L'histoire musicale de Solstice suit un parcours sinueux tout en conservant une certaine cohérence. Après un premier album dans les années 80 et quelques productions dans les années 90 (principalement motivées par la réédition de leur œuvre initiale), ce groupe presque anachronique a fait son retour sur la scène prog des années 2000, culminant probablement avec l'agréable *Prophecy*, réalisé sous la direction de Steven Wilson, grand admirateur de cette formation méconnue.
Un peu à la manière d'un Fleetwood Mac plus progressif, Solstice présente une nouvelle voix féminine. Emma Brown laisse sa place à Jess Holland qui, selon le groupe et sa promotion, promet d'apporter un souffle nouveau. *Sia* débute avec le morceau le plus long de l'album (près de treize minutes), "Shout", qui malgré ses variations sur une même progression d'accords, ouvre l'album de façon plaisante. Même si l'apogée finale n'est peut-être pas à la hauteur des attentes, on se laisse entraîner. Le guitariste et le cerveau du groupe, Andy Glass, fait preuve d'un évident souci du détail. Ne cachant pas son attrait pour l'ambiance gaélique (le titre *Sia* signifiant "six" en référence au sixième album du groupe), il parvient finalement mieux à communiquer son message dans un registre folk (le rêveur et acoustique "Love is coming") que lorsqu'il s'aventure dans les sphères nébuleuses du progressif, frôlant la scène Canterbury (l'énervant et sautillant "Stand Up"). C'est probablement dans ce contexte que la nouvelle recrue trouve son terrain d'expression le plus naturel, portée par des arpèges réconfortants ("Long Gone"), la situant davantage dans le registre des Corrs ou de Loreena McKennitt. Car côté mordant, il y a à redire ("Seven Dreams" manque de l'impact percussif d'une Christine McVie, ce qui le rend quelque peu plat). Le problème fondamental est que l'inventivité du groupe et de ses interprètes ne semble pas résider dans cette direction, nous faisant alterner rapidement entre moments d'espoir et de déception.