni à aimer, ni à quitter, toujours guetté par son « idiot » amoureux...
Car il y a, évidemment, dans ce film superbe - le plus beau de Chéreau -, des lueurs et des abîmes dostoïevskiens chez les personnages, qui, tous, foncent dans la nuit pour trouver une possible lumière. Sonia s'appelle Sonia - comme l'ange salvateur de Crime et châtiment. Quant au « persécuteur » de Daniel (Jean-Hugues Anglade, génial), il se mue, lors d'une scène magnifique - un de ces plans qu'on aimerait voir Chéreau oser plus souvent -, en une sorte de confesseur. Une présence bienfaisante. Et l'on devine, alors, parce que c'est le seul à savoir aimer vraiment, qu'il continuera, en dépit des tortures et rebuffades, à veiller, de loin, sur son amour, telle une sentinelle...
Qualité : TVRIP 720p Format : MP4 Langue : True French Codec vidéo : x264 2pass à 2000kbps Codec audio : AAC à 192 kbps
Hébergeur : seedbox Nombre de fichiers :1 Taille totale : 1.56 Go
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