Damien Guillon est un contreténor baroque français né à Rennes en 1981. Il est le fondateur de l'ensemble le Banquet Céleste. Son baccalauréat obtenu, il intègre de 1998 à 2001 la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles, sous la direction d'Olivier Schneebeli. Il y parfait son apprentissage en chantant au sein du chœur des Pages et des Chantres du Centre de musique baroque, et a l'occasion de travailler avec des professionnels tels Howard Crook, Jérôme Corréas, ou encore Alain Buet. Il y étudie également l'orgue et le continuo, ce qui lui vaudra les Premiers prix de basse continue et de clavecin au Conservatoire de Boulogne-Billancourt. Il est admis en 2004 à la Schola Cantorum Basiliensis, à Bâle (Suisse), où il suit entre autres l'enseignement du contreténor allemand Andreas Scholl. En 2009, il fonde son ensemble baroque qu'il dirige tout en chantant, le Banquet Céleste, dont le nom est un hommage à sa Bretagne natale. Le Banquet Céleste fait en effet référence au titre d'un recueil de motets écrits au xviie siècle par Daniel Danielis, maître de chapelle de la cathédrale de Vannes. Il s'agit d'un ensemble à géométrie variable, comprenant un noyau dur de sept musiciens, mais dont l'effectif peut aller jusqu'à quarante en fonction du répertoire abordé. Depuis 2015, le Banquet Céleste est en résidence à l'Opéra de Rennes et également ensemble associé au Théâtre de Cornouaille à Quimper. (wiki)
Café Zimmermann, créé en 1999, se situe aux premiers rangs du concert baroque en France et en Europe. Sous la conduite du violoniste Pablo Valetti et de la claveciniste Céline Frisch, l’ensemble réunit des solistes qui s’attachent à faire revivre l’émulation artistique portée par l’établissement de Gottfried Zimmermann dans la Leipzig du XVIIIe siècle. Café Zimmermann se produit dans les salles de concert et les festivals internationaux parmi les plus renommés et ses nombreuses collaborations sont toujours sous le signe de l'excellence. Les enregistrements discographiques de Café Zimmermann suscitent un véritable enthousiasme, notamment par les interprétations enlevées et contrastées de la musique concertante de J.S. Bach, récompensées par 5 diapasons d'or. Depuis 2011, l'Ensemble Café Zimmermann est en résidence au Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence. (WebSite)
Lamento : un programme poignant présenté par Damien Guillon et l’ensemble Café Zimmermann. Lamento questionne sur la douleur face à la mort et la fragilité de l’existence C’est un programme particulièrement poignant que vient de nous offrir Damien Guillon avec l’ensemble Café Zimmermann. Il est ici question de la douleur face à la mort et la fragilité de l’existence telle que les compositeurs allemands l’ont exprimée au cours de ce XVIIème siècle marqué par la guerre de trente ans et les épidémies. De Schmelzer à Biber en passant par quelques oncles de Jean-Sébastien Bach ou des compositeurs oubliés tel Christoph Bernhard, cet album met en avant un répertoire sombre mais porteur d’espoir, celui d’un monde meilleur après la mort. Damien Guillon nous en restitue toute la force, témoignant d’une subtile complicité avec les musiciens de l’ensemble Café Zimmermann dans ces lamentations où la partie vocale semble s’insérer dans une sorte de nappe instrumentale ou imiter le jeu du violon. Damien Guillon devait présenter, en ce mois de novembre à l’Opéra de Rennes, une nouvelle production intitulée « Dreams », autour de pages de Dowland et de Purcell avec son ensemble, la Banquet céleste, dans une mise en scène de Cécile Roussat et Julien Lubek. Espérons qu’une captation nous permettra de découvrir ce spectacle qui s’annonce si poétique, dont les répétitions pourraient être maintenues. (radioclassique)
Il y a tant de richesses à tirer de la musique allemande et autrichienne du XVIIe siècle et cette version les mine de manière émouvante. Soixante-dix minutes avec Death for company peuvent sembler difficiles, mais telle est la profondeur expressive et la beauté profonde et consolante des œuvres assemblées ici, et si engagées et réactives les performances, qu'elles attirent l'attention. Avant que vous ne le sachiez, c'est fini, laissant votre âme mélancolique embrasée. Parmi les pièces d'ensemble les plus connues, citons le Lamento de Schmelzer sur la mort de l'empereur Ferdinand III et l'effusion de douleur pénitentielle de Johann Christoph Bach, Ach, dass ich Wassers gnug hätte . Le Schmelzer est un superbe exercice d'expression sans paroles et le jeu de Café Zimmermann s'engage pleinement dans la rhétorique, du deuil digne aux effets de cloche sonnante inquiétants en passant par les poussées passionnées (même l'ornementation sert à accentuer l'indignation). Le Bach est un mélange agité et presque inquiétant de déclamation sophistiquée et d'imagerie musicale saisissante. L'œuvre qui clôt le programme en répétition méditative, le violon seul Passacaglia des Sonates mystérieuses de Biber , présentée avec élégance par Pablo Valetti à un rythme rapide qui fait s'épanouir le virtuose se détache impulsivement des mesures récurrentes dans lesquelles seul le sons de basse à quatre notes, comme un battement de cœur faible mais constant. Les pièces les moins connues comprennent ici une pièce écrite pour le carnaval par Schmelzer qui fait écho ironiquement au style du Lamento ; Café Zimmermann pointe les rythmes de la danse si fortement que les notes courtes sont parfois à peine là, tout en conservant leur plein effet. Le jeu n'est pas moins vigoureux dans une suite de la sonore Mensa de Biber de 1680 , tandis que les pièces vocales comprennent un psaume funéraire digne de Johann Michael Bach, un petit gage de foi maussade de Christoph Bernhard et un spacieux motet latin techniquement anonyme mais inventif les gloses de violon seul ne signalent pas d'autre part que celle de Biber. Un clavier Froberger Toccata (à l'orgue) suivi d'un Ricercar doucement étiré (transféré aux cordes) complète le programme. J'ai mentionné l'excellence du jeu de Café Zimmermann - riche, audacieux et intimement ressenti. Mais un grand éloge doit aussi aller à Damien Guillon, un contre-ténor dont la voix n'est pas de type lyrique mais haute, expressive, fluide et concentrée, avec une tendance agréable à réchauffer les extrémités des phrases - juste pour ce travail. C'est une version que vous voudrez écouter encore et encore pour sa beauté, mais peut-être aussi pour son pouvoir de guérison. (gramophone)