Emmanuelle Bertrand, née le 5 novembre 1973 à Firminy dans la Loire, est une violoncelliste française. Emmanuelle Bertrand a étudié notamment avec Jean Deplace et Philippe Muller, et a reçu le soutien du compositeur Henri Dutilleux. Diplômée des conservatoires supérieurs de Lyon et Paris, elle est lauréate du concours international Rostropovitch, premier prix du concours de musique de chambre du Japon et de l’Académie internationale Maurice-Ravel. Elle enseigne la musique de chambre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Elle est, depuis 2012, la directrice artistique du festival de violoncelle de Beauvais. (wiki) (WebSite)
La belle rencontre Au printemps de 2016, Emmanuelle Bertrand, qui jusque-là jouait un violoncelle signé par Jean-Louis Prochasson de 1995, s’amouracha d’un magnifique instrument historique, fruit de la science du facteur vénitien Carlo Tononi. Il était temps d’enregistrer les Suites de Bach auxquelles elle pensait depuis longtemps, les danses y auraient l’archet léger, les polyphonies rayonneraient glorieuses et tendres pourtant, les mélodies couleraient comme d’une voix. C’est tout cela que l’on entend au long de ces six Suites, et plus encore ! car de cet alliage multiple sourd une touche virevoltante, un cantabile magique, des notes qui s’envolent … ce violoncelle est en apesanteur, évite toute métaphysique, et toute sévérité, pris dans une lumière de pur plaisir où les rythmes sont d’une folle virtuosité. Secret de cet art, le jeu des nuances dans la ligne, cette faculté de créer par le pianissimo des profondeurs, des perspectives où le boisé des sonorités de cet instrument mystérieux met comme un vernis. Version majeure, différente, qui rappelle que cette violoncelliste pour les musiciens, qui sait si bien transfigurer Tout un monde lointain de Dutilleux, parfait ici son art sur un instrument sublime. (artalinna)
Performances extraordinairement brillantes et historiquement informées Comme pour l'enregistrement récent des Sonates et Partitas pour violon de Bach de Giuliano Carmignola (révisé en mars 2019), cet ensemble de Suites pour violoncelle est le résultat de la conversion tardive du soliste à une pratique d'interprétation historiquement informée, déclenchée dans ce cas par une rencontre avec un ancien Instrument du XVIIIe siècle par Carlo Tononi. Cordé et joué à un ton plus bas (415 Hz) avec un arc approprié, il produit une richesse de sons et de couleurs qui font de l'écoute de cet enregistrement - fait dans une église parisienne chaleureusement résonnante - un plaisir continu (quoique légèrement gâché par le respiration lourde et omniprésente du soliste et gémissements occasionnels). La traversée du cycle d'Emmanuelle Bertrand est d'une brillance exaltante, avec des tempos vifs, une articulation nette et un rubato joliment discret. Il y a quelques lectures inattendues, qui avec quatre sources musicales (aucune d'elles entre les mains de Bach) est probablement inévitable. Bertrand emploie des embellissements si discrètement qu'ils en prennent presque un par surprise. C'est son instinct sûr pour la mise en forme et la coloration d'une phrase qui reste dans l'esprit, tout comme les innombrables façons différentes qu'elle trouve pour briser un accord ou résoudre un trille. Bertrand zoome sans faille sur l'Affekt de la musique - pour reprendre la terminologie baroque - et l'exprime avec des sons toujours séduisants tout au long de ce bel ensemble. (thestrad)
La plupart des enregistrements des suites pour violoncelle de Bach trouvent le soliste convoquant son instrument à la poursuite d'une vision musicale. Avec Emmanuelle Bertrand, c'est la découverte d'un violoncelle du XVIIIe siècle par le luthier vénitien Carlo Tononi qui lui servit de guide. Et je dois dire que les résultats sont assez sensationnels, même à la lumière de ces formidables sets récents de Thomas Demenga (son deuxième enregistrement), Yo-Yo Ma (son troisième) et, pour moi du moins, Alban Gerhardt. La première chose qui me frappe est la profondeur de ton de l'instrument, certainement telle qu'elle a été enregistrée, plus particulièrement dans la Cinquième Suite en ut mineur avec sa scordatura (réaccord assombri). Ici, le poids des accords de Bertrand, leur coloration ocre, a l'impact de la musique de chambre brahmsienne: ce qui est le plus miraculeux, c'est que quand on arrive à la Sarabande, avec sa seule ligne pleurante, le contraste entre un ensemble de cordes imaginé et un désolé, La voix unique hivernale est écrasante. Non pas que la sienne soit la seule façon de jouer cette musique. La manière poignante de Gerhardt avec la dernière minute de Sarabande est aussi émouvante que n'importe quelle performance que j'ai entendue sur disque. En fait, tout au long de son set, la combinaison d'un pointage net, d'un vibrato subtil, d'un timing judicieux et d'une inclinaison expressive très spéciale me rappelle encore et encore. Ma et Demenga ont du caractère à revendre (le jeu de Ma est plein d'incidents révélateurs) mais avec Bertrand, de minuscules ornements et une gamme de couleurs kaléidoscopiques font de l'écoute un plaisir particulier, à tel point que j'ai pris l'ensemble du décor en une seule séance. Vous avez l'impression qu'elle se souvient de la musique de mémoire plutôt que de la lire sur la page (ce qu'elle fait probablement). L'Allemande de la première suite a la sensation