Mollenard - Robert Siodmak 1937
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Synopsis : Un capitaine au long cours trafiquant d'armes rentre a Dunkerque. Un de ses ennemis a detruit son navire.
Après avoir fui l'Allemagne nazie en 1933 et avant de rejoindre Hollywood, Robert Siodmak s'installe en France, où il réalise huit films, dont ce Mollenard, bel ouvrage qui réunit Schüfftan à l'image, Trauner aux décors et Milhaud à la musique. On est d'abord immergé en pleine aventure exotique, en Chine, dans un monde mouvant et interlope de bouges, de trafics et de chantages. Après l'incendie du bateau, nous voilà sur la terre ferme, à Dunkerque, où le drame naturaliste nous cueille. Mollenard, bourlingueur rustre, parfois déplaisant, mais finalement humain, affronte son épouse, bigote tyrannique qui dresse son mari comme un chien. Servi par des dialogues crus, le face-à-face entre les deux monstres sacrés que sont Harry Baur et Gabrielle Dorziat surprend par la vigueur libertaire de sa charge antibourgeoise. Ni Dieu, ni épouse, ni patrie, mais la mer et ses hommes comme seules attaches pourrait être la devise du forban.
Source : Télérama. Jacques Morice
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MOLLENARD est un des plus grands films des années 30 qui égale les plus grands films noirs américains de Siodmak (LES TUEURS, POUR TOI J’AI TUÉ) dont il partage le ton âpre et violent. Fatigué d’essayer de sauver des commandes boiteuses, ce dernier découvre un roman de l’auteur belge OP Gilbert, mélange de Jack London et de Strindberg nous dit Hervé Dumont dans son bouquin sur le réalisateur. Siodmak s’endette pour acheter lui-même les droits tout en changeant la fin du livre ce qui enthousiasme le romancier. Il travaille de près au scénario avec Gilbert et Charles Spaak, choisit Darius Milhaud pour la musique et tourne le plus souvent en extérieurs. Il nous plonge d’emblée au cœur d’un univers rance, confit dans l’avarice, la dévotion, le respect de l’ordre. Il y a deux sujets qui s’opposent, se répondent, se juxtaposent dans MOLLENARD : d’abord une spectaculaire histoire d’aventures exotiques, visuellement splendide (magnifique photo de Eugen Shuftan) sur fond de trahison, de trafic d’armes d’abord organisé par la Compagnie Maritime et ses puissants actionnaires et que Mollenard reprend à son compte. Trauner reconstitue les rues de Chapeï, dévastées par les bombardements japonais.
L’autre sujet se déroulant en France nous précipite, comme l’écrit Olivier Père dans « un drame atroce de la conjugalité qui met en scène un couple monstrueux séparé par les mers mais uni par la haine ». Gabrielle Dorziat est inoubliable tout comme Harry Baur, héros volcanique « totalement cynique et amoral et en même temps profondément humain, et finalement admirable ». Siodmak s’en prend aux mœurs impitoyables de la Compagnie, à la Religion qui en est complice, à tout un ordre social hypocrite, miné par le lucre. On peut voir dans MOLLENARD une œuvre en prise avec le Front populaire, qui toujours selon Olivier Père « frappe par les sentiments toujours plus grands que nature – jusque et surtout dans la bassesse – qui animent les personnages »
Source : Bertrand Tavernier
http://www.tavernier.blog.sacd.fr/des-classiques-siodmak-wellman-et-des-modernes-ramin-barhani/
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Origine : France
Réalisateur : Robert Siodmak
Scénario : Charles Spaak, d'après le roman de Oscar-Paul Gilbert
Genre : Drame
Musique : Darius Milhaud
Durée : 102 mn
Date de sortie : 1937
Acteurs :
Harry Baur : Justin Mollenard
Gabrielle Dorziat : Mathilde Mollenard
Pierre Renoir : Bonnerot
Albert Préjean : Louis Kerrotret
Ludmilla Pitoëff fille (créditée Élisabeth Pitoëff) : Marie Mollenard
Robert Lynen : Jean Mollenard
Jacques Baumer : Chevrier
Gina Manès : Marina
Walter Rilla : Fraser
Marta Labarr : Betty Hamilton
Marcel Dalio : Happy John
Maurice Baquet : le joueur d'harmonica
Jean Clarens : le lieutenant
Roger Legris : le télégraphiste
Fun-Sen : une chinoise
Lilianne Lessafre : l'entraîneuse
Jacques Louvigny : Truffier
Armand Lurville : Dubailly d'Elboeuf
Arthur Devère : Joseph, le majordome
Pierre Sergeol : Fourcade
Robert Seller : le préfet
Georges Mauloy : l'abbé Mangin

Qualité : Remux DVD9 (720x576)
Format : MKV
Langue :
Français
Codec vidéo : MPEG-2 à 9197 kbps
Codec audio : AC-3

Taille Film : 6,56 Go
