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Schumann | Elisabeth Leonskaja (2020) [FLAC] [16-44] torrent


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Download Schumann | Elisabeth Leonskaja (2020) [FLAC] [16-44] torrent




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Schumann | Elisabeth Leonskaja


2020

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Elisabeth Leonskaja ou Leonskaïa, née le 23 novembre 1945 à Tbilisi, en RSS de Géorgie (Union soviétique), est une pianiste russe et autrichienne.
En 1964, elle commence des études au Conservatoire de Moscou avec Jacob Milstein. Pendant ses années de conservatoire, elle obtient des prix dans de nombreux concours à Bucarest, Bruxelles et Paris (troisième grand prix du concours Long-Thibaud en 1965).
Elle quitte l'Union soviétique en 1978 et vit depuis en Autriche, à Vienne.
Elisabeth Leonskaïa a joué longtemps en duo avec Sviatoslav Richter...(wiki) (WebSite)

Cet enregistrement des œuvres pour piano de Schumann d'Elisabeth Leonskaja concerne trois aspects du caractère du compositeur: ses multiples personnalités, son amour des cryptogrammes et des énigmes musicales, et sa croyance passionnée dans le spiritisme. Schumann est né en 1810 et a vécu une période cruciale dans l'union de la métaphysique, de la philosophie, de la magie et de la musique. Ces influences ont été particulièrement importantes dans la création de ses dernières œuvres, peut-être plus que ce que de nombreux musicologues et experts pourraient reconnaître ou considérer.
Le point culminant de ce double cd est l'interprétation d'Elisabeth Leonskaja des Etudes Symphoniques Op.13, l'une des œuvres les plus magnifiques du répertoire pour piano.
Ce qui rend cette présentation spéciale, c'est sa nouvelle approche et son nouveau début, basés sur les croquis et les versions préliminaires antérieures. Clara, qui était responsable de la première publication complète (Breitkopf & Härtel), avoua en 1873, "J'ai copié quelques études symphoniques pour Simrock trouvées parmi les brouillons non publiés de Robert, qu'il voulait imprimer en annexes. J'étais contre l'idée. au début, mais beaucoup ont tellement insisté que j'ai finalement cédé. " (Simrock 1873, Oeuvre posth., Suite de l'Oeuvre 13).
Cet enregistrement place son public dans la position d'opter soit pour la première émanation d'une œuvre en cours - quelque chose comme un fragment d'une idée visionnaire jamais autorisée à se concrétiser - ou pour une performance exemplaire sous la forme d'une version mature concise et distinctive. . (easonus)

Pianiste et interprète de la trempe d’un Gilels ou d’un Richter, la grande Elisabeth Leonskaja peine toujours à être reconnue à sa juste valeur. Faut-il parler d’école russe à propos de son art ? Elle s’en défend avec humour en affirmant qu’elle a « sa propre république » en étant un peu sur une balançoire entre sa formation russe et sa ville d’adoption, Vienne, où elle vit depuis plus de quarante ans.
Dans ce bel album de studio entièrement consacré à Robert Schumann enregistré à Brême (Allemagne) en 2018 et 2019, on est aussitôt subjugué par sa sonorité, par la matière sonore qu’elle dégage de son clavier, par ce piano onctueux, liquide, paré de rêves nostalgiques et des couleurs de l’automne. Cette grande schumanienne nous livre ici des enregistrements au faîte de sa carrière artistique et de sa pensée musicale.
Des Etudes symphoniques qui semblent rêver à un monde accessible par la seule force de la pensée, des Variations Abegg qui possèdent déjà l’essentiel des espoirs et des inquiétudes de Schumann, des Papillons brillants et colorés dansant au firmament, les deux Sonates Op. 11 et Op. 22 d’un romantisme plus tendre et humain que juste échevelé, voilà ce que nous révèle ce splendide double album contenant aussi les Variations posthumes et les plus rares Geistervariationen (« Variations des Esprits ») dédiées à Clara, dernière oeuvre de Schumann composée une dizaine de jours avant qu’il n’aille se jeter dans le Rhin. Marquées par le sceau de la mélancolie, elles fonctionnent sur la réminiscence et sonnent comme l’adieu définitif de Schumann à la musique et à son parcours de créateur avant qu’il ne finisse misérablement ses jours dans un asile d’aliénés où il mourra deux ans plus tard. © François Hudry/Qobuz

