ADN Baroque | Theophile Alexandre & Guillaume Vincent
2018



Contre-ténor & danseur contemporain, fort d’un double diplôme au Conservatoire Supérieur de Lyon, Théophile Alexandre se distingue dans des concours de chant internationaux (Vienne, Innsbruck, Bern, Naples, Barcelone…), avant de se produire sur les PLUS BELLES SCÈNES MONDIALES : Philharmonie de Paris, Lincoln Center de New-York, Opéra Royal de Versailles, Théâtre National de Chaillot, Concertgebouw d’Amsterdam, Théâtre des Champs Elysées, Maison de la danse & Opéra de Lyon, Salle Gaveau, Opéra de Bern, Opéra d’Ottawa…
S’il est mis en lumière dans de tels écrins d’exceptions, Théophile est surtout révélé par des ORFÈVRES HORS PAIR de la musique et de la danse qui, depuis dix ans, taillent, affinent, cisèlent son double talent si singulier…
Jusqu’à l’affirmer comme L’UN DES RARES ARTISTES AU MONDE maîtrisant ces deux arts et osant les entremêler.(WebSite)
Guillaume Vincent est né en 1991 à Annecy. Il commence à étudier le piano à l’âge de 7 ans et donne ses premiers récitals solo et ses premiers concertos avec orchestre dès l’âge de 10 ans. A 13 ans il entre au Conservatoire National Supérieur de Paris pour en sortir à 18 ans avec un Master de piano et à 19 ans avec un diplôme de 3ème cycle d’Artiste-interprète.
Prix Drouet-Bourgois en 2006, Premier Prix au concours de Leipzig « Young Concerts Artists » en 2008, Prix de l’Académie Ravel et Prix des Mélomanes de la Côté Sud à Saint-Jean de Luz en 2009, Troisième Grand Prix au concours Marguerite Long – Jacques Thibaud, Prix de la SACEM, Prix de la Fondation Lacroix et Prix de l’Orchestre National de France en 2009, Premier Prix « Jeunes » du concours Adelia Alieva en 2010 et Premier Prix « Professionnels » en 2016, Révélation classique de l’ADAMI en 2010, Prix Jeunes Talents en 2011 (WebSite)
Le contre-ténor Théophile ALEXANDRE et le concertiste Guillaume VINCENT osent déshabiller le baroque en piano-voix : une relecture contemporaine totalement inédite, explorant par la puissance de l’intime du piano-voix cette force des fragiles qui signe notre humanité.
MANIFESTE MUSICAL I ADN BAROQUE est une relecture contemporaine du baroque en piano-voix, osant déshabiller ce courant musical de ses fastes d’époque pour en offrir une version minimaliste, épurée, à fleur de peau. Ainsi mis à nu, ces airs révèlent la modernité de leur ADN mélodique, dévoilant des facettes inouïes de leur écriture, pour nous faire (re)découvrir le baroque autrement.
MANIFESTE HUMANISTE I ADN BAROQUE est aussi un voyage en mode mineur dans l’ADN émotionnel de l’homme, cette créature pétrie de contrastes que le baroque a radiographié de façon visionnaire. En 21 pièces, comme les 21 grammes du poids de l’âme, ce disque nous conte alors nos vulnérables, nos invincibles, explorant ces lumières filtrant par l’interstice de nos failles pour mettre à nu les êtres si parfaitement imparfaits que nous sommes : des perles irrégulières, entre terre et ciel, entre ombres et lumières.
MANIFESTE CRÉATIF I ADN BAROQUE est enfin une prise de liberté artistique par son audace de relecture en piano-voix, à contre-courant des pratiques sur instruments anciens, sans volonté de restitution : un désir d’élargir la palette des possibles, préférant la richesse du ET à l’exclusion du OU, saluant les interprétations sur instruments baroques ET proposant une nouvelle voie. Pour que vive le baroque, sous toutes ses formes, comme une main tendue : à chacun, à tous. (WebSite)
C’est une mise à nu, au sens propre comme au sens figuré : le chanteur pose nu sur le piano. Et délivre un chant brut mais millimétré comme un diseur dans le lied ou la mélodie française. En blanc et noir, en une approche « radiographique », les deux artistes régénèrent l’exercice du récital lyrique. Le travail se concentre sur le relief intime, le souffle, l’intonation et la projection du verbe… répond à ce souci du sens et de l’affect (un principe moteur dans l’esthétique baroque, en particulier à l’opéra dont sont extraits maintes séquences ici), le piano, complice privilégié pour cette exacerbation canalisée des passions humaines…
Les titres de chaque extrait sont parlants, porteurs d’un imaginaire psychologique désormais essentiel car il est ici vécu et joué de façon viscérale : « l’oubli, la célébration, l’ambition… l’effroi, la colère, l’abandon, les larmes, la liberté »… La palette est aussi large que l’implication des deux interprètes profonde, parfois grave, toujours intense.
La réussite est totale car l’intelligence du programme, c’est à dire la succession des oeuvres proposées crée une dramaturgie qui saisit par l’intensité des climats intérieurs, la recherche permanente de ce que dit le texte, la volonté d’exprimer l’introspection et la charge émotionnelle de chaque air. C’est une traversée intime où chaque épisode doit sa « vérité » au choix des compositeurs : les plus grands du XVIIè (Monteverdi, Purcell…) et du XVIIIè européen (JS Bach, Haendel, Vivaldi…).
