Black Liszt | Guillaume Vincent
2019



Guillaume Vincent nait en octobre 1991 à Annecy. Il commence à étudier le piano à l’âge de 7 ans. Il donne ses premiers récitals et ses premiers concerts avec orchestre dès 10 ans. Son talent est très vite remarqué par François-René Duchable, qui l’amène à se présenter au Conservatoire de Paris qu’il intègre à 13 ans dans la classe de Jacques Rouvier et Prisca Benoit. Trois ans plus tard, il y obtient son Prix de piano à l’unanimité du jury et son diplôme de Formation Supérieure. Il y poursuit ensuite sa formation auprès de Jean-François Heisser et Marie-Josèphe Jude en piano et avec Yves Henry en harmonie. Il reçoit son diplôme de Master de piano ainsi que son Prix d’Harmonie à 18 ans. En juin 2011, il obtient son Diplôme de 3e Cycle d’Artiste Interprète. Depuis septembre 2018, Guillaume est élève à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth de Belgique dans la classe de Louie Lortie.
Guillaume Vincent est lauréat de nombreux prix : Prix Drouet-Bourgois, Premier Prix au concours de Leipzig « Young Concert Artists », Prix de l’Académie Ravel et Prix des Mélomanes Côte Sud à Saint-Jean-de-Luz, Troisième Grand Prix au concours Marguerite Long – Jacques Thibaud, Prix de la SACEM, Prix de la Fondation Lacroix, et Prix de l’Orchestre National de France, Premier Prix du concours Adelia Alieva et Révélation classique de l’ADAMI, Prix Jeunes Talents, Prix de la Fondation Safran pour la Musique, lauréat de la Fondation d’entreprise de la Banque Populaire. En 2014 il est nommé « Révélation Soliste Instrumental » aux Victoires de la Musique. (WebSite)
L'idée de ce disque est d'explorer les œuvres pour piano composées par Liszt au tournant des années 1850, en « hommage inconscient » à Chopin récemment disparu. Un visage peut-être moins connu du compositeur virtuose. Et l'illustration du lien musical existant entre les deux musiciens.
La relation entre Chopin et Liszt les a fait aussi bien amis que rivaux. Alors que Liszt abandonne sa carrière de pianiste en 1847, il fera paraître un essai consacré à Chopin en 1850. On peut penser que les pièces de piano seul écrites dans les années entourant la mort de Chopin sont dédiées à ce dernier. Ne serait-ce qu'eu égard à leurs titres, de Polonaises, Nocturnes ou Ballades. On en est rendu aux conjectures, car il n'existe pas de claires dédicaces. Du moins la sélection soigneusement opérée par Guillaume Vincent est-elle intéressante. Elle met aussi en lumière le fait que le genre choisi pour une pièce n'est pas nécessairement en adéquation avec le contenu qu'on lui assigne. Comme c'est souvent le cas chez Chopin d'ailleurs. S'il est un type de pièce que s'est bien approprié Chopin, c'est celui de la Polonaise. Liszt en a écrit deux. La Polonaise mélancolique N° 1, de 1851, doit nul doute son appellation à sa partie médiane qui déroule une profonde réflexion, un développement à la fois énergique et élégiaque et un final grandiose. La Polonaise N° 2, écrite l'année suivante, est nettement plus tonique, asservissant le rythme de cette danse à une manière fière. Le 2ème thème se fait d'ailleurs encore plus décidé, presque déclamatoire dans ses grands accords en aplats, ses arpèges fiévreux et autres trilles aigus. Poussant le morceau vers la pure démonstration. Chassez le naturel... ! Car comme le souligne Guillaume Vincent, on y trouve « L'ange et le démon à la fois ». Il en va de même des deux ballades. La Ballade N° 1, écrite dans les années 1849-1853, offre un climat élégiaque, un peu mystérieux, orné d'une profusion de notes aiguës. Le second thème, proche d'une marche, élargit le spectre dans des contrées dont l'humour n'est pas absent. La Ballade N° 2 (1853) est de facture virtuose : introduction en rafales de graves grondants, puissantes vagues déferlantes. Le fantastique domine ici jusque dans la péroraison aussi brillante que démonstrative. La Mazurka brillante (1850) est un morceau fantasque à souhait, bondissant généreusement.
Les trois Nocturnes que sont Liebesträume (rêves d'amour) réinventent un genre chopinien s'il en est, et ce dans le sens de l'improvisation. ''Hohe Liebe'' livre une touchante cantilène que réchauffe une progression héroïque, chère à l'auteur. ''Seliger Tod'' installe un climat assuré et quelque angoisse. Et ''Oh Lieb'' revient à l'atmosphère du début, magnifiée par le thème lyrique bien connu de ''Rêve d'amour'', exprimé à la main gauche, qui se développe en une cascade fulminante, éloignant le morceau du pur statut de nocturne. Là encore le talent d'improvisateur de Liszt transcende l'idée de base. La Berceuse, composée en 1854 et remaniée en 1862, offre pareille impression : une longue digression savante initiée par le bercement de la main gauche sur des trilles de la droite, qui module à l'envi dans une atmosphère apaisée, quasi nocturne décroissant jusqu'au silence.
Guillaume Vincent aborde ces pièces avec une sûre maîtrise et un jeu tout en nuances où la puissance n'envahit pas le discours. Opposition entre ombre et lumière plutôt. La captation, à la MC2 de Grenoble, dans une acoustique très ouverte comme en salle de concert, rend bien compte du jeu très pédalé du pianiste. (on-mag)

Diapason, février 2020


Label : naïve classique
Parution: 06/12/2019
Codec: Free Lossless Audio Codec (FLAC)
Channels: Stereo / 44100 HZ / 16 Bit
Bitrate : 447 kbps
Durée: 01:12:59
Pistes: 9
Fichiers: 14
Total Size : 238 Mo
Inclus : Cover, Booklet

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