Elisabeth Leonskaja face à Schumann
Le palmarès du Concours Reine Elisabeth 1968 pour piano est d’une richesse incroyable. Cette année-là, c’est Ekaterina Novitzkaya qui remporta le Premier Prix, mais parmi les lauréats, on trouvait aussi Valère Kamychov, Jeffrey Siegel, André De Groote, François-Joël Thiollier, Mitsuko Uchida, François-René Duchâble ou Elisabeth Leonskaya ! Cette dernière, née en Géorgie, à Tblilissi en 1945, a notamment étudié au Conservatoire de Moscou où elle a été l’élève de Jacob Milstein. En 1964, elle remporte le Concours Enesco à Bucarest dans le jury duquel on distingue Aram Katchatourian et Arthur Rubinstein. L’année suivante, elle est classée troisième au Concours Long-Thibaud. Cette amie de Radu Lupu et de Sviatoslav Richter, avec lequel elle a beaucoup collaboré, s’installe à Vienne en 1978. Riche d’une importante discographie où l’on retrouve les noms de Schubert, Tchaïkowsky, Liszt, Chopin, Mozart, Brahms ou Mendelssohn, mais aussi des partenariats en musique de chambre, avec Matthias Goerne dans des lieder de Schubert ou Brigitte Fasbaender dans Die schöne Maguelonne, Leonskaja vient de signer un album Schumann de deux CD dans lequel la profondeur de son jeu et son sens de l’espace et de la densité sonore font merveille.
Ce récital s’ouvre par les Variations Abegg op. 1, composées entre 1829 et 1830 à Heidelberg, dont le titre fait allusion à une amitié fictive avec Meta Abegg, nom que Schumann utilisera comme un cryptogramme de représentation de notes musicales. Dédiées à une certaine Pauline von Abegg (rencontrée au cours d’un bal à l’âge de 20 ans), ainsi que le précise l’édition des œuvres de son mari réalisée par Clara Schumann, ces six variations sont empreintes d’une élégance de salon, mais préfigurent déjà le futur lyrisme du compositeur. C’est ainsi que l’aborde Leonskaja, avec intuition, comme une introduction aux poétiques Papillons qui suivent et qui datent essentiellement de l’année 1830. L’inspiration littéraire y est présente, notamment le roman L’Age ingrat de Jean-Paul (Richter, 1763-1825). Ici, le romantisme est assuré à travers une douzaine de miniatures qui évoquent un bal masqué et qui se développent avec sensibilité. C’est celle-ci que Leonskaja met en évidence, avec la retenue qui est la sienne, mais aussi une délicate magie imaginative qui donne à cet ensemble de petites pièces hallucinées un tact et une finesse bienvenues. Mais l’on y constate aussi un certain manque de fantaisie.
Suivent deux versions des Etudes symphoniques op. 13 composées en 1834 et 1835. La notice précise que c’est « l’édition originale de Tobias Haslinger publiée à Vienne en 1837 et celle de Schumann pour Schubert & Co. A Hambourg, datant de 1852, qui a été choisie pour cet enregistrement. Mais avec une nouveauté qui réside dans la consultation des ébauches et des avant-projets ». Clara Schumann, est-il encore ajouté, aurait été opposée à leur publication dans l’édition complète de Breitkopf et Härtel en 1873, mais