Ronnie Earl & The Broadcasters- Mercy Me 2002
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TITRES
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1. Ronnie Earl - Blow Wind Blow [06:55]
2. Ronnie Earl - Alabama [05:09]
3. Ronnie Earl - Blues For Ruthie Foster [05:23]
4. Ronnie Earl - Soul Searching [04:36]
5. Ronnie Earl - Blues For Duke Robillard [07:43]
6. Ronnie Earl - Only You And I Know [07:01]
7. Ronnie Earl - A Prayer For Tomorrow [05:59]
8. Ronnie Earl - Dave's Groove [06:51]
9. Ronnie Earl - Please Send Me Someone To Love [10:45]
10. Ronnie Earl - Coal Train Blues [05:02]
11. Ronnie Earl - The Sun Shines Brightly [08:33]
12. Ronnie Earl - (Your Love Keeps Lifting Me) Higher and Higher[05:54]
Playing Time.........: 01:19:57
L'un des guitaristes les plus sensibles et les plus stylés à avoir jamais joué du blues, le maître du fret basé en Nouvelle-Angleterre Ronnie Earl se surpasse sur son dernier disque, offrant une masterclass de 80 minutes pleine d'émotion de morceaux infusés de soul et de jazz qui démontrent clairement pourquoi les critiques et ses pairs le placent sur un piédestal qui lui est propre.
Originaire de New York et fils de survivants de l'Holocauste, Ronnie envoûte ses fans depuis cinq décennies. Difficile aujourd'hui de croire que Ronnie ait découvert cet instrument sur le tard, mais c'est pourtant le cas. Il a commencé à jouer de la guitare au début des années 70, après s'être inscrit à l'université de Boston et s'être passionné pour la scène blues locale.
Doté d'une aptitude exceptionnelle pour l'apprentissage, il est né Ronald Earl Horvath et a débuté sa carrière d'enregistrement aux côtés de Johnny Nicholas, futur guitariste d'Asleep at the Wheel, en 1977, peu avant de devenir membre fondateur de Sugar Ray & the Bluetones, avant de remplacer Duke Robillard dans un autre groupe de longue date du Rhode Island, Roomful of Blues. Durant ses huit années au sein de ce groupe, il a également enregistré sous son nom de naissance avec les géants de Windy City, Sunnyland Slim et Big Walter Horton, et a adopté son nom de scène en hommage à Earl Hooker.
Quatre fois lauréat du titre de guitariste de l'année par la Blues Music Association et nominé 19 fois, Earl a sorti quelques albums solo avant de se lancer seul en 1987. Depuis, il est à la tête de son propre groupe, les Broadcasters. Vingt-huitième album de son catalogue – dont la moitié est parue sur le label Stony Plain –, il fait suite à Rise Up , son album de 2020, salué internationalement , enregistré dans sa maison de la banlieue de Boston, alors qu'il se remettait d'une opération du dos.
Ronnie est accompagné ici par son groupe habituel, composé de Dave Limina au piano et à l'orgue Hammond B3, Forrest Padgett à la batterie, Paul Kochanski à la basse et la dynamique Diane Blue au chant. La programmation inclut également des invités comme Anthony Geraci (claviers), ancien membre des Bluetones et nominé aux BMA, Mark Earley (saxophoniste baryton), ancien membre de Roomful et actuel membre de Victor Wainwright & the Train, ainsi que Mario Perrett au saxophone ténor, Peter Ward à la guitare et Tess Ferraiolo au chant.
Earl tranche comme un couteau avec une fioriture cinglante et monotone avant que Diane ne se joigne à lui pour un hommage de sept minutes à Muddy Waters en reprenant son classique de 1953, « Blow Wind Blow ». Délivré sous forme de shuffle au rythme moyen, Limina et Geraci brillent sur les 88 secondes avant que Ronnie ne s'en prenne, volant avec précision sur les cordes pour un solo éblouissant de trois minutes, apparemment sans effort, avec un minimum de notes mais un maximum de sensations.
