Benjamin Booker - Witness 2017


Benjamin Booker est de retour avec son second album Witness , profond et politiquement engagé. Witness est l'oeuvre la plus ambitieuse de Booker, qui s'inspire de sa passion pour la Soul, le R'n'B et le Blues, sans pour autant s'éloigner de l'intensité du garage-punk qui a fait de son premier album un succès en 2014. Son nouvel album composé de 10 chansons a été écrit par Benjamin Booker, produit par Cohen (Kevin Morby) et arrangé par Shawn Everett (Alabama Shakes), puis enregistré au Isokon Studio de Woodstock, NY et au Red Delicious Studio de NYC. La sortie de son album 'Benjamin Booker' en 2014 fut l'un des plus gros succès de Ato Recodrs depuis Alabama Shakes, ce qui lui a valu la programmation de nombreuses dates de festivals et dates en compagnie de Jack White, des passages chez Jools Holland, Letterman et Connan et des articles dans le Sunday Times, Mojo, NYTimes, Rolling Stone, NPR, GQ et bien d'autres.
Et voilà que Booker nous revient demain une nouvelle création intitulée Witness. Un peu comme l’un de ses mentors, l’écrivain James Baldwin, Booker s’est expatrié à l’extérieur de son pays d’origine afin de réfléchir aux changements politiques et sociaux qui affligent actuellement les « States ». Oui, j’utilise sans gêne le verbe affliger, car c’est bien de cela qu’il s’agit… Si Baldwin avait préféré l’Europe, Booker s’est tourné vers le Mexique, un pays remis injustement sur la sellette par ce cher Donald !
Tout au long de sa courte existence, l’artiste a toujours cru qu’il pouvait aisément déjouer tous les pièges tendus (drogue, violence, désaffection sociale, etc.) par ce détestable racisme institutionnalisé qui sévit depuis la nuit de temps au pays de l’Oncle Sam… jusqu’à la mort violente du compatriote afro-américain Trayvon Martin qui l’a ramené à une dure réalité : son pays ne s’est jamais réellement débarrassé du racisme.
C’est dans cet état d’esprit que Booker a conçu ce Witness; un disque qui, encore une fois, est complètement revendicateur et qui a le mérite de promouvoir un message clair : être noir aux États-Unis peut vous mener directement au cimetière gracieuseté de ces salopards en uniforme qui doivent normalement « protéger et servir »… Tout au long des 10 chansons, l’artiste se positionne comme un témoin des actes répréhensibles subis par ses frères de sang. En ce qui concerne le propos, pas de doute, ça atteint la cible de plein fouet.
Musicalement, Booker emprunte un virage beaucoup plus soul que le précédent effort. Moins rageuses et rentre-dedans, les chansons de Booker gagnent en maturité et en subtilité, mais perdent aussi en originalité, se rapprochant de ce que crée un gars comme Ben Harper ou encore les Black Keys. Quelques cordes sirupeuses viennent parfois plomber le plaisir. Qu’à cela tienne, ça demeure un bon disque, malgré la disparition de l’énergie juvénile de la première création.
Quelques pièces sont venues faire vibrer la corde dite « millésimée » qui m’habite. L’invitée de marque, Mavis Staples, embellit la pièce titre qui elle, constitue un hymne senti au mouvement Black Lives Matter. Right On You possède des relents de punk-rock domestiqué. Believe semble sorti tout droit des seventies. Le folk dépouillé Off The Groundest touchant et le penchant gospel de Carry séduit.
Même si je déplore la colère maîtrisée qui anime ce Witness, Booker confirme l’indéniable talent qui l’habite. Je le préfère en mode nettement plus abrasif, mais j’en connais aussi plusieurs qui seront conquis par sa nouvelle approche. À vous de choisir votre préférence.PAR STÉPHANE DESLAURIERS
Débarqué sans prévenir en 2014, il avait scotché une salle entière lors du festival des Inrocks. Sautant dans tous les sens, il refusait de canaliser sa fougue encore juvénile. Trois ans plus tard, Benjamin Booker s’est (un peu) calmé.
Côté inspiration, il a délaissé Jack White au profit de l’écrivain James Baldwin, à qui Raoul Peck a récemment consacré un documentaire, I Am Not Your Negro. “C’est une figure tutélaire de mon existence. Quand je l’ai découvert il y a quelques années, ça a été la révélation : quelqu’un avait couché sur papier mes peurs et mes angoisses d’homme noir américain. Witness parle du fait qu’elles n’ont quasi pas changé depuis les années 1960, malgré la fin de la ségrégation.” Peut-on se contenter de regarder sans rien dire, s’interroge-t-il dans le morceau-titre, superbe démonstration rock’n’roll et gospel partagée avec la divine Mavis Staples ?Fervent supporter du mouvement Black Lives Matter, Booker esquive néanmoins le format protest song. L’engagement, il le vit depuis longtemps, depuis qu’il a décidé de quitter la Floride pour La Nouvelle-Orléans afin d’aider à la reconstruction post-Katrina.
Aujourd’hui, il s’est installé à Los Angeles, pour se “sentir davantage investi dans l’industrie de la musique”. Entre-temps, un séjour mouvementé au Mexique l’a aidé à écrire ces dix pistes brèves et intenses. Enregistré entre Woodstock et Brooklyn, produit par Samuel Cohen (Norah Jones), Witness laisse entendre une guitare électrique toujours aussi rugueuse, et la production ne s’éloigne pas des premières amours punk lo-fi (Right on You, All Was Well). Mais, ouvrant la porte à une soul ultramélodique (Believe) ou un folk-rock sans fioritures (Off the Ground), Booker façonne son propre langage de jeune bluesman – qui s’ignore mais auquel on croit tous dur comme fer....par LesInrocks Sophie Rosemond
TITRES
1. Right On You
2. Motivation
3. Witness (featuring Mavis Staples)
4. The Slow Drag Under
5. Truth Is Heavy
6. Believe
7. Overtime
8. Off The Ground
9. Carry
10. All Was Well
INFOS sur L’ALBUM et DETAILS SUR L’UPLOAD
Artiste : Benjamin Booker
Année : 2017
Nombre de disque : 1
Format : FLAC 24 bit 44,1 kHz
Présence des Covers : oui
Genre : Rock Blues
Taille : 372 Mo
Up réalisé par : duckjibe
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