Le Trio Talweg est un trio de musique de chambre constitué en 2004. Il est aujourd'hui composé du pianiste français Romain Descharmes, du violoniste français Sébastien Surel et du violoncelliste français né au Vietnam Éric-Maria Couturier. Talweg, de Tal (vallée) et Weg (chemin), est un terme de topographie d’origine allemande - littéralement « chemin de la vallée » - qui désigne la ligne de confluence, le rassemblement des courants venus des sommets et s’écoulant vers la vallée. (wiki)
Après un premier opus salué par la critique, le Trio Talweg nous revient avec un album intégralement dédié à Schubert. Compositeur prolifique et génie mélodiste parti trop tôt, il laisse au répertoire du trio avec piano quelques-unes de ses œuvres majeures. Le Trio en si bémol majeur, D.898, au caractère impétueux, et le Notturno D.897, merveille de rêverie, sont ici réunis aux côtés du lied Auf dem Strom, transcrit par les Talweg. (nomadmusic)
Après la brillante réussite de son précédent disque consacré à Turina, Ravel et Gubitch (voir ici), le Trio Talweg poursuit sur sa lancée avec un programme certes moins original, mais qui revisite Schubert avec une éloquente noblesse, marque de fabrique de l’ensemble français. C’est là une incursion réussie dans l’univers poétique et délicat du compositeur, là où le Trio Busch avait déçu voilà quelques mois dans le même répertoire. Formé en 2004, le Trio Talweg s’est stabilisé dans sa composition actuelle en 2016, avec l’accueil au piano de Romain Descharmes, en remplacement de Juliana Steinbach. Bien lui en a pris, tant l’entente entre les trois musiciens semble évidente, même si on aimerait, ici et là, quelques traits de caractère plus prononcés au violoncelle d’Eric-Maria Couturier. Quoi qu’il en soit, les musiciens charment d’emblée par leur geste pudique, sans vibrato, à la sonorité limpide mise en valeur par acoustique de la Cité musicale de l’Arsenal de Metz. Quel régal que d’entendre chaque détail au service d’un équilibre souverain entre sens des couleurs, ruptures marquées dans les reprises et élan global de la narration! Le sommet du disque est atteint avec l’Andante du Premier Trio, entamé presque en sourdine, en une lenteur habitée par un toucher étonnamment doux au piano. La noblesse sereine qui se dégage de cette lecture sans artifices profite de la lumière intérieure des solistes, sans qu’aucun ne cherche à prendre le dessus. Les deux derniers mouvements manquent toutefois d’un rien d’espièglerie, accentuant l’impression séquentielle de cette lecture analytique. On pourra faire le même reproche au superbe Notturno (initialement conçu comme deuxième mouvement du Premier Trio), un rien trop délié en son début, même si la dernière partie gagne en naturel et en émotion à fleur de peau. L’adaptation du lied Auf dem Strom (1828), réalisée par le Trio Talweg, donne à entendre tout l’esprit de Schubert dans son répertoire de prédilection, à l’égal de la musique de chambre. De quoi compléter un disque globalement très réussi, malgré quelques infimes réserves. (concertonet)
Chefs-d’œuvre absolus de la littérature de musique de chambre, il est impossible de se lasser des trios de Schubert. Même s’il existe de nombreuses références, il est toujours passionnant d’entendre ces œuvres par un ensemble car bien souvent, les enregistrements témoignent d’un moment privilégié dans leur parcours. Les Talweg ont choisi le trio No. 1 qu’ils ont préféré coupler avec le Notturno D. 897 et une transcription maison du Lied Auf dem Storm D. 943, choix judicieux qui concentre l’attention sur la complète liberté de ses interprètes. Spontanés et parfaitement unis, Sébastien Surel, Eric-Maria Couturier et Romain Descharmes semblent inventer le mouvement Allegro moderato avant de plonger dans le magnifique Andante. Avec un tempo respecté, au piano profond répondent un violoncelle et un violon doucement mélancoliques, jamais appuyés comme l’évocation d’un souvenir lointain. Le Notturno est abordé avec une simplicité appréciable avant des grondements maîtrisés. Les mélomanes ne reconnaîtront pas forcément le Lied de Schubert pour cor et piano, assez rarement visité par les voix mais la transcription reste réussie. Très beau disque qui laisse espérer un petit frère avec le Trio No. 2. (classique-c-cool)