Les notes de Lumina s'ouvrent avant que Ronnie ne rende hommage à John Coltrane, un autre de ses héros, avec une reprise instrumentale discrète mais remarquable de son opus de 1963, « Alabama », dont le thème – le racisme – continue d'infester les États-Unis aujourd'hui. L'ensemble se prolonge par un morceau au thème beaucoup plus lumineux, l'original acoustique, lent comme la mélasse et épuré, « Blues for Ruthie Foster », qui laisse également à Ward toute latitude pour briller, avant de céder la place à « Soul Searching », un morceau R&B qui a servi de titre à l'album d'Earl sorti sur Black Top en 1988.
« Blues for Duke Robillard », autre ballade originale et captivante, progresse à un rythme d'escargot agréable pendant près de huit minutes avant que les choses ne s'échauffent avec Diane au micro pour reprendre « Only You Know and I Know », un tube de Dave Mason en 1970, puis un succès encore plus grand pour Delaney & Bonnie un an plus tard. On y retrouve des exercices pour les cuivres avant qu'Earl ne prenne les choses en main comme lui seul sait le faire.
Anthony et Ronnie apportent six minutes de lumière pleine d'âme à un monde en proie à des difficultés et offrent un espace d'introspection avec « A Prayer for Tomorrow », une composition de Geraci, avant que les choses ne s'échauffent avec « Dave's Groove ». Coécrit avec Limina, il vibre au rythme d'un autre long solo de guitare jamais ennuyeux – une sensation qui se poursuit dans « Please Send Me Someone to Love » de Percy Mayfield. Le chant de Blue est aussi doux que le jeu de frettes d'Earl dans un entraînement tranquille de plus de dix minutes avec des solos tout-terrain.
Deux autres trésors — « Coal Train Blues », un doux shuffle, et « The Sun Shines Brightly », une ballade de huit minutes qui emprunte lyriquement à « The Sky Is Crying » d'Elmore James — suivent avant que Ronnie, Diane et Tess ne vous emmènent à l'église et ne vous livrent le standard de Jackie Wilson, « (Your Love Keeps Lifting Me) Higher and Higher », pour conclure.
Ronnie Earl & the Broadcasters ont sorti des albums sensationnels ces 35 dernières années, mais il sera extrêmement difficile de faire mieux que celui-ci. Procurez-vous-le. Vous ne le regretterez pas !...par BluesBlastMagazine
Après dix premières années exercées en tant que lead-guitariste de Sugar Ray Norcia & The Bluetones puis des légendaires Roomful Of Blues, suivies d'une carrière solo émaillée de 28 albums en plus de quatre décennies (et dont voici le 12ème à paraître en vingt ans sur le label canadien Stony Plain), Ronald Horvath (alias Ronnie Earl) vient de fêter son 69ème anniversaire. D'une sensibilité extrême, le toucher de Ronnie et sa puissance émotionnelle lui ont valu non seulement une ribambelle de récompenses (dont quatre Blues Music Awards en tant que guitariste de l'année), mais l'admiration de ses pairs, ainsi qu'un respect unanime au sein des communautés jazz et blues internationales. D'une humilité indéfectible, le bonhomme n'en finit jamais de remercier à qui mieux-mieux (plus de 70 dédicaces cette fois encore), mais aucun de ceux qui le connaissent ne peuvent mettre sa sincérité en doute. Toujours entouré d'une nième mouture de ses fidèles Broadcasters (au sein duquel le claviériste Dave Limina fait désormais figure de vétéran, au bout de vingt ans de service), il entame le programme avec une reprise du « Blow Wind Blow » de Muddy Waters, que chante Diane Blue (chanteuse également en poste depuis un bail, aux côtés des non moins stables Paul Kochanski, bassiste et Forrest Padgett, batteur). C'est la guitare de Peter Ward (frère de « Mudcat' » Ward, bassiste des Bluetones, et dont nous avions chroniqué en 2019 le « Train To Key Biscayne » – chronique à retrouver ICI) qui y donne brillamment la réplique au patron (il figure également sur quatre autres plages), tandis que l'ami Anthony Geraci y tient le piano, et que Limina assène sur la coda un