d'un courant de conscience à son sujet, son flux et son reflux toujours sans effort et avec une élasticité qui défie toute définition précise simplement parce qu'elle est si naturelle, si légèrement déployée. De même, les différents Gigues font vraiment de la danse. L'Allemande de la première suite a la sensation d'un courant de conscience à son sujet, son flux et son reflux toujours sans effort et avec une élasticité qui défie toute définition précise simplement parce qu'elle est si naturelle, si légèrement déployée. De même, les différents Gigues font vraiment de la danse. L'Allemande de la première suite a la sensation d'un courant de conscience à son sujet, son flux et son reflux toujours sans effort et avec une élasticité qui défie toute définition précise simplement parce qu'elle est si naturelle, si légèrement déployée. De même, les différents Gigues font vraiment de la danse. Je pense que ce qui me plaît le plus, c'est le degré d'ombrage varié que Bertrand atteint en éclairant les accords de l'intérieur. Elle a une riche palette à sa disposition et ne perd aucune occasion de l'utiliser. Donc, un coup de pouce définitif; et alors qu'il serait imprudent de jouer à saute-mouton sur les meilleurs rivaux récents avec un autre bel enregistrement des Suites, celui-ci restera dans ma collection. Au moment où j'écris ceci, parmi les options numériques, c'est celle sur laquelle je suis le plus susceptible de revenir. (gramophone)
Emmanuelle Bertrand explique que c'est la rencontre avec un instrument d'exception qui l'a incitée à graver les Suites de Bach : un violoncelle réalisé au début du XVIIIe par le Vénitien Carlo Tononi, dont les sonorités lui ont donné, dit?elle, une vraie liberté dans l'approche des partitions, et l'impression de parvenir enfin à la « polyphonie virtuelle » imaginée par le Cantor. Si les cordes sont en boyaux, pour la qualité du timbre, la lecture se tient à l'écart des codes « baroques ». Ledit instrument se prête à des sonorités moelleuses autant que percutantes, qu'Emmanuelle Bertrand déploie sans réserve. La photo de couverture nous présente la musicienne le menton levé, dans une attitude de défi implacable, yeux et bouche fermés. Ce volontarisme imprègne tout un album sur lequel ne pèse aucune convention. On est saisi par des rubatos inattendus, des relances sèches, des tempos jamais uniformisés. Il y a là une verdeur de ton que nous ne connaissions guère, dans une tout autre optique, que sous l'archet du regretté Anner Bylsma ou de Pablo Casals. Prenez la Suite no 1 avec ses sons prolongés (par une acoustique très réverbérée) qui dessinent un Prélude sans découpe, les graves enveloppants de l'Allemande, le legato insistant de la Sarabande qui, distillant d'une manière originale les brefs silences, en accroît le côté dramatique. On admire la montée dynamique du premier Menuet à 1’ 05’’, effet vraiment novateur, tandis que la vivacité incroyable de la Gigue finale semble presque excessive. D'incessants changements de rythmes font paraître la Suite en ré mineur plus rapide que chez une Ophélie Gaillard. Les minutages sont pourtant très proches. On pourrait multiplier les exemples, telles les doubles cordes quasi agressives qui nous valent des graves virils dans la Suite no 5, ou la chevauchée irrésistible du Prélude puis les ondulations magiques de l'Allemande dans la no 6. Le début un peu fouillis de la cinquième Courante et l'allure languide de la Sarabande suivante nous trouvent plus réservés. Emmanuelle Bertrand, en cultivant un sentiment d'improvisation, prend le risque d'y perdre une certaine clarté du propos. L'auditeur qui n'est pas prêt à se laisser porter par une expérience aussi intense et humaine, celui qui a besoin de balises plus nettes dans le fil de l'écoute, sera fidèle à Navarra, Queyras, Fournier, Bylsma ou Gaillard... Il tentera malgré tout de les oublier, un moment, pour découvrir ces horizons nouveaux. Diapason # 683 (10 /2019)
Depuis l'enregistrement historique de Pablo Casals (1936?1939), on dénombre plus de deux cents versions, au violoncelle, des Suites de Bach. La présente sélection rappelle que ce recueil ne cesse de fasciner les musiciens du monde entier, parfois peu connus. Emmanuelle Bertrand explique avoir eu envie de tenter l'aventure après la rencontre avec un instrument ancien, signé du Vénitien Carlo Tonini, au début du XVIII siècle. « J'ai su qu'il me fallait revenir à Bach avec lui», confie?t?elle. Et de lui adjoindre des cordes en boyau, un archet baroque et un diapason à 415 Hz. Le son se montre très riche, ample, appuyé sur un grave rocailleux, mais le geste demeure toujours cursif, aérien (les préludes, y compris celui de la Suite n°4). Les courantes partent d'un pied léger tandis que les gigues n'hésitent pas à marquer les appuis, sans lourdeur. Sans lourdeur ni pathos sont également abordées les sarabandes dans lesquelles se déploie la « polyphonie virtuelle » recherchée par l'artiste. Emmanuelle Bertrand a réussi à ménager le grain du son, la densité du bois, l'élan chorégraphique et la contemplation «sans rien […qui ] pèse ou qui pose ». Classica # 216 (10 / 2019)
Label : Harmonia Mundi France Parution: 06/09/2019 Codec: Free Lossless Audio Codec (FLAC) Channels: Stereo / 44100 HZ / 16 Bit Bitrate : 741 kbps Durée : 57:16 + 01:17:09 Pistes: 36 Fichiers: 41 Total Size : 673 Mo Inclus : Covers, Booklet, logs