A l’aube des années 2010, le groupe Opeth s’apprête à opérer un grand virage musical. Alors que Mikael Åkerfeldt – compositeur, chanteur, guitariste et unique membre à avoir fait partie de la formation initiale du groupe – fait écouter ses nouvelles compositions au bassiste Martín Méndez, ce dernier lui fait remarquer qu’elles ressemblent trop à ce que le groupe a déjà produit sur ses albums précédents. Ravi plutôt que déçu, Åkerfeldt met ses chansons aux oubliettes et reprend l’écriture sans craindre cette fois de prendre de nouvelles directions artistiques. Quelques mois plus tard sortira Heritage, un album qui tranche complètement avec les œuvres précédentes du groupe. Riffs brutaux et chants gutturaux font place à de longues progressions d’accords, à des variations de tempo récurrentes, à une utilisation importante des synthétiseurs et à des parties vocales « clean ». Opeth ne donne plus dans le death metal, c’est le début d’une phase de rock progressif qui se poursuit encore aujourd’hui.
Ce changement de style musical divisera – et divise encore – les fans. Pourtant, le groupe n’a jamais vraiment caché cette envie d’essayer de nouvelles choses et de faire évoluer sa musique. En 2002 déjà, Mikael Åkerfeldt décide de faire enregistrer au groupe deux albums dans une même session d’enregistrement. En résultera le très heavy Deliverance et le beaucoup plus calme Damnation, qui feront date et que l’on retrouve d’ailleurs sur la setlist de ce concert.
Sur la scène du festival belge Alcatraz, Opeth met tous ses fans d’accord en alternant titres phares des dernières années – comme Sorceress et Cusp of Eternity – et titres plus vieux et plus brutaux comme Ghost of Perdition et The Drapery Falls. Vous l’aurez compris, il ne s’agit là que d’un petit aperçu de la carrière prolifique du groupe, qui a sorti son dernier album au mois de septembre dernier.