Conversations avec Kafka
Gustav Janouch


Un jour de mars 1920, un lycéen de dix-sept ans qui écrit des vers est invité
par son père à lui rendre visite au bureau qu’il occupe à l’Office d’Assurances
Ouvrières contre les Accidents. Il veut le présenter à un employé du service
juridique, un certain Dr Franz Kafka, ami d’un écrivain connu, Max Brod. Le Dr
Kafka a lu ses vers, il pourra utilement le conseiller. Une première entrevue
est suivie de beaucoup d’autres : au bureau du Dr Kafka, lors de promenades dans
Prague après la journée de travail. Le jeune Janouch s’est attaché à cet homme
étrange et bon qu’il admire. Il boit ses paroles. Il les note après chaque
entrevue. C’est seulement trente ans plus tard, en 1951, alors que Kafka est
devenu, après sa mort, l’un des plus grands écrivains de ce temps que Gustav
Janouch publie cet extraordinaire témoignage que constitue Conversations avec
Kafka. Les familiers de l’écrivain, Max Brod, Dora Dymant (la compagne des
derniers jours) sont frappés d’étonnement : c’est bien leur ami, tel qu’ils
l’ont connu, tel qu’il était, dans ses propos, dans son attitude, dans ses
conceptions de l’art, de la vie, de la politique, de la religion, qui revit sous
les yeux. Cet étonnement croît quand ils apprennent que Gustav Janouch s’est
refusé à lire les ouvrages posthumes de l’auteur du Verdict, s’en déclarant
“incapable”, ignorant du même coup l’essentiel de l’œuvre. Ce parti pris de
Janouch, peu compréhensible, ajoute, s’il en était besoin, à l’exactitude du
témoignage. Janouch ne construit pas un Kafka de son choix à partir de l’œuvre,
du Journal, de la correspondance. Il se borne à rapporter, sans art et dans le
désordre, les propos qu’il a entendus et notés à la façon d’un sténographe.
C’est Kafka lui-même qui, à travers Janouch, nous parle, nous révèle ses
sentiments et pensées intimes. La première édition de cet ouvrage comprenait
moins de la moitié des notes rassemblées par Janouch et recopiées au hasard par
une amie dactylographe. En 1968 il décide de les publier dans leur intégralité.
Elles forment l’ouvrage que nous présentons et qui a plus que doublé de volume.
Salué par l’unanimité des critiques allemands, il constitue, selon son préfacier
en français, Bernard Lortholary “un témoignage irremplaçable” sur un homme dont
l’œuvre s’est inscrite au cœur des préoccupations de notre époque.

Genre(s) : Science humaine
Éditeur : Maurice Nadeau
Date de sortie : 2015
Nombre de pages : 278
Nombre de fichier(s) : 1
Poids Total : 0.21 Mo
Format : Epub
Langue :
Français


