L’invention de Hugo Cabret
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Auteur : Briand Selznick / Éditions Bayard Jeunesse
2008 / Epub / 9.26 Mo
L'invention d'Hugo Cabret est un livre d'une originalité profonde, où les images ont la même importance narrative que les textes. L'expression « roman graphique » semble avoir été forgée pour lui. Sur les 533 pages qui le composent, seule 182 sont véritablement du texte, le reste est composé d'images au crayon, dessinées par l'auteur, ou de photographies noir et blanc d'époque. L'intelligence de l'auteur est de ne pas limiter leur rôle à la restitution d'un Paris devenu mythique, celui de cette Belle époque, où le cinéma s'invente, où la modernité s'affirme dans les arts comme dans les sciences. Ici les images ne sont pas illustratives, elles sont narratives. Il faut les lire et les faire sienne comme les mots d'un texte. Elles sont dans les mailles d'une histoire. A sa manière Brian Selznick amplifie le travail entamé il y a longtemps par Chris Van Allsburg. Mais ce qui aurait pu n'être qu'une manière, une astuce formelle de plus, charpente ici une histoire passionnante, énigmatique, laissant place à l'imaginaire, tout en ce faisant un bel hommage à des artistes comme Georges Méliès. Livre ouvert, il s'offre, à notre époque qui s'affirme comme celles des images, comme un moyen étrange, peut-être inédit, mais certainement d'une indispensable initiative, de ne plus limiter la lecture aux mots et de l'étendre aux images.
« Ne tournez pas la page trop vite ! Imaginez d'abord que vous êtes assis dans le noir, comme au cinéma avant le début d’un film…….. » Hugo Cabret est orphelin : son père, qui l’élevait, est mort dans l’incendie du musée où il était employé comme horloger. Ses seuls compagnons sont un automate trouvé dans les décombres du musée, sur lequel travaillait son père, et son oncle, un poivrot qui l’héberge dans les combles de la gare. Un jour, l’oncle disparaît. Hugo n’a d’autre solution que de se cacher et de poursuivre le travail de l’oncle (régler les horloges) en priant pour qu’on ne le découvre pas. Car il a un but : finir de réparer l’automate de son père. Hugo est persuadé qu’une fois en état de marche, celui-ci lui délivrera un message important. Pour cela, il dérobe chaque jour un jouet à un vieux vendeur, se constituant ainsi une réserve de rouages, de ressorts... Seulement, un matin, le vieil homme le prend la main dans le sac : il lui confisque son carnet de croquis, indispensable à la réparation de l’automate, et l’oblige à travailler pour lui… Grâce à sa nouvelle amie Isabelle, la fille du vieil homme, Hugo finira par réparer l’automate, qui reconstituera sous ses yeux un dessin de Georges Méliès, le créateur du Voyage dans la Lune. Et il découvrira que le vieux marchand n’est autre que Méliès que tout le monde croyait disparu.