Matacarne est un roman sur la mafia qui ne ressemble à aucun livre sur la mafia : c'est le monologue incantatoire d'un petit truand, une fantasmagorie sanglante où bourreaux et victimes se poursuivent inlassablement face à un juge muet et pourtant lui aussi acteur de cette danse macabre dont Palerme est le décor transfiguré.
Glaçante, effroyable, l'histoire de la mafia et de ses Luttes fratricides est retracée ici, mais l'écriture de Giosuè Calaciura ne cherche pas la minutie du compte rendu journalistique, elle brasse au contraire te réel et l'imaginaire, le sordide et le grandiose dans une langue poétique aux accents d'un baroque moderne.
Né en 1960 à Palerme, Giosuè Calaciura est journaliste et écrivain pour te théâtre et ta radio, et son précédent roman, Passes noires, a été finaliste à l'un des prix littéraires italiens les plus prestigieux, le Campiello.
«Nous n'étions plus rien. À partir du moment où nous dûmes les tuer tous les trois, monsieur le juge, même si un seul d'entre eux était la cible de la haine qui nous fut transmise au moment même où le massacre nous était commandé. Les deux autres devaient mourir en raison de la propriété transitive des parentés et des affiliations, monsieur le juge, l'un parce que c'était son fils aîné, un fils de pute de treize ans, un gamin, monsieur le juge...»