aurait finalement accepté sous la pression. Clara avait donné elle-même la première audition à Leipzig, et savait que son mari avait écarté ces pièces éditées à titre posthume. On lira dans la notice les explications quant au choix de l’un ou l’autre interprète, Brahms y compris, de les jouer ou non. Mais en ce qui concerne Leonskaja, il s’agit d’ « accompagner Schumann dans sa quête d’une méthode de composition qui servirait de préparation à la création d’œuvres ayant une tendance symphonique ». Cette option est un attrait complémentaire, car le geste de Leonskaja est puissant, mais sans exagération d’effets, et le legato est bien mesuré. L’efficacité est aussi bien dans l’étude des sonorités que dans une forme d’épure contrôlée qui se donne le temps d’enchaîner les études en alternant des phases d’intensité, de vivacité ou de dynamique sonore. L’ajout des pièces prêtant à discussion permet de prendre conscience d’une partition qui est en gestation, mais aussi de l’exigence schumanienne par rapport à sa propre création.
Ce premier CD est complété par les Geistervariationen, partition de fin de vie « sur le thème des esprits », ce qui engendre dans la notice un long texte sur la passion de Schumann pour le spiritisme. Il s’agit ici d’une mélodie simple sous forme de choral que le compositeur déclara avoir reçu de l’esprit de Mendelssohn et de Schubert. Les cinq variations imaginées sur ce thème de communication particulière sont traitées par Leonskaja avec une certaine distanciation, comme si elle n’entrait pas tout à fait dans cet univers insolite.
Le second CD de l’album est réservé aux deux premières sonates. Leonskaja nous paraît tout à fait dans son élément du début à la fin de ces deux partitions magnifiques, soulignant avec passion et grandeur l’opus 11 de 1835. C’est Clara qui créera l’œuvre en août 1837, mois des fiançailles secrètes avec Robert. On suit Leonskaja, intuitive et autoritaire dans ces débordements émotionnels qui ne manquent pas de redondances, mais qui expriment si bien les états d’âme d’un être frémissant de vie et d’amour. La pianiste arrive à dominer une vision qui est aussi poétique, aux élans généreux. Voisin dans le temps, l’opus 22 a connu quelques révisions, Clara estimant que les difficultés pianistiques y étaient trop nombreuses. Leonskaja se lance avec éclat dans cette variété de climats traversés par des vagues de tension et de moments syncopés, auxquels elle confère une dimension symphonique. Elle arrive à ne pas se laisser déborder par la fièvre attirante et laisse le chant de l’Andante s’ajuster à son lyrisme mystérieux et intime. Le tempérament de Leonskaja ne la pousse pas aux excès et elle conserve toujours cette part de maîtrise intérieure qui lui permet un contrôle permanent. C’est pourquoi la note que nous lui octroyons se situe entre l’incontestable réussite des deux sonates et une pudeur larvée dans certaines pages du premier CD.
Son : 9 Livret : 9 Répertoire : 10 Interprétation : 8 (crescendo)

