Dans la série des formations qui gagnent à être encore plus connues qu’elles ne le sont déjà, revoici nos amis transalpins de Barock Project avec Time Voyager, un septième album qui succède aux très appréciés Detachment (2017) et Seven Seas (2019).
Entre temps le claviériste Luca Zabinni a pris le temps d’une escapade en solo (One, 2021) sans que cela n’affecte un travail de groupe qui regorge toujours d’une créativité au-delà du tout-venant. A bien l’écouter, Time Voyager est une œuvre à part entière pensée en multiple dimensions.
En navigant sur un style qui a construit le son du groupe, son identité, l’album s’autorise des furetages au gré des genres, multipliant les horizons musicaux avec un sacré tempérament. Le voyage dans les interstices temporels en guise de concept, les voici se balader dans l’orchestral introductif “Carry On” (on pense à Kansas), le folklorique “The Ship Travel” (coucou Jethro Tull), les volutes celtiques de l’exquis “The Lost Ship Tavern” ou des contours orientaux de “Voyager“.
Certains pourront toujours crier au manque de cohérence et pourtant c’est bien la colonne vertébrale du concept initial qui est appliqué ici.
Avec leur talent d’instrumentistes que personne n’osera remettre en question, le quintet se paye le luxe de jouer sur les humeurs : un peu de spleen (“Shibuya 3 A.M.“), du festif (“Lonely Girl“), de la ballade à la cool (“Mediterranean“), rien qui ne soit trop coloré ou trop sombre.
Les amateurs de musique dépressive carabinée en seront pour leur frais.
Barock Project offre une fois encore une partition qui s’emploie à tricoter une musique espiègle qui donne envie de taper du pied et des mains.
Sans vergogne. Tout au long de ces 71 minutes sans temps mort ni baisse de tension offrant ainsi une œuvre profondément réussie.