Cathy Krier (née en 1985) commence ses études de piano à l’âge de 5 ans au Conservatoire de musique de Luxembourg. En 1999, elle est admise dans la classe de virtuosité de Pavel Gililov à la Hochschule für Musik und Tanz Köln. En 2000, elle enregistre le Concerto pour piano N° 4 en sol majeur de Beethoven avec le Latvian Philharmonic Chamber Orchestra, sous la direction de Carlo Jans. En 2003, Cathy Krier reçoit le Prix Norbert Stelmes attribué par les Jeunesses Musicales du Luxembourg. En 2004, on lui décerne le prix de la Fondation IKB International. Elle participe en 2005 à l’inauguration de la Philharmonie Luxembourg, où elle présente un concert à quatre mains aux côtés de Cyprien Katsaris. L’année suivante, elle joue au Klavier-Festival Ruhr, étant l’une des invités de la masterclass de Robert Levin. D’autres master classes lui permettent de suivre les conseils de Dominique Merlet, Homero Francesch et Andrea Lucchesini avec lequel elle parfait ses études à la Scuola di musica di Fiesole. En 2009, Cathy Krier est invitée à l’Académie musicale de Villecroze. En 2007, elle prend part à l’inauguration officielle de «Luxembourg et Grande région – Capitale européenne de la culture». Cathy Krier présente des concerts à la Philharmonie Luxembourg et joue régulièrement dans le cadre de festivals luxembourgeois tels que le Festival International d’Echternach, le Festival de Bourglinster et «Musek am Syrdall»......(WebSite)
Musique baroque et avant-garde – Une contradiction ? « Est-il judicieux de combiner la musique d'un maître baroque français avec des œuvres d' avant-garde écrites dans les années 50 ? Peut-on mettre côte à côte ces deux compositeurs – Jean-Philippe Rameau (1683-1764) et György Ligeti (1923-2006) ? Ont-ils quelque chose en commun et, si oui, comment de tels traits peuvent-ils être considérés du point de vue de deux siècles entièrement différents ? Si l'on choisit de partir de la Musica Ricercata de György Ligeti, le titre de l'œuvre rappelle immédiatement un genre baroque primitif appelé ricercar, précurseur de la fugue. Avec ce choix de titre, Ligeti rendait hommage à Girolamo Frescobaldi, le père du ricercar……… Comme ce fut très probablement le cas dans le chant grégorien et dans la musique baroque, Ligeti s'impose dans chaque pièce un ensemble de règles et de limitations extrêmement strictes, au sein duquel il s'efforce de composer le plus librement possible. Ces limitations formelles et structurelles deviennent la base même de son écriture. Ligeti affiche une approche profondément intellectuelle de la composition, la soumettant toujours à un certain concept. Vu sous cet angle, Rameau et Ligeti ont beaucoup en commun…. » Extraits des notes de pochette de CATHY KRIER (challengerecords)
Rameau devant son clavecin, Ligeti derrière le rideau de fer. Deux siècles les séparent, l'audace les relie. Le jeu de la pianiste Cathy Krier, également. Les pièces pour clavecin de Rameau exécutées au piano ? Il y faut une grâce et une maîtrise très singulières, pour que l'on ne regrette pas les couleurs grésillantes, l'acidité suave, l'impertinence châtiée que l'instrument historique tire naturellement de son mécanisme, à la fois fragile et combatif. Au début des années 1950, enregistrant l'intégrale de l'oeuvre de Rameau pour clavier (1), la pianiste Marcelle Meyer fut touchée par cette grâce qu'avait fortifiée, avant-guerre, sa fréquentation de Stravinsky et du groupe des Six — elle avait tenu l'une des parties de piano de Noces, joué à quatre mains avec Francis Poulenc. Aujourd'hui, une jeune pianiste luxembourgeoise âgée de 29 ans réédite ce miracle, resté jusqu'ici sans lendemain. Sans doute parce que Cathy Krier, à l'exemple d'une Marcelle Meyer, ne sépare pas la musique de Rameau de celle d'aujourd'hui, qu'elle discerne les fils rouges qui, échappant au temps, relient en dépit des siècles et des frontières des territoires en apparence étrangers ou inconciliables. Magnifique intuition d'avoir rapproché les Nouvelles Suites de pièces de clavecin de Rameau, de 1726, de la Musica ricercata qu'expérimente, en 1953, un Ligeti de 30 ans à peine, isolé dans une Hongrie asservie au bloc de l'Est. A la fois sévères et humoristiques, ces onze pièces rendent hommage à Bartók et à Frescobaldi, mais pour se libérer de l'emprise du premier en puisant dans les formules de contrepoint du second. Pour la première fois, György Ligeti découvre sa vraie voix, frondeuse et inventive, d'une exubérance sarcastique, d'un tragi-comique grinçant, au bord du vertige (à la fin de la pièce X, rythme et dynamique se déchaînent, « comme fous », note le compositeur). Si la musique de Rameau ne se risque pas à frôler de tels précipices, elle joue volontiers avec le feu — l'endiablement absurde des ostinatos rythmiques (La Poule, Les Tricotets), le ressassement de fredons entêtants (Les Sauvages, L'Agaçante). Ainsi, à deux siècles d'intervalle, deux compositeurs d'un non-conformisme radical forgent dans une même solitude farouche un langage aventureux et subversif, d'une audace à la fois raisonnée et irrationnelle, à l'écart des courants moutonniers. Cathy Krier peut s'enorgueillir de les avoir fait magistralement dialoguer. (telerama)