Abu Navas Rhapsody
Artiste : Dhafer YoussefDurée : 1h 0min 30 sLabel : Jazzland RecordingsDate de sortie : 27 Novembre 2010Plus d'information sur deezer : http://www.deezer.com/album/11657716
Tunisien, le virtuose de l’oud Dhafer Youssef (aussi confortable aux
côtés du trompettiste italien Paolo Fresu, ou du pianiste cubain Omar
Sosa) aurait pu se cantonner, dans la quarantaine qui l’habite
désormais, à l’expression ethnique de son art, satisfaisant par là-même
les gardiens de l’orthodoxie, et les amateurs de musiques du monde,
considérant qu’il n’est de salut hors des canons du genre. Un voyage en
Autriche (et un séjour viennois conséquent) en décidera autrement. Il y
fréquentera quelques figures emblématiques du jazz européen (Renaud
Garcia-Fons croisera Nguyên Lé). Puis, une villégiature new-yorkaise lui
apprendra l’électricité, et l’influence qu’elle peut avoir sur
l’inspiration musicale (l’ancien percussionniste de Miles Davis Mino
Cinelu n’étant pas étranger à l’affaire). Aujourd’hui – et après une
installation au royaume des fjords norvégiens – le musicien concrétise
sa nouvelle passion pour la musique improvisée à dominante acoustique.
Cet album rassemble en effet le piano virtuose (et nouvelle coqueluche
du jazz continental) de l’Arménien Tigran Hamasyan, le Canadien (mais
résidant en France, et professeur de l’un des conservatoires du pays)
Chris Jennings à la contrebasse, ainsi que Mark Guiliana à la batterie
(il a croisé le fer avec Avishai Cohen, et est usuellement, dans son
Kentucky natal et dans le reste de l’univers, considéré comme l’un des
instrumentistes avec lequel il faudra désormais compter dans les toutes
prochaines années).
Autant dire que l’orthodoxie n’a que peu
cours au sein de cette Rhapsody. Moins moderne (au sens technologique du
terme) et électrique que par un passé récent, Youssef nous entraîne
dans un paysage de rêve, mêlant improvisations viscéralement rattachées
au dogme du jazz moderne, et mélopées méditatives, planant au-dessus des
mélodies comme autant de tapis volants. Entre nappes sonores aériennes
et clavier pointilliste, chant modulé jusque dans les contreforts de
l’aigu extrême et brisures rythmiques, cet album endosse la défroque
d’un périple dans un univers inconnu, et fantasmagorique. Ici
s’effondrent les clivages entre orient et occident, profane et sacré,
grâce à un chant irréel, directement issu de la tradition soufi.
Abu Nawas Rhapsody est un album sans clivages entre les cultures, sans
a priori,
ni archétypes, pour une musique ouverte sur le monde, entre musique
ethnique et jazz, improvisation et rigueur d’une inspiration millénaire.
Planant dans une atmosphère de fusion, de compréhension, et de
synthèse, cela reste, en conséquence, une authentique réussite.
Liste des pistes- Sacré "The Wine Ode Suite" (4min 54s)
- Les Ondes Orientales (9min 9s)
- Khamsa "The Khamriyyat of Abu Navas" (7min 38s)
- Interl´Oud (1min 43s)
- Odd Elegy (4min 53s)
- Ya Hobb "In The Name Of Love" (4min 7s)
- Shaouk (2min 7s)
- Shata (5min 22s)
- Mudamatan "The Wine Ode Suite" (4min 51s)
- Hayastan Dance (5min 0s)
- Sura (6min 7s)
- Profane "The Wine Ode Suite" (4min 39s)
Codec audio : FLAC à 800kbpsMES TORRENTS