La grande dame de l'école russe de piano Elisabeth Leonskaja revient à son cher Schumann, en solo. Pour nous offrir un programme qui sort des sentiers battus. Puisqu'il associe des pièces appartenant au genre de la variation, dont les peu jouées Études symphoniques op.13, et deux des sonates. Cette anthologie est placée sous le signe de la spiritualité, voire du spiritisme, ce dernier aspect ayant modelé les dernières années créatrices du musicien. Dans des interprétations d'une souveraine magie sonore.
Le programme de cet audacieux récital est centré sur les Études symphoniques op.13. L'histoire de cette œuvre est curieuse puisqu'elle comporte deux versions assez dissemblables. Composée dans les années 1833/35, publiée en 1837, et alors intitulée ''XII Études symphoniques pour le piano'', elle prendra une forme plus ramassée dans sa seconde édition posthume de 1852, ''Études en forme de variations''. Elisabeth Leonskaja, qui a consulté les avants projets de Schumann, revient au Ur Text dans les deux cas. Et joue d'abord la version posthume, qu'elle fait suivre, après une courte pause, de l'œuvre originale : d'un côté, une version mature et concise, de l'autre, une sorte de work in progress, dans une démarche à rebours de chronologie, qui va du fini à l'ébauche. Ou comment a vu le jour une idée visionnaire pour une des partitions les plus grandioses du répertoire romantique. C'est que Schumann n'est peut-être jamais allé aussi loin dans une approche spirituelle de la musique. La version finale de 1852 décline le thème en cinq ''Variations'' très concises. L'édition première comporte le thème court, suivi de douze ''Études'' plus ou moins volontaristes, empreintes de fantaisie, succession d'humeurs, d'une difficulté pianistique redoutable. Car on y compte des tempos pour la majeure partie rapides, comme l'Agitato de la VIème, ''hallucination auditive'', selon Brigitte François-Sappey, la VIIème qui renchérit en rapidité, ou la VIIIème, marquée ''Presto possible sempre marcatissimo''. Ou encore la dernière ''Allegro brillante'', comme un finale extrêmement développé en forme de mini sonate.
Autre pièce s'inscrivant dans le contexte du spiritisme dont Schumann était adepte à la fin de sa vie, Thème et Variations, sous-titré ''Geistervariationen'' (Variations des esprits) est achevée en 1854, au moment de sa tentative de suicide. Un thème d'une simple mélancolie en forme de chant choral, qui lui aurait été dicté par des forces supérieures, est décliné en brèves variations s'écoulant souvent sans but apparent. C'est qu'il n'est pas toujours aisé de décrypter la pensée schumannienne et ses circonvolutions. Deux pièces de jeunesse font contrastes. Les Variations sur le nom Abegg en fa mineur op.1, de 1829/1830, constituent la première composition du musicien. Ce nom est utilisé comme un cryptogramme musical : le message musical est chiffré par les notes de musique. Cette pièce brillante est faite d'un très court thème de valse animée que suivent 5 variations, pièces de caractère tour à tour légères ou cantabile, toujours d'une gracieuse inventivité. Papillons, op.2 (1832) est basé sur le même schéma d'un thème suivi de 12 variations, souvent très brèves, mais de facture toujours différente. Comme il en est de la ''N°7 - Simplice'' à l'écriture vraiment papillonnante. Les trois dernières sont plus développées, dont l'ultime qui reprend le thème.
L'univers des sonates offre des modes d'écriture différents. La Sonate N°1 en fa mineur op.11 est un autre exemple de l'étrangeté de la pensée de Schumann, comme l'indique sa dédicace « Pour Clara, de Florestan et Eusebius », ses deux sources d'inspiration opposées. Écrite en 1833/35, elle est éminemment originale et de vastes proportions. L'introduction Adagio du premier mouvement figure comme le début d'une romance sans paroles. Le rythme balancé et qui va de l'avant caractérise la section Allegro vivace et sa thématique joyeuse, course haletante entrecoupée de passages plus calmes. La courte Aria, marquée ''sans passion, mais expressif'', s'épanche comme un Lied. Le scherzo se déploie déclamatoire et fantasque, le trio I figurant une sorte de saynète et le trio II un intermezzo presque comique par son rythme déhanché. Patchwork thématique, le finale est typiquement schumannien : Florestan et Eusebius se donnent tour à tour la vedette dans un foisonnement défiant toute logique, un monde imaginaire plutôt. Plus concise, la Sonate N°2 en sol mineur op.22 (1838) n'est pas moins passionnée. ''Aussi vite que possible'', le tumultueux premier mouvement forme une vaste digression qui voit le tempo toujours s'accélérer. L'Andantino provient aussi d'un Lied, doucement expressif. ''Très vite et marqué'', le scherzo déploie une belle vivacité que le trio tempère légèrement. Et le finale Rondo s'orne du thème de Clara, l'inspiratrice : une passion à peine contenue à travers une écriture extrêmement diversifiée.
Elisabeth Leonskaja offre dans ces pages, que visiblement elle chérit, la quintessence de son art : un jeu architecturé, décidé, et en même temps un art du phrasé d'une extrême fluidité, enfin une expressivité dépourvue de sentimentalisme. On admire la façon de ménager transitions et ruptures improbables que recèle la musique de piano de Schumann. Et toujours l'élégance qui est la marque d'une artiste s'attachant au sens vrai et dont la modestie est légendaire.
Les enregistrements, dans la grande salle de la Radio de Brême, offrent une image aérée et immédiate, restituant au mieux toutes les couleurs du Steinway. (on-mag)

