
WEB
2025
FLAC ♦ 24-Bit / 48 kHz
Nordic Folk
Ritual
L'album « Howl », né et développé en période difficile, parle avec colère et espoir
On dit souvent que pour un groupe, le troisième album est celui de la maturité : si cet album représente sans aucun doute le sommet créatif du projet musical de Fabio Del Carro et Camilla M. Ferrari, qui ne cesse d'étonner par la profondeur de son contenu et son impact émotionnel, nous ne pensons pas que leur évolution puisse ou veuille s'arrêter aux magnifiques chants ancestraux de « Howl ».
L'énergie intacte de A Tergo Lupi pour transmettre un sentiment solennel et atavique du sacré à travers un style folklorique clairement inspiré par la musique nordique, a pourtant atteint une perfection formelle absolue. La puissance des percussions et de la tagelharpa est complétée par d'autres instruments (on peut même entendre des claviers, des cornemuses), entremêlant des rythmes tourbillonnants et des mélodies mystérieuses, soutenant des berceuses vocales qui semblent établir un lien direct avec les forces de la nature et un monde apparemment oublié, mais renaissant (un paradoxe intéressant) grâce à une utilisation de la technologie exprimée dans une utilisation rare mais réussie de l'électronique et des sons méticuleusement travaillés et peaufinés, fruit d'un travail de studio méticuleux.
Bien que Wardruna semble toujours être la principale référence de Fabio et Camilla, ils émergent néanmoins à plusieurs reprises avec des mélodies qui rappellent également le folklore des Apennins italiens et que l'on entendrait rarement sur un album d'Einar Selvik et de ses associés : écoutez les magnifiques « Chimera », « Embrace », « Brostin von » et le double titre d'ouverture saisissant « Furia » / « Irae » pour percevoir toute l'âme d'un album qui n'est pas seulement liturgique, mais aussi si vital qu'il invite souvent à la danse et au rituel.
Le final, avec les trois parties de la version étendue de « In Limine », exhale des effluves de mousse et de rosée, émouvant et enchanteur grâce à un entrelac de phrases ambiantes délicates qui rappellent les branches d'une forêt enchantée que l'on ne souhaite jamais quitter.
Et c’est là, au final, toute la magie de « Howl » : nous transporter dans un « autre » monde où nous pouvons être des guerriers, des druides ou des êtres incorporels des bois et vivre une réalité différente de ce monde chaotique, sale et trop rapide.