Vingt ans après la sortie du premier single Miracle, on attendait beaucoup de Cascada pour marquer ce jalon d’une manière ou d’une autre…
Mais après une interruption de 13 ans, ils reviennent ce mois-ci avec un tout nouvel album studio qui se tourne encore plus vers le passé en célébrant la légendaire discothèque new-yorkaise Studio 24.
Historiquement née d’une collaboration entre la chanteuse Natalie Horler et les auteurs/producteurs Manuel Reuter et Yann Peifer, elle s’associe cette fois à Christian Geller dans une sorte d’exercice de nettoyage d’ardoise qui, tout en honorant le passé, rétablit Cascada en tant que groupe pop contemporain en dehors des pistes de danse de l’an 2000.
Le premier single Ain’t No Mountain High Enough – écrit par Nickolas Ashford et Valerie Simpson, et mieux connu comme un tube solo de Diana Ross – est une forte indication de l’album, qui voit Horler se glisser dans le rôle de diva du disco. En 15 chansons, elle reprend un autre incontournable de Ross, You Keep Me Hangin’ On des Supremes, ainsi que des tubes de Chaka Khan (I’m Every Woman), Thelma Houston (Don’t Leave Me This Way) et Cheryl Lynn (Got To Be Real), qui sonnent tous d’une fraîcheur saisissante.
Un remake disco de Call Me de Blondie fonctionne étonnamment bien, tout comme une version de If You Could Read My Mind de Gordon Lightfoot, inspirée de Stars On 54, et bien que l’album prenne peu de risques et reste fidèle aux enregistrements originaux, il met en lumière Horler comme l’un des chanteurs les plus forts de la musique dance moderne.
Pendant de nombreuses années, les reprises de chansons comme Truly Madly Deeply, What Hurts The Most et How Do You Do ont donné lieu à une fausse idée que Cascada était uniquement un groupe de reprises, mais alors que le succès n°1 Evacuate The Dancefloor a mis fin à cette idée, cette fois-ci, le chanteur joue un rôle actif dans l'écriture des trois originaux de l'album, notamment le sombre Murder et Playing For Keeps, qui démarre avec un riff pas si subtil influencé par I Feel Love de Donna Summer/Giorgio Moroder.
En ce qui concerne les collections de reprises, le concept est soigné, et bien que certains morceaux (Earth, Wind & Fire avec Boogie Wonderland des Emotions, Blame It On The Boogie des Jackson 5) semblent un peu plus datés que les autres, leur inclusion est justifiée en tant qu'aperçu cohérent de l'âge d'or.
C'est un ensemble costaud qui pourrait être condensé en 12 chansons sans perdre son éclat, mais quand il s'agit de paillettes, « Studio 24 » en offre à profusion, notamment sur le numéro de clôture et la chanson titre, avec son cri de ralliement « Arrête de pleurer, mets-toi par terre / Pas besoin de te cacher, je veux t'en donner plus » qui capture parfaitement l'éthique de l'album.