Elisabeth Leonskaja forge l’esprit de Robert Schumann
Loin de verser dans l’écueil d’une interprétation décousue, ce qui est le risque chez Schumann, celle d’Elisabeth Leonskaja est faite d’un alliage solide, qui n’est pas exempt de tendre poésie. Les Variations Abegg en sont un joyau. La pianiste habille de fraîcheur cette œuvre de jeunesse, dans une délicieuse fluidité. Quelle raffinement de toucher, sous la légèreté du ton! La main gauche sait apporter le soutien des basses, tout en délicatesse, comme se faire oublier pour laisser libre cours aux vivifiants élans lyriques. Rien qui pèse et qui pose, une musique qui semble s’inventer au fur et à mesure, qui respire, mais dans un cadre – en filigrane- d’une tenue rigoureuse, qui ne permet aucun débordement. On imagine volontiers à l’écoute de ses Papillons les scènettes d’un théâtre de marionnettes. Elisabeth Leonskaja soigne le détail de ces miniatures sans perdre de vue l’esprit de l’ensemble. Les reprises apportent leurs grains de sel par de légères nuances de phrasés, ou de micro rubatos bien sentis. Tour à tour naïf, enlevé, tendre, piquant parfois, ce petit carnaval, condensé d’humeurs changeantes, a fière allure sous ses doigts, et parle à notre enfance. Viennent ensuite à rebours les Études symphoniques, avec leur condensé posthume, composé en 1852, soit près de vingt ans après l’écriture des douze études d’origine. La couleur est ici tout autre: le thème choral chante avec gravité, et annonce le climat très particulier des cinq variations, d’une grande densité d’expression. Le goût de Schumann pour une certaine forme de spiritualité, qu’il relie au spiritisme, et dont l’auteur du texte du livret fait état, trouve dans ces variations, et par l’interprétation d’Elisabeth Leonskaja sa plus évidente traduction, quand bien même les ultimes « Geistervariationen » (Variations sur le thème des Esprits) sont explicites à ce sujet. Sur sa puissante ligne de basse, le bouillonnement de la première variation ouvre sur l’étrangeté surnaturelle de la seconde, aux harmonies d’un autre monde. La pianiste nous y tient comme dans un rêve éveillé, sa main gauche dans son ondoiement sonore offrant d’indéfinissables visions. E. Léonskaja déploie tout un art du dialogue dans les deux variations qui suivent, empreints de tendre passion, de soupirs, sans jamais d’excès. Si son jeu possède au fil des plages du disque une clarté polyphonique, avantagée par la qualité de prise de son, il est d’une ineffable beauté dans les mouvements lents. En témoigne la cinquième variation, rêveuse, aux délicates suspensions, d’une touchante pudeur. Les douze variations n’en sont pas moins attachantes. Ce que Schumann explore dans ces études qui n’étaient pas selon lui destinées à être jouées en public, E. Leonskaja le transcende, en extrait l’essence profonde, l’énergie intrinsèque, dans le tragique de la deuxième variation notamment, la course palpitante de la septième et la triomphale douzième, les secrètes confidences échangées dans le merveilleux legato de la onzième. Schumann ne composera plus rien après les Geistervariationen, écrites en 1854 sur une mélodie qu’il aurait reçu des esprits de Schubert et Mendelssohn. Ce bouleversant témoignage apparaît après l’opulence des variations, dans son émouvant dépouillement, si loin de la fantaisie de l’opus 1.
Les Sonates n°1 et n°2 composées, comme les Études symphoniques, en 1837-1838 sont elles aussi tenues de main ferme, reposant sur une assise rythmique inébranlable, la caractérisation des voix, et une lecture d’une netteté impeccable. Mais un peu trop. La passion est tenue en bride, dans le finale de la sonate n°1, mais surtout dans la sonate n°2, dont le tempo indiqué par Schumann « So rasch wie möglich » (aussi vite que possible) trop retenu fait entendre une main gauche très articulée. On aurait aimé entendre chant plus enflammé. La fougue est absente du scherzo, sans grain de folie, et la fin du Rondo pourrait être davantage tempétueuse. L’andantino, assez allant, est le mouvement le plus réussi: écoutez sa voix intérieure, magnifiquement timbrée et chantante! La sonate n°1 convainc davantage. Comme la pianiste fait respirer la musique dans son premier mouvement, et quelle vision orchestrale! La pédale est soigneusement dosée, les timbres et les attaques finement étudiés. Le deuxième mouvement est pure rêverie, tendrement coloré par la main gauche. Le scherzo, théâtral, est un mini carnaval à lui tout seul, avec ses accentuations à contrepied. Le dernier mouvement, quoique dépourvu du vertige de la passion, touche par l’intériorité de ses passages recueillis.
Elisabeth Leonskaja signe ici un somptueux album, dont les Études symphoniques forment la clé de voûte. Il vient apporter une pierre nouvelle et essentielle à l‘édifice d’une discographie déjà riche, qui compte parmi ses plus emblématiques personnalités Nat, Arrau et Richter pour, par exemple, ce qui est du passé, Pollini et Argerich (sonate en sol mineur d’une impudique et incandescente passion! – aux antipodes de cette version), et plus récemment Bianconi (Papillons, et Études symphoniques au complet, d’une grande poésie et à la beauté racée). (classiquenews)



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Label : eaSonus
Parution: 04/09/2020
Codec: Free Lossless Audio Codec (FLAC)
Channels: Stereo / 44100 HZ / 16 Bit
Bitrate : 429 kbps
Durée: 02:13:59
Pistes: 52
Fichiers: 57
Total Size : 423 Mo
Inclus : Cover, Booklet

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Spectrogramme

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