furieux solo de Hammond B3. Autant fan de jazz que de blues, Ronnie livre ensuite une splendide version (forcément instrumentale) du « Alabama » de John Coltrane, avec l'apport des saxophones ténor et baryton de Mario Perrett et Mark Earley. Virage à 180° pour le rural et acoustique « Blues For Ruthie Foster », où seules s'expriment les guitares d'Earl et Ward, selon le mode Mississippi Delta folk-blues si cher à l'intéressée. Symboliquement, Ronnie nous gratifie ensuite d'une nouvelle version de la plage titulaire de son premier album solo (« Soul Searching » en 88), dans une veine latino bardée de cuivres et d'orgue Hammond, évoquant mieux que jamais le jeune Carlos Santana. Entre Otis Rush et le Stevie Ray Vaughan de « Tin Pan Alley » et « Riviera Paradise », l'instrumental « Blues For Duke Robillard » rend hommage à son vieux complice, avec lequel il avait enregistré un album en 2005 sur leur même label commun. Persistant à varier les plaisirs, Ronnie nous gratifie ensuite d'une version soulful à souhait du « Only You Know And I Know » de Dave Mason (qu'adapte dans un esprit similaire à Delaney & Bonnie voici un demi-siècle, avec Clapton, Steve Cropper et Duane Allman pour les invités). Limina s'y délecte manifestement à pasticher les parties d'orgue de Bobby Whitlock et Stevie Winwood, tandis que chacun des cuivres y prend également son solo juteux, avant que les six cordes du boss n'y portent la subtile estocade. Retour à la filière West-Side d'Otis Rush et Magic Sam, pour une version instrumentale du poignant « A Prayer For Tomorrow » d'Anthony Geraci avec son auteur au piano tempéré, auquel correspondent l'orgue sensible et scintillant d'un Limina décidément en verve, et les six cordes plus lumineuses que jamais de ce phénomène de sentiment que demeure Ronnie : un sommet en soi. Comme l'indique son titre, le double-shuffle texan « Dave's Groove » s'appuie sur le jeu sinueux de l'organiste, mais les souffleurs s'y partagent équitablement la part du lion avec ce dernier et le patron. Première pièce de résistance, le fameux « Please Send Me Someone To Love » de Percy Mayfield se déploie sur près de onze minutes toute la science mélodique et orchestrale d'un leader dont la modestie ne se complète pas moins d'une profonde culture des musiques afro-américaines (qu'il étudia à la Boston University). Diane Blue y fait preuve d'un indéniable talent d'interprète, apposant une touche gospel proche de celle d'une Mavis Staples, tandis que l'orgue de Limina y fait office de Master Of Ceremony, et que cuivres et guitare y font suinter chaque note d'une émotion palpable : un nouvel Everest ! « Coal Train Blues » s'avère un Chicago blues conventionnel, prétexte à une jam entre musiciens comme en initiés sur place et en leur temps Barry Goldberg et Mike Bloomfield,mais il en va autrement du « The Sun Shines Brightly » sur lequel il débouche. Cette autre longue pièce instrumentale offre à Ronnie l'occasion d'exprimer tout son amour du deep blues, tel qu'il migra du Sud rural des États-Unis vers les villes industrielles du Nord. À nouveau rejoint par les 88 touches d'un Geraci en lévitation, il y démontre la dévotion qu'il ressent envers les Buddy Guy, Jimmy Dawkins, Luther « Guitar Jr. » Johnson, Jimmie Rodgers, Paul Oscher et consorts qui l'ont précédé, et Diane Blue y méritent plus que jamais son patronyme (ainsi que les galons s'y référant), tandis que Limina y rejoint au panthéon de l'orgue Hammond des figures telles que Jimmy Smith et Booker T. Jones : une épiphanie pour tout fan de blues digne de ce titre ! Le classique gospel soul enflammé « (Your Love Keeps Lifting Me) Higher And Higher » conclut en beauté positive ce nouveau et copieux classique, que nous vous recommandons chaleureusement.
Patrick Dallongeville
Paris-Move , Blues Magazine , Illico & BluesBoarder
flac 16bit 44,1kHz
covers
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Uploadé par duckjibe