21 airs, 21 sentiments de l’âme… Belle idée en ouverture d’aborder le récital par l’indicible langueur de Monteverdi (“Oblivion soave“… extrait de L’Incoronazione di Poppea) dont le contre ténor Théophile Alexandre exprime tout le vertige halluciné ; lui répond un piano littéralement hypnotique du très pictural Guillaume Vincent … au toucher de rêve : quel régal dans des airs baroques où l’on pensait que seuls comptaient la virtuosité et le panache. Rien de tel ici tant la sincérité, l’intériorité, la précision feutrée sont éloquentes et remarquablement exprimées. On souhaiterait écouter le pianiste dans un récital seul chez Rameau ou Scarlatti…
Ecoutez ainsi comment le clavier installe un climat de balancement onirique, à la scansion taillée comme un diamant, à la fois percussif mais tendre (nouvel oxymore… notion qu’apprécient les initiateurs de ce programme) pour l’air de l’hiver de Purcell (« cold song » / renommé « l’effroi » – plage 6) ; même franche émission et naturel vocal réjouissant, et d’une belle complicité dans le meilleur duo lyrique à notre avis (avec la soprano Marion Tassou), épisode “Les larmes” : « son nata a lagrimar» de Haendel, où les deux timbres s’enlacent et se répondent en une déploration aérienne, pudique et sobre.
Tout le programme relève dans le chant, de ce souci de la nuance et de l’émission, sublimé par un piano constamment enivrant. (source)
On voudrait bien aimer ce disque. Derrière une multitude de textes où production et artistes décrivent leur projet avec lyrisme et s’autocongratulent, au risque d’agacer, transparaît un enthousiasme sincère. Ce « manifeste créatif », donc, nous promet une « relecture contemporaine du baroque en piano-voix » dont le minimalisme doit nous amener à « entendre le baroque autrement ». Sur le papier, c’est un ambitieux projet porté par le pianiste Guillaume Vincent et le contre-ténor et danseur Théophile Alexandre. Ce dernier a déjà multiplié les expériences originales mêlant volontiers danse et chant, de Monteverdi à la création contemporaine en passant par Bach et même l’opérette d’Hervé : il a le goût des chemins de traverse. Convenons toutefois que transpositions, coupes et arrangements pour piano ne sont pas nouveaux dans ce répertoire. Certes passés de mode, les arie antiche sont toujours le pain quotidien des chanteurs débutants ou aguerris, et les jeunes pianistes découvriront encore longtemps Bach à leur clavier. Côté style, le bréviaire baroque est respecté, et l’émotion explicitement associée à chaque aria s’inscrit dans la théorie des affects. Le livret annonce cependant de vraies originalités : un « Eja mater » modifié pour en faire une « comptine macabre », et un piano préparé au cachemire pour l’air du froid de Purcell et le « Cum dederit ». Mais globalement, rien de bien impertinent, et de véritable relecture, point.
De toute évidence, le programme a été pensé et enregistré avec soin, et aligne des pages superbes qui ne sont pas toutes archiconnues du grand public. La voix de Théophile Alexandre n’est pas vilaine, plutôt claire sans se cantonner à un angélisme diaphane. Indéniablement sensible au théâtre, Alexandre cherche à tirer autant de couleurs que possible d’une voix à la palette limitée, livrant par exemple un « Strike the viol » souriant jusqu’au rictus, tandis que « One charming night » paraît gris et épuisé. Effet voulu pour suggérer une nuit d’amour intense ? La célèbre Cold Song, trop feutrée et timide, ne fait pas passer le frisson. Capté de près pour favoriser l’intimité, le chanteur expose aussi fatalement ses limites. On ne pourra certainement pas reprocher au chanteur de ne pas avoir de personnalité, mais l’expression nous paraît souvent appliquée et maniérée plutôt qu’inspirée. L’Acis de Porpora, le Ptolémée de Haendel ou encore la Judith de Vivaldi trahissent des difficultés en termes de phrasé, d’homogénéité, d’intonation ou de vocalisation. Plus réussis sont les duos avec les sopranos Chantal Santon (« Pur ti miro ») et Marion Tassou (« Son nata a lagrimar »), la berceuse d’Arnalta et la sobriété des dernières plages du disque, dont l’inaltérable « Lascia ch’io pianga » : tout cela suffira à séduire les adorateurs de falsettistes. La réduction pour piano fonctionne plutôt bien, sauf dans quelques extraits : le duo de Poppée et Néron est singulièrement appauvri, et le toucher de Vincent n’allume pas les flammes qui devraient embraser les extraits d’Alessandro et de L’Olimpiade. En revanche, cet « Eja mater » où la main droite égrène ses notes dans l’aigu peut séduire par sa mélancolie de jour de pluie.
Au fond le problème est simple : nous n’avons pas été bousculé, surpris ou ému en parcourant ces 21 airs. Ainsi offertes en succession d’instantanés, ces arias ont toutes été mieux servies ailleurs et la vertu de l’ensemble ne saute pas aux oreilles. Sautera-t-elle aux yeux ? Après avoir été donné au Théâtre de l’Athénée à Paris, ce programme, agencé différemment, fera l’objet d’une tournée. Ce n’est pas un récital ordinaire : Théophile Alexandre y chante et danse seul en scène avec son pianiste*. Là est la véritable audace du projet ! De toute évidence, c’est au public conquis par ce spectacle que ce disque s’adresse avant tout. (source)
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Label : Klarthe
Parution : 14 septembre 2018
Codec : Free Lossless Audio Codec (FLAC)
Channels : Stereo / 44100 HZ / 16 Bit
Bitrate : 484 kbps
Duration : 01:13:16
Inclus : Cover, Booklet, nfo



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