Bach | Lillian Gordis 2022
Lillian Gordis , née le 12 juillet 19921 à Berkeley (Californie), est une claveciniste classique d'origine américaine, installée en France depuis ses seize ans. Elle enregistre son premier album solo, Zones, consacré aux sonates de Domenico Scarlatti10 chez Paraty (Harmonia Mundi-PIAS), sorti en 2019. C'est la première femme en France depuis Blandine Verlet il y a 43 ans (Philips, 1976) à avoir sorti un enregistrement solo des sonates de Scarlatti au clavecin (WebSite )Admirable ! Quel art du phrasé, quelle liberté agogique dans le jeu de Lillian Gordis, auxquels on pourrait ajouter un art envoûtant de la surprise et de la suspension ! Tout ceci au gré d’une ornementation audacieuse (Prélude en si bémol majeur), de l’élargissement du spectre sonore (Partita n° 1, main gauche dans la Gigue), d’un jeu sur les résonances. Avec ce stupéfiant double album, la claveciniste américaine Lillian Gordis veut rendre un hommage à l’art des Leonhardt ou Hantaï qui ont bercé son enfance, eux qui ont enregistré dans la fabuleuse acoustique de la Doopsgezinde Kerk, à Haarlem aux Pays-Bas, là même où elle décida de graver en novembre 2020 le présent ensemble : deux Suites anglaises (Nos. 3 et 5), deux Partitas (Nos. 1 et 4) et quatre Préludes et Fugues issus du Second Livre du Clavier bien tempéré : l’immense BWV 890 en si bémol majeur, le plus abstrait BWV 891 en si bémol mineur, le tendre et effusif BWV 873 en ut dièse mineur, et enfin le conquérant et joyeux BWV 874 en ré majeur. La magie acoustique du lieu a saisi totalement Lillian Gordis, telle une force occulte. Ces deux heures de musique sont en tout point stupéfiantes de liberté, de fantaisie, et en même temps de rigueur et d’élan. Un seul exemple : le Prélude en ré majeur BWV 874, où, littéralement, clairons, hautbois, flûtes sont convoqués pour un festival d’ambiances agrestes. Elle crée volontiers des ruptures dans la phrase pour y faire entrer son imaginaire parfois étrange, d’autres fois étonnamment juste. Lillian Gordis cabre les rythmes, y invoque toujours des carrures de danse, comme pouvait le réaliser autrefois Blandine Verlet dans certains de ses vieux enregistrements (Philips). La polyphonie sait aussi rester toujours claire (Partita n° 4). Mais ce qui, surtout, surprend et envoûte ici, c’est la force narrative de ce Bach qui abandonne toute forme d’esprit scolastique. C’est la vie, avec ses étrangetés, ses bizarreries, ses tentations absolument baroques, et aussi sa joie de vivre, sa luminosité, sa plénitude presque zen. A découvrir sans tarder. © Pierre-Yves Lascar/Qobuz
Label : ParatyParution : 25/03/2022Codec : Free Lossless Audio Codec (FLAC)Channels : Stereo / 44100 HZ / 16 BitBitrate : 997 kbpsDurée : 02:17:32Pistes : 33Fichiers : 36Total Size : 951 MoInclus : Covers, Booklet Spectrogramme ------------------------------------------------------VIDEO ------------------------------------------------------