Schumann - Three Sonatas for Piano | Béatrice Berrut2010 / 2014


Béatrice Berrut, née le 19 avril 1985 à Genève, est une pianiste classique suisse, originaire du canton du Valais.....(...page Wiki...)
Béatrice Berrut. Si elle a commencé à skier à deux ans, ça n’est que plus tard que le piano fait son apparition dans sa vie. Et pourtant, il y en a toujours eu un à la maison, qui résonnait sous les doigts de sa mère. Il ne fut pas de soir où les deux sœurs ne se sont endormies aux mélodies des Scènes d’enfants de Schumann ou des Chansons sans paroles de Mendelssohn.
Petit à petit, fascinée par le son, elle se rapproche discrètement de cette étrange caisse en bois qui produit des harmonies si belles et expressives. On lui fait alors prendre ses premiers cours de piano. Elle a huit ans. Très vite l’instrument obnubile ses pensées, car il lui permet un accès à un monde merveilleux et parallèle, bien loin du plat quotidien de l’école primaire. Sur son pupitre, à l’agacement de ses voisins, elle passe les longues heures de la journée à répéter ses pièces. Puis un jour dans sa onzième année vient la révélation : le hasard veut qu’elle trouve dans la discothèque de ses parents l’enregistrement du deuxième concerto de Brahms. C’est un choc existentiel ; le monde tel qu’elle le connaît se dérobe sous ses pieds, pour lui ouvrir une porte dans le cosmos. Cette musique est irréelle et tellement belle qu’elle lui paraît presque insoutenable. Des nuits blanches suivent cette rencontre. Dans son lit, les yeux rivés au plafond, elle dirige le Concerto de Brahms. Le matin en se levant, elle respire le Concerto de Brahms, durant la journée elle chantonne le Concerto de Brahms. Elle voudrait être le Concerto de Brahms. Tout est soudain clair : son existence est là pour servir cette musique venue d’un autre monde......(...WebSite...)
Génial de bout en bout, le recueil des trois Sonates pour piano de Schumann représente quelques-uns des sommets de la musique romantique de piano – moins connus certes que le Carnaval ou la Fantaisie, à l’exception de la Deuxième, que les virtuoses aiment mettre à leur programme. On est toujours porté, ici, par le souffle impétueux du jeune artiste allemand, ainsi que par cette exigence intérieure qui vous touche directement, dans la lignée de Beethoven (pour la forme, très libre) et de Schubert (pour la pensée romantique).
Ces trois sonates ont été écrites dans les années 1830, qui voient l’éclosion du génie de Schumann, dans des circonstances biographiques dramatiques: la mort de sa sœur Rosalie, une paralysie de la main droite mettant fin à une carrière prometteuse de pianiste, une liaison féminine qui lui vaut une attaque de syphilis, puis des fiançailles rompues avec la fille d’un riche baron de Bohême… Fin 1835, c’est enfin l’amour pour Clara Wieck, contrarié par le père Friedrich Wieck. Le jeune couple devra attaquer celui-ci en justice pour pouvoir enfin se marier en 1840. La personnalité de la jeune fille, née en 1819, hante les trois œuvres. (...WebSite...)
Il s'agit d'un premier enregistrement particulièrement impressionnant de la pianiste suisse Beatrice Berrut, née en 1985. La première sonate fait la plus forte impression, en partie parce qu’elle est la plus inspirée des sonates de Schumann, mais aussi du contrôle rythmique infatigable de Berrut dans la finale de l’œuvre. C'est un mouvement qui peut sembler tentaculaire et trop répétitif dans des performances qui ne parviennent pas à maintenir ses rythmes pointés, mais la performance de Berrut apporte de la cohérence à sa structure avec la clarté et le contrôle de son jeu.
Si la seconde Sonate ne possède pas l'abondance et la variété d'idées musicales ni d'expérimentations formelles du Premier, c'est toujours un travail tout à fait réussi, juste plus compressé. Le premier accord de son mouvement d'ouverture doit signaler l'humeur urgente et passionnée de ce qui va arriver, mais l'attaque de Berrut est un peu timide. Bien que son jeu soit fluide et énergique, elle aime donner aux phrases des débuts et des fins distincts, comme des phrases correctement rythmées, ce qui l’éloigne du balai du premier mouvement, avec sa course folle à la fin. Son phrasé dans les mouvements extérieurs de la Troisième Sonate a également cette tendance et ils semblent moins impulsifs qu’ils ne le pourraient.
Une autre faiblesse légère, plus évidente dans le mouvement lent de la Deuxième Sonate, est l'absence occasionnelle de Berrut d'un son de chant concentré dans la main droite. Son jeu de mélodies plus lentes peut sembler trop occasionnel. Ce n'est pas seulement une question de volume, mais de projection et de définition claire de l'équilibre entre mélodie et accompagnement. Dans le second sujet lyrique du quatrième mouvement, elle fournit le ton voulu et le résultat est satisfaisant sur le plan émotionnel.
La troisième sonate existe en trois versions. Dans sa forme en trois mouvements (concerto), jouée ici, le titre «Sonate» est remplacé par «Concert sans orchestre». Les première et troisième versions contiennent respectivement cinq et quatre mouvements, auxquels sont ajoutés un ou deux scherzos. La programmation de la version à trois mouvements est ce qui permet d’ajuster les trois sonates pour piano de Schumann sur un CD.
J'ai d'abord découvert la Troisième Sonate grâce à l'enregistrement par Horowitz de la version à quatre mouvements. Sa performance décousue mais convaincante exploite les contrastes les plus extrêmes possibles entre la dynamique et les textures et me donne en quelque sorte l’impression que le but de la pièce, et son titre, est que le piano soit joué de la manière la plus orchestrale possible.
Berrut adopte une approche différente, moins colorée. Elle maîtrise parfaitement les difficultés techniques considérables de son travail et fait sonner la musique avec reconnaissance, ce qui n’est pas le cas. Elle donne aux mouvements extérieurs un sentiment de rationalisation et, avec son élucidation structurelle, on remarque que le niveau de la musique n’est pas tout à fait à la hauteur des deux autres sonates. Le deuxième mouvement, un ensemble sombre de variations inspirées d'un thème de Clara Schumann, parfois interprété séparément, est une exception, et Berrut le joue aussi expressivement que Horowitz.
Le son clair et flatteur enregistré est le meilleur que Centaure ait enregistré pour un enregistrement au piano, et j’ai recommandé le disque principalement pour la première sonate, bien que les deuxième et troisième voix soient habilement jouées et valent la peine d’être écoutées. Les enregistrements classiques de la seconde par Richter et Argerich captent davantage l'intimité et la sauvagerie de la musique.FANFARE: Paul Orgel
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Label : Centaur Records / Doron Music
Parution : 2010 / 2014
Codec : Free Lossless Audio Codec (FLAC)
Channels : Stereo / 44100 HZ / 16 Bit
Bitrate : 506 kbps
Duration : 01:12:30
Total Size : 259 Mo
Inclus : Covers, nfo
Preview:


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