Anna Gourari, née à Kazan, est une artistique exceptionnelle pour sa génération. Elle a notamment été lauréate du premier concours international Clara-Schumann de Düsseldorf (1994), ainsi que des concours Echo Klassik organisés par Deutsche Phonoakademie en 2000 (Espoir de l’année) et 2001 (Instrumentaliste de l’année). Anna Gourari, qui se produit régulièrement au Konzerthaus de Vienne et au Festspielhaus de Baden-Baden, a joué avec de grandes formations dirigées par des chef d’orchestres tels que Lorin Maazel, Zubin Mehta ou Iván Fischer. Spécialisée dans la musique du XXe siècle et la musique contemporaine, elle a enregistré de nombreux CD avec des œuvres de Prokofiev, Zemlinsky, Hindemith, Bartók, Poulenc, Bialas, Hiller, Gubaidulina et Shchedrin. (bechstein)
Solitaire et radieuse Anna Gourari Il faut oublier, tout oublier pour entrer dans l’univers d’Anna Gourari. Un univers hors du temps et des esthétiques, en quête de silence, de sens et d’éternité. Magistral. Née à Kazan, au Tatarstan, Anna Semyonovna Gourari est ce que l’on nomme, une pianiste “non conformiste”. Ce que devrait être, d’ailleurs, tout musicien. Férue de mysticisme, cinéaste à ses heures, elle associe les œuvres – presque quatre siècles de musique – d’une manière baroque. “Baroque” au sens littéral du terme car Bach, le transcripteur lui même transcrit, arrangé et varié, croise les compositeurs allemands, russes et géorgiens contemporains. Anna Gourari est une habituée de l’exercice, ses précédents disques, également chez ECM New Series, fusionnaient minimalisme, atonalité, néoclassicisme, timbres aux frontières de l’Orient et contrepoint rigoureux. Sous-titré, comme ses autres récitals, cet album joue de l’Elusive Affinity. Judicieuse expression dans l’art de la transgression, le jeu du temps et des œuvres en miroir, abstraites ou figuratives. Des formes jaillissent de ces “tableaux sonores” – quand toute peinture n’est jamais qu’une représentation plus ou moins abstraite – pour lesquels Anna Gourari emploie une étonnante variété de touchers du clavier et de la pédale. Elle enrichit d’un son rauque et chargé en harmoniques, ce qu’elle épure de la pensée et du geste. Tout, dans cet album, est régi par la suggestion, la dissolution des lignes mélodiques, qui ne sont que les échos d’elles-mêmes puis la perte de repères géographiques. Et lorsqu’une chanson enfantine ou un thème emprunté à une musique de film jaillit d’une petite pièce de Kancheli, c’est l’ombre qui s’impose aussitôt après, dans la vibration des Sept pièces du Journal de Rodion Chtchedrine dont l’interprète est la dédicataire. Plus on avance dans le récital, plus l’intensité mystique se répand : silences, accords de cathédrales, vibrations, résonances… Les Variations d’Arvo Pärt tiennent de la prière. Plénitude et clarté heureuse, finesse inouïe de la respiration, projection du son… Chaque phrase entre dans une narration dramatique, moins en quête du temps que du sens, le premier sans cesse déconstruit puis reconstruit. La simplicité est la chose la plus difficile à obtenir et l’interprétation des Variations de Pärt paraît comme le cœur du récit. Le livret voit l’ombre de Mahler dans Zwiesprache de Wolfgang Rihm, cinq dédicaces in memoriam. Pour notre part, la diffraction de la lumière, l’immobilité évoque plus encore Schubert et cet instant juste avant l’extinction du feu. Le sentiment de solitude qui domine cet album – comme, du reste, les précédents volumes de la pianiste – imprime une marque qui émeut. Inclassable. (resmusica)
Pour sa troisième parution chez ECM, Anna Gourari a réuni un recueil réfléchi, dont l'affinité n'est pas tellement insaisissable, mais susceptible de changer entre les œuvres et dans l'ensemble du récital. Les plus importants sont trois ensembles de pièces du début du siècle. Dans Five Aphorisms (1990), Alfred Schnittke s’inspire de cet idiome clairsemé et réfracté qui s’est manifesté à la suite des paysages sonores sombres de sa dernière décennie, où son approche polystylistique de l’allusion et de la citation est remplacée par un moyen d’expression tout à fait plus austère et fragmenté. - avec le choral maigre de la dernière pièce offrant les résolutions les plus ténues. Gourari a sa mesure, comme celle de Diary (2002), dans laquelle Rodion Shchedrin aborde le genre de la «bagatelle» avec ingéniosité et beaucoup de subtilité, en évitant la tendance à changer de style souvent trouvée dans sa musique. Le Zwiesprache est encore plus unifié stylistiquement (1999) de Wolfgang Rihm, bien que le concept sous-jacent à ces cinq pièces soit sans aucun doute à l'origine de cette idée - chacune d'entre elles étant «in memoriam» pour un collègue décédé au cours de l'année en question, et aboutissant à une séquence unifiée mais aussi différente. sa manière elegiaque. Gourari est un guide lucide de cette musique, ainsi que des adaptations séduisantes de partitions de théâtre et de film de Giya Kancheli, de variations «get well» d’Arvo Pärt qui cristallisent sa réouverture de la tonalité et de mouvements lents des concertos de Bach après Vivaldi et Alessandro. Marcello qui réserve le récit avec un pathos infaillible. Ceux qui se souviennent de la présence insinuée de Gourari dans le film Invincible de Werner Herzog devraient trouver ce dernier disque à peine moins séduisant.(gramophone)
Label : ECM New Series Parution: 24/05/2019 Codec: Free Lossless Audio Codec (FLAC) Channels: Stereo / 44100 HZ / 16 Bit Bitrate : 281 kbps Duration : 01:02:44 Total Size : 119 Mo Inclus : Cover, Booklet